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Dossier Settat-BerrechidChronique d'un déclin annoncé

Par L'Economiste | Edition N°:967 Le 28/02/2001 | Partager

. Depuis le départ de Basri, les habitants de Settat estiment que leur ville est délaissée par les autorités . A part quelques parlementaires (députés et conseillers), aucun élu n'ose défendre la villeEn débarquant à Settat, on est frappé par le nombre de paradoxes relevés. La pauvreté des hommes et la richesse des sols, le sérieux de certains et le laxisme des autres… Settat est-elle une ville abandonnée, comme le pensent certains de ses habitants? De prime abord, on a du mal à le croire, mais c'est la vérité. Fini le grand élan du temps de Basri. On a même l'impression que la ville est punie.Settat est une ville à vocation fortement agricole. Hormis certains quartiers résidentiels, l'agencement de Settat rappelle celui d'un simple village. Beaucoup d'indices le prouvent. Dans le dernier recensement de la population et de l'habitat (1994), plus de 70% de la population active de toute la Province de Settat travaillaient et résidaient en milieu rural. Le taux d'analphabétisme dépassait les 63% (avec une majorité de femmes) et 71,5% des ménages habitaient des maisons d'une ou trois pièces.En outre, il n'y a aucun lieu de loisirs dans la ville. Elle manque de vie, d'animations… D'ailleurs, certains cadres de Settat venus des grandes villes marocaines souffrent, de même que leurs enfants, de ce manque. «Je suis contraint, à chaque fin de semaine, de partir à Rabat ou Casablanca«, confie un cadre supérieur travaillant et habitant à Settat. D'autres, n'ayant pu se faire à ce genre de vie, font carrément la navette entre Settat, leur lieu de travail, et Casablanca.Le découpage territorial n'y peut rien. Settat a beau avoir occupé, au début des années 90, le deuxième rang en matière d'investissements après Casablanca, il n'en demeure pas moins que la majorité de ses habitants est encore rurale et n'a pas de culture citadine. Il ne suffit pas d'habiter une ville pour être considéré comme un citadin.L'exode rural n'arrange pas les choses. Les paysans qui s'installent à Settat n'ont aucune qualification et ne peuvent par conséquent être absorbés par le tissu industriel. Ils grossissent parfois les rangs des chômeurs, des vagabonds et des prostituées.Enclenchée il y 20 ans, sous l'impulsion de M. Basri, la politique d'industrialisation aura été anachronique. Le dilemme campagne-ville a été très mal géré. La phase d'euphorie passée, aujourd'hui, les unités industrielles ferment une à une. La refonte du code d'investissement, privant la Province de Settat d'avantages fiscaux, est en partie à l'origine de cette décadence. C'est ce qui pousse certains à croire que la ville est délaissée par les autorités. On a même l'impression qu'elle est punie.Cette situation débouche sur une véritable catastrophe sociale quand les autorités, présumées être responsables de la sécurité et la sérénité de la société, manquent à leur devoir. A Makro, en réalité le marché aux puces(1), les vendeurs ne s'inquiètent pas du tout: «Nous sommes ici et nous le resterons«, crient-ils. Certains vont plus loin: «Pourquoi partir alors que nous payons de fortes sommes à des agents d'autorité?« C'est l'Etat de droit qui cède la place à l'état des choses(2). «Certains commis de l'Etat qui obéissaient, il y a quelques mois, au doigt et à l'oeil, à l'ancien homme fort du gouvernement, Driss Basri, sont en train de tuer la ville«, souligne un cadre de la ville. Quand le chat n'est pas là, les souris dansent. Il faut dire que sur ce point, c'est la «fiesta« à Settat. Cette ville est aujourd'hui tout ce que Basri ne voulait pas qu'elle soit! Certains commencent même à le regretter. Moralité de l'histoire settatie: Sans bâton, rien n'avance!Abdelmohsin EL HASSOUNI(2) Comme disait le professeur de droit à Rabat, M. Azzedine Bennis.

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