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Economie

Colloque sur la santé : La moitié des familles veulent limiter leurs naissances

Par L'Economiste | Edition N°:39 Le 23/07/1992 | Partager

La planification familiale a été l'un des axes du colloque sur la santé de Ouarzazate. Outre le don de l'USAID pour soutenir les programmes, la campagne de promotion adopte un nouveau logo. Au passage, des statistiques fixent quelques repères démographiques.

Au cours du colloque de la santé qui a eu lieu du 13 au 15 juillet, une matinée a été consacrée au lancement d'un logo. Le Ministère de la Santé Publique a retenu un projet de logo pour le soutien de la planification familiale et la planification de l'enfant. C'est le sens de l'accord de don signé, la veille, avec L'USAID.
Le logo est un instrument privilégié qui contient plusieurs variables sur lesquelles le Ministère de la Santé voudrait influer. C'est un instrument médiatique qui, d'une part, peut permettre de toucher une population nombreuse, et d'autre part, sous-tendre les campagnes de sensibilisation que les autorités comptent mettre en place. La campagne sur la pilule, qui devrait débuter au début du mois de Septembre, sera incluse dans le plan de stratégie global déjà choisi. Elle sert également les objectifs de la planification familiale. Le logo représente donc un père qui porte son enfant sur les épaules. A côté, se trouve la mère, près de laquelle se tient un autre enfant, de plus petite taille. En mettant l'enfant proche du père, cela montre que le choix stratégique de la planification familiale s'est fait sur l'homme. C'est le principal décideur qui est ainsi visé.

Le père décideur

Toute la campagne publicitaire du préservatif Protex avait d'ailleurs consacré le chef de famille comme principal décideur. Le père peut décicer du nombre d'enfants à avoir: c'est la limitation des naissances. Il peut également décider de l'espacement des naissances. La santé de la mère en dépend. C'est le deuxième axe stratégique du logo. Le choix dans cette représentation imagée s'est fait sur deux enfants. Et non pas trois. Ceci représente un indice d'orientation pour limiter les naissances, et en aucun cas "un choix du nombre d'enfants à avoir" précise le Ministre de la Santé Publique. "Nous n'imposons pas aux couples mariés deux enfants ou trois ou quatre, le logo n'a pas une valeur obligatoire. Il laisse les familles libres de décider. Le logo a une valeur illustrative", poursuit le Ministre.
En fait, ce que l'on souhaite mettre en valeur, comme cela est bien spécifié sur le document distribué aux participants du colloque, c'est "le bien-être familial lié à la taille de la famille". Le sigle contient un autre message: l'espacement des naissances. L'enfant plus jeune est censé représenter cet espacement. Ce critère est de toute première importance pour analyser la mortalité infantile.
Lorsque l'espacement entre les naissances est inférieur à 2 ans, la mortalité infantile est alors de 117 pour mille naissances. Si, au contraire, les différences entre les dates d'accouchement sont élevées, la mortinatalité diminue de façon nette. Par exemple, pour un espacement supérieur à 4 ans, la mortalité infantile tombe à 34 pour mille.

Mortalité infantile

Depuis 1987, les deux critères habituellement retenus pour juger de l'impact de la planification familiale se sont, tout de même, améliorés. La population qui a le "désir d'espacer ses naissances" était de 22% en 1987. Elle est de 24% en 1992. Celle qui a le "désir de limiter ses naissances" est de 48% en 1987, et de 49% en 1992. Outre ce critère d'espacement des naissances qui permet à la mère de préserver sa santé pour la naissance d'un enfant supplémentaire, d'autres facteurs doivent inciter la population ciblée à adopter un comportement désiré par le Ministère de la Santé.

S'agissant de l'impact du Plan National de Planification Familial (P.N.P.F) sur la mortalité infantile et maternelle, l'efficacité n'est plus à démontrer.
A partir des années 80, surtout le milieu des années 80, le P.N.P.F est devenu plus efficient. Les chiffres sont là pour le démontrer. La mortalité infantile était de 73 pour mille naissances en 1987.
Elle est passée à 58 pour mille en 1992. L'évolution positive s'est particulièrement fait sentir pour la classe d'âge des enfants de 1 à 4 ans. De zéro à un an, la mortalité reste élevée. La mortalité néo-natale (les morts-nés) représente plus de la moitié de la mortalité infantile. La mortalité maternelle, moins élevée qu'au début de la décennie, est encore importante dans le milieu rural.

