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    General Tire perd de l'air

    Par L'Economiste | Edition N°:324 Le 02/04/1998 | Partager

    En 1997, la guerre des prix a eu raison de General Tire Maroc (GTM). Les ventes ont entraîné les bénéfices dans leur dégringolade. Tout en forçant sur l'export, la société mise sur la modernisation et les gains de productivité pour se remettre en route.


    M. Patrick Cazals, administrateur-directeur général de General Tire Maroc, a gardé sa bonne humeur habituelle tout au long de la rencontre qu'il a eue avec la presse le lundi 30 mars. Pourtant, l'heure ne devrait visiblement pas être à la joie. Et pour cause, au terme de l'exercice 1997, le manufacturier a réalisé un bénéfice net de 5,88 millions de DH contre 12,95 millions une année plus tôt. A l'évidence, cette contre-performance est bien décevante. «C'est même très mauvais», tranche net M. Cazals. D'ailleurs, anticipant sur ces résultats passables, le marché n'a nullement ménagé GTM tout au long de l'exercice 1997.
    L'action a fini ladite année avec une décote de 13,13% par rapport à son dernier cours de 1996 à 258 DH. A ce jour, la situation ne semble pas encore s'arranger. A la fin de la séance du 30 mars durant laquelle elle n'a pas été traitée, GTM cotait toujours 254 DH. Elle avait même touché le fond quelques semaines plus tôt, à 246 DH.

    Pourtant, ce n'est pas faute d'atouts que la société a du mal à afficher des résultats reluisants. Au plan de la qualité, GTM se positionne comme l'une des meilleures références du secteur industriel. La preuve: elle est la première société de la place à avoir décroché l'homologation à la norme ISO 9002. Le test a été repassé avec succès en 1996. Ses produits sont conformes à la norme européenne «E Marking». Elle a par ailleurs décroché en 1997 l'homologation EAQF (Evaluation d'Aptitude Qualité Fournisseur), un label de qualité délivré par Renault France. Ce label constitue en fait un must en matière de qualité. Son obtention exige une bonne productivité, une qualité des produits et de services irréprochable ainsi qu'une solide compétitivité internationale au niveau prix.
    En 1997, les exportations se sont bien comportées. Sur les marchés étrangers, GTM a réalisé un chiffre d'affaires de 113,9 millions de DH, en hausse de 22,2% par rapport à l'année précédente. Toutes les destinations, en particulier le Maghreb, ont contribué à cette croissance. Parallèlement au recul du prix des matières premières, les marges ont globalement grimpé sur le marché local, s'élevant à 38,5% pour la première monte et 35,1% pour le pneu de remplacement.

    Productivité


    C'est pourtant sur ce segment que le manufacturier a rudement subi les effets de «la féroce guerre des prix et de la recrudescence de la contrebande sur les pneus tourisme». Ainsi le chiffre d'affaires qui y a été réalisé a chuté de 8,21% par rapport au précédent exercice à 339,9 millions de Dirhams. Sur ce marché, GTM a surtout souffert sur la première monte où son taux de pénétration est passé de 51 à 37% d'une année à l'autre pour un chiffre d'affaires de 26,2 millions de DH, en recul de 6,4%. Le remplacement totalise 313,7 millions de DH, en baisse de près de 7% par rapport à 1996.
    En définitive, les ventes globales se montent à 453,9 millions de DH, en baisse de 2,07% comparativement à 1996. Ces difficultés ont déteint sur le reste des comptes. Le résultat d'exploitation a plongé de 27,7% à 32,2 millions de DH. Pour ne rien arranger, GTM a dû débloquer 6,5 millions de DH pour faire face aux coûts de restructuration. Le potentiel bénéficiaire a en outre été rogné par une provision dérogatoire de 5,9 millions de DH consécutive à de nouveaux investissements. Au niveau des indicateurs financiers, une légère détérioration est enregistrée. Les fonds propres ont baissé de 1,28% à 202 millions de DH. Leur rentabilité a aussi évolué en baisse, passant de 6% en 1996 à 3% en 1997. La capacité d'endettement s'est détériorée. Le ratio dette/fonds propres est monté à 32% contre 25% une année plus tôt. Là, GTM a fait les frais des retards de paiement des clients, alors que «le principe de la maison est de payer les fournisseurs selon les échéances fixées», souligne M. Manfred Seif, directeur financier.

    Le manufacturier a bien été bousculé. Cependant, la sérénité n'est pas entamée. Pour M. Cazals, «GTM est une valeur de fond de portefeuille». La société compte tirer profit de ses investissements de modernisation et des gains de productivité qui en découleront. Un sensible redressement est attendu dès 1998. Les responsables anticipent une progression de 10% du chiffre d'affaires, même si le marché à eu du mal à décoller au cours du premier trimestre. Le bénéfice devrait se situer entre 15 et 20 millions de DH en 1998.
    En attendant, les actionnaires devraient faire l'impasse sur les dividendes 1997 pour contribuer au financement des investissements.

    Alié Dior NDOUR


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