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    Economie

    Crédits : Les pratiques bancaires sous la loupe des autorités monétaires

    Par L'Economiste | Edition N°:39 Le 23/07/1992 | Partager

    A la mi-Juillet 1992, exception faite de la très liquide Banque Populaire, toutes les banques étaient peu ou prou passées par l'enfer. Les autorités monétaires maintiendront le cap: "Si on monte à 25 % de réserve monétaire et que cela ne suffit encore pas à calmer la demande, alors nous irons jusqu'à 10% sur les emplois".
    Jusqu'à l'année dernière, un banquier aurait senti son honneur personnel engagé si sa banque se retrouvait en enfer, aujourd'hui "on y va avec philosophie", selon l'expression de l'un d'entre eux. Paradoxalement, la hausse des taux et la rareté de l'argent rend moins dissuasif le 18% de l'enfer: "certains jours très tendus le différentiel n'est que de trois points, autant y aller plutôt que de mécontenter un bon client ou perdre une affaire".

    Le bon client

    Ce "bon client" sert de point de départ aux autorités monétaires pour critiquer des comportements bancaires, et ce par delà le débat classique sur la croissance des crédits à l'économie.

    Les quatre cinquièmes des crédits à l'économie sont des crédits à court terme et ces crédits vont dans leur quasi totalité à des affaires constituées de longue date, remarquent les autorités monétaires. Elles citent, noms à l'appui, des cas précis qui à leurs yeux ont valeur de démonstration, où "le banquier suit son client au delà du raisonnable": peu de marchés porteurs en vue, un compte d'exploitation déjà alourdi par des charges financières de crédits à court terme reconduits,... Selon les autorités monétaires, il s'agit du "portrait robot de l'entreprise structurellement déséquilibrée" dont les besoins agréés par le banquier, viennent gonfler la demande de crédit.
    Les autorités monétaires poursuivent leur analyse en indiquant que les besoins de l'entreprise déséquilibrée peuvent se voir satisfaits au détriment de la demande d'entreprises nouvelles, "et certainement au détriment d'entreprises créatrices d'emplois", ajoute-t-on, pas fâché de tenir là un argument de poids.

    Au passage, la norme est légèrement augmentée par rapport à ce qui se disait l'année dernière: "les fonds propres devraient représenter au minimum 30%, ou mieux, 40% des investissements".

    Puis en point d'orgue, la conclusion tombe: "le banquier rend un mauvais service à son client en l'accompagnant". Le chiffre donné par le rapport de Bank Al Maghrib selon lequel la capitalisation des entreprises a été triplée durant les cinq dernières années, ne paraît pas suffisant aux autorités monétaires(1).

    Oppositions et paradoxes

    L'approche de la politique du crédit est donc fondamentalement opposée entre les autorités monétaires et les banques: ces dernières raisonnent aujourd'hui en terme de suivre et soutenir la croissance qui se présente, alors que les autorités monétaires placent leur priorité sur la sécurité.

    "L'opposition n'en est pas une", corrige-t-on de toutes parts chez les autorités monétaires en poussant l'observateur à s'interroger sur les bénéficiaires des crédits. A défaut de statistiques publiées ou mises à disposition(2), il faut prendre les indications des pouvoirs publics telles qu'elles: "il existe des phénomènes dangereux pour tout le monde et à tout point de vue, y compris politique, lorsque les banques se fient encore trop au nom de l'emprunteur et pas assez à l'étude technique de l'affaire à financer".

    Apparemment, les établissements privés sont moins sujets que les autres à cette tentation, "mais ils y succombent aussi". Les autorités monétaires estiment que l'introduction du coefficient de risques à 7% en Septembre, du ratio de liquidité à 60% et du ratio de solvabilité à 8%, va forcément provoquer des changements dans le mode de gestion.

    Notons que les banques ne sont pas opposées à ces ratios, au contraire et qu'elles ont beau jeu de faire remarquer qu'elles ne sont à l'origine ni des retards dans la réglementation, ni des lenteurs des projets de réformes bancaire et boursière.

    De manière générale, il ne faudra pas s'attendre à ce que les autorités monétaires reviennent sur leur stratégie car outre leurs propres évaluations, elles sont tenues, et avec fermeté, à remplir leurs obligations envers les institutions internationales.

    N. S.

    (1) Les autorités monétaires estiment que le triplement n'est pas significatif puisqu'il faut défalquer l'inflation et qu'il contient les opérations effectuées par les banques, soumises à une obligation légale: "Si la réforme boursière entrait en application avec un rating, peu d'entreprises pourraient prétendre au marché boursier et probablement seules les entreprises publiques en seraient capables".
    (2) Il n'est pas exclu que des statistiques aient été élaborées, permettant de recouper les demandes de crédit. Aux différents niveaux chez les autorités monétaires, on s'abstient de confirmer ou de démentir l'hypothèse.

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