Consultations prénatales

Au niveau national, les dernières enquêtes, qui sont plus exactement des estimations, ont été réalisées en 1990.
La mortalité maternelle intra-hospitalière, uniquement donc celle des hôpitaux, dispensaires et centres de santé, est de 2 pour mille naissances dans le milieu urbain. Dans le milieu rural, elle est largement supérieure: plus de 4 femmes pour mille naissances. Le chiffre précis estimé est de 425 femmes pour 100.000 naissances. L'avenant de l'accord de don signé Mardi 14 Juillet, en fait, attache beaucoup d'importance aux progrès réalisés ces cinq dernières années et trouve sa justification dans une certaine continuité. Le réel effort pour la baisse des mortalités infantile et maternelle a donc été payant. Concernant les causes, elles sont connues. La mortalité néo-natale est due au tétanos, aux naissances prématurées et à l'hypotrophie.
L'étude présentée par Mme Benamar, chef de service à la Division de la Santé Maternelle et Infantile indique l'importance que revêt les soins donnés à la mère." La moitié des décès observés durant la période néo-natale est directement liée aux pratiques en matière de soins apportés à la mère".
Deux pourcentages sont particulièrement éloquents à cet égard. En 1987, une enquête nationale a montré que 13% des femmes en période de grossesse, et dans le milieu rural, avaient eu au moins une consultation. Dans le milieu urbain, ce chiffre est multiplié par quatre. Le second pourcentage, toujours pour le même critère analysé, retient que 4% des femmes dans le milieu rural ont eu au moins trois consultations durant la période prénatale.

Planification familiale : les méthodes

Le Programme National de Planification Familiale (P.N.P.F) a été lancé dès 1966 mais ce n'est qu'à partir de 1980 que des progrès importants avaient été accomplis grâce à une meilleure couverture rurale que le programme de visite à domicile de motivation systématique (V.D.M.S) a largement contribué à améliorer. Parallèlement d'importants efforts ont été déployés en matière de gestion et de formation. Afin de renforcer le P.N.P.F, le Programme de Formation en Reproduction Humaine comprenant la stérilisation chirurgicale à été lancé en 1983.
De nombreux indicateurs permettent de constater les progrès réalisés: Ainsi la prévalence contraceptive est passée de 1% en 1970 à 19,4% en 1980 et à 42% en 1992. L'indice synthétique de fécondité n'a cessé à son tour de connaître une évolution favorable puisqu'il est passé de 7,1 en 1966 à 4,2 en 1992. Le nombre de femmes mariées en âge de reproduction prises en charge par les services publics dépasse le million.
Les contraintes que connaît le P.N.P.F peuvent se résumer comme suit:
- forte proportion des utilisatrices de la pilule d'où la nécessité d'encouragement, les méthodes dites permanentes comme le Dispositif Intra Utérin et la Ligature Tubaire;
- le P.N.P.F a un caractère public avec une faible participation du secteur privé estimée à 20%, qui reste à promouvoir;
- la grande dépendance en matière de ressources du P.N.P.F de l'aide étrangère.
Source: MSP

Soins de santé : les ménages supportent 55 % des frais

La commission s'est attachée à montrer que le financement des dépenses de santé est d'origine publique dans une proportion de 20% comme l'indiquent les études.
Les ménages participent à ces dépenses à hauteur de 55%. Le quart restant, est attribué aux assurances, pratiquement 20%, et 5% sont classés dans la rubrique "autres origines des dépenses". Concernant la part du budget de la santé publique dans celui de l'état, il est de 5%, en 1992.
Ce budget est en progression par rapport à la moyenne de la décennie 80: elle était de 3,7%. Alors que la croissance de la population a été constante depuis la fin des années 50, particulièrement celle de la population rurale, la part du budget de la santé a eu une évolution inverse.
Il avait réussi à atteindre le chiffre record de 9%. La première recommandation de la comission est justement d'augmenter le budget du Ministère de la Santé. Dans le même sens, l'organisation du secteur des assurances, qui participe pour le cinquième dans les dépenses de santé, "devrait être améliorée".
Le soutien du secteur privé pour le développement de la santé revêt une importance particulière.
La commission encourage le Ministère à développer le secteur de la médecine privée. C'est pour cette raison qu'il a été proposé de "relancer le projet d'un code des investissements dans le secteur médical".

Vaccinations : les chiffres

Plusieurs campagnes ont permis d'augmenter le taux national de couverture vaccinale de 50% à plus de 90% des enfants:
- 1987= 50%
- 1988= 87%
- 1989= 88%
- 1990= 90%
- 1991= 90%
Ceci a diminué considérablement l'incidence des maladies cibles, surtout:
- La poliomyélite (0 cas)
- La diphtérie (0 cas)
- La coqueluche (56 cas)
- La rougeole (2.125 cas)
- Le tétanos (75 cas)
Une politique de vaccination des femmes est également menée contre le tétanos néo-natal: 72% de couverture.
La stratégie adoptée dans cette démarche est basée sur un élément fondamental qui est la mobilisation sociale, pour laquelle toutes les potentialités nationales ont contribué:
- 12.000 points de vaccination
- 4.000 équipes
- 25.000 agents (40% personnel de la Santé et 60% des autres départements)
- 1.200 véhicules dont 32% de la Santé Publique
Les résultats obtenus, tant sur le plan quantitatif que sur le plan qualitatif (personnel performant en gestion et programmation) ont poussé notre pays à se fixer d'autres objectifs:
- éradication de la poliomyélite et du tétanos néo-natal;
- réduction de l'incidence de la rougeole. Source MSP.

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