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    Euro: Les retombées sur le Maroc

    Par L'Economiste | Edition N°:324 Le 02/04/1998 | Partager

    Plus que quelques mois avant le lancement de l'Euro. Du point de vue du Maroc, le remboursement de la dette constitue l'une des préoccupations, sans occulter l'impact sur la compétitivité des entreprises et sur la restructuration du secteur financier.


    Dans moins de quarante jours, le Conseil Européen désignera officiellement les Etats membres aptes à s'insérer dans la zone Euro. Il devra également fixer les taux de change et de conversion des différentes devises par rapport à la monnaie européenne.
    Dans ce contexte, le séminaire organisé par le Ministère de l'Economie et des Finances portant notamment sur les conséquences du nouveau dispositif européen sur le Maroc tombe à point nommé. Et pour cause, les monnaies européennes contribuent pour moitié aux règlements des opérations de la balance courante. De même, 60 à 70% des investissements étrangers directs émanent des pays de l'Union Européenne. En outre, près de la moitié de la dette extérieure marocaine est libellée dans diverses devises européennes contre 40% pour les remboursements. Ces données viennent donc confirmer la taille de l'enjeu de la monnaie unique pour le Maroc. Parmi les points épineux soulevés, les modalités de règlement de la dette extérieure libellée en monnaies européennes. Comme le rappelle M. Abdelatif Loudiyi, directeur du Trésor, une partie de la dette avait été contractée en monnaies européennes faibles telles que la Lire ou la Pésète et assortie de taux d'intérêt fixes élevés. "Nous allons être lésés avec l'entrée en vigueur de l'Euro, une monnaie forte et stable", souligne le directeur du Trésor. Faudra-t-il garder les mêmes conditions ou prévoir un système de compensation?

    M. Peter Bekx de la Commission Européenne invoque le principe de la continuité des contrats. "Si aucune clause ne traite du risque de taux et/ou de change, le problème sera effectivement posé", reconnaît-il. Si le prêteur a imposé un taux fixe élevé, c'est pour compenser le risque de change. Quant à l'emprunteur, il a pu profiter jusque-là de la dépréciation des monnaies. "Ce qui revient en fait à une forme de compensation", conclut M. Bekx.
    Dans tous les cas, la loi monétaire de l'Euro ne prévoit aucune forme de compensation. "L'UEM accorde la priorité aux mécanismes de marché". Une seule solution: renégocier les contrats au cas par cas.

    Opportunités


    Pour Mme Kaufmann de la Commission Européenne, la mutation engendrée par l'Union Economique et Monétaire (UEM) doit être percue comme une opportunité nouvelle pour les entreprises marocaines et non comme un danger... A condition de poursuivre l'ajustement structurel pour améliorer la compétitivité des produits marocains et de consolider la politique de stabilisation des finances publiques. Parmi les effets positifs escomptés, celui de la croissance européenne. Son accélération devrait se traduire par une relance des exportations marocaines. Mais il faudra compter avec la concurrence des autres pays du Sud de la Méditerranée et de l'Europe de l'Est. "Cependant, le marché unique et la libre circulation qu"il suppose devraient faciliter l'accès des entreprises marocaines aux nouveaux débouchés". Il faut également s'attendre à une baisse du taux de financement dont les opérateurs marocains pourraient bénéficier.

    Par ailleurs, la synchronisation des cycles économiques dans les différents pays de l'UEM devrait renforcer l'impact sur le Maroc. A ce niveau, les opérateurs redoutent les retombées d'une récession simultanée. Pour s'en tirer, une seule solution: la diversification des marchés.
    Autre conséquence positive attendue: les pays de l'Europe du Sud (Espagne et Italie notamment), une fois retenus par le Conseil Européen, ne pourront plus recourir à des "dévaluations surprises". Avec l'entrée en vigueur de l'Euro, les opérateurs marocains ne pâtiront donc plus des chocs compétitifs provoqués par ces dévaluations. Il ne faut pas pour autant se leurrer, la concurrence demeurera toujours aussi vive. Les politiques d'ajustements engagées par ces pays vont les aider à améliorer de façon saine et durable leur compétitivité, assure Mme Kaufmann. Et d'ajouter: "Il est prévu enfin de lancer des programmes de coopération pour renforcer la restructuration du système financier et les conditions de stabilité". Il s'agit entre autres d'harmoniser les règles conformément à celles en vigueur dans l'UEM et d'accélérer l'instauration de la convertibilité totale du Dirham.

    Mouna KABLY

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