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    Des entreprises privées sur le créneau de la collecte des ordures ménagères

    Par L'Economiste | Edition N°:75 Le 15/04/1993 | Partager

    Deux sociétés françaises créent une entreprise de collecte et de traitement des ordures ménagères. Smarcolect a déjà établi le contact avec plusieurs communes. Elle pourrait bientôt entrer en activité si celles ci répondaient aux offres.

    Une entreprise privée pour ramasser les ordures ménagères dans les villes du Maroc: cela pourrait bientôt devenir une réalité.

    Smarcolect, une nouvelle société spécialisée dans la collecte et le traitement des ordures ménagères vient d'ores et déjà s'attaquer à ce créneau. Elle est créée à l'initiative de deux sociétés françaises, Marrel SA et la Société Industrielle de Transport Automobile (SITA), une filiale de la Lyonnaise des Eaux-Dumez. Le capital est de 1,7 million de Dirhams. Il est partagé à parts égales entre les deux actionnaires. Toutefois, "le tour de table pourrait être élargi à d'autres associés une fois le démarrage devenu réellement effectif", indique M. Michel Pirodeau, directeur général de la société.

    Jusque là, les communes se sont chargées elles-mêmes du ramassage des ordures ménagères. Cependant, cette tâche est devenue progressivement un véritable casse-tête, notamment en raison de la croissance très rapide des villes, mais aussi d'une certaine déficience dans l'organisation du travail. "Fabricant de matériels pour la collecte d'ordures, nous avons senti une volonté de privatisation dans un domaine assez mal géré", explique M. El Fassi, président directeur général de Bennes Marrel Maroc, filiale de Marrel France.

    Lutte contre les dépôts sauvages

    Actuellement, la société est au stade de la prospection. Deux ingénieurs (qui seront bientôt rejoints par d'autres) sont actuellement sur le terrain pour évaluer les besoins, entre autres, recenser les moyens de collecte en hommes et en matériels, étudier les circuits de collecte de chaque commune dans chaque ville (du ramassage à la décharge), estimer le poids/volume des déchets et déterminer leur nature. En quatre mois d'activité, une cinquantaine de communes ont été contactées, indique la direction. "Des offres précises et adaptées aux besoins de chacun ont été proposées pour permettre aux responsables de préparer leur budget", précise-t-elle.

    Outre la collecte et le transfert des déchets, le nettoyage des villes comprend d'autres volets, notamment la lutte contre les dépôts sauvages et le traitement soit par incinération soit par composte. Mais pour l'instant, "le souci majeur est de parvenir à effectuer une bonne collecte et une bonne décharge", explique M. Pirodeau.

    Les investissements totaux ne sont pas encore arrêtés. Toutefois, le travail nécessite un matériel lourd et coûteux. L'enveloppe dépendra alors des options choisies par chaque commune. En fait, plusieurs formules sont retenues par Smarcolect:
    - utiliser la logistique de la commune (matériels et hommes);
    - mixer les équipements des communes à ceux de la société;
    - investir directement dans le matériel et prendre en charge tout le processus.

    Le coût des services dépendra alors de l'option de chaque commune.

    Meknès, la première

    Selon M. El Fassi, des villes comme Fès, Kénitra, Casablanca, Khouribga, Safi, Agadir et Meknès sont très favorables à la privatisation de la collecte. Meknès serait cependant "la plus prête pour concrétiser un contrat de sous-traitance", avance M. Pirodeau. Et d'ajouter que "le risque est maintenant de voir des sociétés de seconde zone sortir de l'ombre".

    Pour sa part, Smarcolect ne s'aventure pas en terrain inconnu. Les initiateurs sont déjà forts de leur métier. Bennes Marrel a, parmi ses activités, la construction et la mise en oeuvre d'équipements et de techniques liés à la collecte et au transport des déchets solides. Elle fournit déjà les communes en matériels . De plus, elle propose des études logistiques et économiques portant sur le choix du matériel, les points d'implantation des stations de transfert, l'installation et la mise en service des équipements . Pour sa part, SITA était déjà présente à Fès (en 1980-1981) où, "pendant 15 mois, elle s'était occupée de l'organisation de la collecte des ordures ménagères", rappellent la direction de Smarcolect. La collecte et le traitement des ordures de la ville de Paris lui servent par ailleurs de solide référence.

    La démarche de SITA se rapproche sans doute de la stratégie marocaine de la Lyonnaise des Eaux-Dumez définie par le Président Jérôme Monod, lors de sa dernière visite. Il précisait alors que "les marchés mondiaux ont connu ces dix dernières années une évolution radicale liée à la rapidité de la croissance urbaine et une sensibilisation écologique... Nous envisageons au Maroc un nouveau style de partenariat avec les collectivités publiques, notamment en matière de traitement des eaux et d'assainissement"(1).

    Reste maintenant à convaincre les élus locaux pour qu'ils concèdent l'entretien de leur commune à des sociétés privées expérimentées. Dans tous les cas, "rendre les villes propres n'est pas une tâche impossible. Il s'agit pour les autorités de sensibiliser davantage les populations sur ce problème", souligne M. Pirodeau.

    Alié DIOR NDOUR

    (1) Cf L'Economiste n° 67 du 18 février 1993.

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