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James Grant, Directeur Général de l'UNICEF : "Investir dans l'éducation et la santé de base"

Par L'Economiste | Edition N°:39 Le 23/07/1992 | Partager

Dans un entretien exclusif qu'il a accordé à l'Economiste, James Grant, Directeur Général de l'UNICEF a exposé son point de vue sur l'ajustement social, la contribution de son institution aux programmes marocains.

L'Economiste: Les pays en développement rencontrent plusieurs problèmes dans la gestion de leurs dépenses sociales. Comment, vous êtes-vous attaqué à cette question de dépenses de fonctionnement.

James Grant: Sur cette question nous avons toujours soutenu pendant ces années de restructuration, consécutives à la crise financière, que deux mesures devaient être prises. Tout d'abords il fallait protéger les secteurs sociaux, afin qu'au moment de la restructuration, l'ajustement puisse se faire de façon humaine, en évitant l'écueil de coupes sombres dans les budgets d'éducation, de santé et de protection sociale. Ensuite, nous avons recommandé que les budgets du secteur social soient restructurés pour attacher plus d'attention aux mesures de prévention, aux soins de santé de base. Cette restructuration devra permettre de diminuer l'augmentation des hôpitaux. Car, pour un même Dollar dépensé, il est préférable d'investir pour promouvoir la santé de base que pour construire des hôpitaux. Il est préférable de dépenser pour l'éducation de base que pour les universités.

- Et concernant les dépenses de fonctionnement de l'UNICEF ?
- Durant toute cette période, l'aide publique à l'UNICEF a augmenté. Le soutien à l'UNICEF de la part des gouvernements est volontaire. L'UNICEF est aussi soutenue par des individus privés. A cause de cela, l'organisation est unique. Nous sommes la seule organisation internationale à avoir des revenus qui proviennent de sources privées, et notre revenu en 1980 était de 250 millions de Dollars. L'année dernière, il était de 850 millions de Dollars. Le soutien des gouvernements et du privé a sensiblement augmenté pour l'UNICEF.

- La façon dont l'UNICEF récolte des fonds pour financer ses programmes à travers les ventes de cartes de voeux et divers autres produits, est unique . Est-ce que vous conseillez à d'autres organisations des Nations Unies de suivre la même stratégie de marketing.

- Je conseillerais à d'autres organisations de suivre la même stratégie dans la mesure de leurs moyens. Il est plus facile d'organiser une opération publique pour des enfants que d'organiser une opération financière pour la construction de routes. Par contre, je crois, par exemple, que l'environnement peut rapporter de l'argent de la même façon. Il ne faudrait pas oublier le fait que, parmi les organisations inter-gouvernementales, l'UNICEF a une mission bien à part. Elle s'occupe des enfants. Elle s'occupe des urgences. Et ces deux choses sont très motivantes. L'année dernière nous avons obtenu 200 millions de Dollars du privé.

- Est-ce que la coopération avec le Maroc est entrée dans une nouvelle phase.

- C'est une phase d'expansion. En 1987, avec le solide soutien de Sa Majesté pour le programme mondial de vaccination des enfants, l'UNICEF s'est de plus en plus engagée pour assister le Maroc dans son effort. Le Maroc a d'ailleurs réalisé cet effort de façon spectaculaire. En 1988, le taux de vaccination a été plus élevé au Maroc qu'aux Etats-Unis. En Février dernier, Sa Majesté a signé la déclaration mondiale en faveur de la survie, de la protection et du développement de l'Enfant, ainsi que le plan d'action qui doit atteindre plus de 20 objectifs d'ici l'an 2000. Le plan devra diminuer de moitié la mortalité maternelle, du tiers la mortalité infantile et de moitié la sous-alimentation. Le Maroc, complète juste cette semaine, son programme National pour atteindre ses buts. L'UNICEF, d'autres organisations des Nations Unies, ainsi que des organisations bilatérales, comme l'USAID, vont porter assistance au Maroc dans cet effort.

- Croyez-vous que le Maroc, avec les derniers résultats des enquêtes sur la démographie, la baisse du taux de fécondité, peut faire mieux et plus vite?

- Oui. Durant les cinq dernière années, les progrès de la diminution de la mortalité infantile, de l'amélioration de la santé des enfants et de la réduction des taux de natalité, ont été plus élevés que pendant les cinq années qui avaient précédé. Mais il existe des possibilités d'accélération de ces progrès. Je crois qu'avec le très solide soutien de Sa Majesté nous allons voir au cours des cinq prochaines années un progrès encore plus rapide pour les enfants, et une baisse encore plus importante du taux de fécondité. Les deux indicateurs vont ensemble. Car, avec la confiance que les enfants vont survivre, les gens auront moins d'enfants. C'est pour cette raison que nous croyons pendant les sept, huit prochaines années, qu'il y aura vraiment un progrès spectaculaire pour les enfants dans ce pays.

Propos recueillis par Houmaïne HAMIANI

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