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    Compétitivité industrielle : Les divergences d'opinion entre administrations

    Par L'Economiste | Edition N°:167 Le 16/02/1995 | Partager

    Compétitivité, intégration, contrebande et droits de douane demeurent les points sensibles de l'industrie. C'est ce qui ressort de la réunion-débat de la Fédération de l'Industrie où l'Administration des Douanes et le Ministère du Commerce exposent des visions divergentes.

    LA compétitivité de l'industrie marocaine n'est plus basée uniquement sur les prix. Mais "elle se fonde sur la qualité, le délai de livraison, le marketing et la capacité de s'adapter rapidement aux besoins des marchés", avançait M. Abderrazak El Mossadeq, secrétaire général de Ministère de l'Industrie et du Commerce, lors de la réunion-débat organisée par la Fédération de l'Industrie le 14 février sur le thème "le secteur industriel entre les limites du marché intérieur et les défis de l'exportation"...

    Dans une salle comble, regroupant les industriels des différents secteurs, MM. El Mossadeq et Ali Amor ont tenté, chacun selon sa vision, de répondre aux préoccupations pressantes. A l'heure où l'agriculture est en perte de vitesse, l'industrie redevient aujourd'hui le centre d'intérêt.

    Cependant, proteste M. Abderrahim Chawki, président de l'AMIP, "beaucoup de mesures d'accompagnement du secteur industriel ont été prises, mais le plus grand reste à réaliser".

    Parmi les entraves au secteur industriel, ont été relevés encore une fois les coûts des facteurs dont notamment celui de l'énergie. La taxation de cette dernière a été estimée nécessaire par MM. Amor et El Mossadeq pour, entre autres, "subvenir aux besoins d'une Administration" qualifiée de pléthorique. La baisse de la pression fiscale ne pourrait être espérée que s'il y a un élargissement de l'assiette.

    Figure également, parmi les obstacles, la lenteur administrative à "produire des lois" ou à "réaménager les anciens textes". M. Chawki, appuyé par M. El Mossadeq, rappelle les textes relatifs à la Loi sur la concurrence, au Code du Travail ou encore à l'assurance-maladie toujours au Secrétariat Général du Gouvernement.

    Le marché intérieur, poursuit M. Abdellatif Bel Madani, président de la Fédération de l'Industrie, se caractérise par "une exiguïté due à la faiblesse du pouvoir d'achat et par une concurrence déloyale et incontrôlée des produits en provenance soit du secteur informel, soit de la contrebande, quand elle n'est pas le fruit d'une incohérence tarifaire".

    Le sujet de la contrebande a donné lieu à un échange d'approches divergentes. Pour M. Amor, l'un des moyens de réduction de ce phénomène serait la baisse des droits de douane. Selon lui, "le changement de mentalité du consommateur fait que celui-ci refuse de payer 78,5% de droits et taxes. Par conséquent, il se tourne volontiers vers la contrebande qui, a tout moment, lui procure le produit, la qualité et le prix qu'il veut".

    Avis non partagé par M. El Mossadeq qui réplique que "plus les taux de douane baissent, plus la contrebande prend de l'ampleur". Le problème de la contrebande, ajoute-t-il, ne se situerait donc pas au niveau des taux, mais au niveau du rôle de l'Administration appelée à appliquer les textes de loi. Pour M. El Mossadeq, le raisonnement tenu par M. Amor pourrait également concerner l'IS ou l'IGR.

    Simplification des taux

    Autre point de divergence: la valeur en douane. Selon M. Amor, une simplification des taux de douanes serait souhaitable: un taux pour les matières premières, un autre pour les demi-produits et un troisième pour les produits finis. M. El Mossadeq, tout en mettant en relief les points faibles de la réforme tarifaire, précise que les droits de douane sont définis en fonction de la valeur ajoutée du produit et de son apport à l'économie globale, ce qui justifie "la différenciation d'un taux par rapport à un autre" La distinction entre matière première, demi-produit et produit fini "n'a pas lieu d'être, car chacun peut être fabriqué localement ou importé".

    Autre volet de la réunion, l'intégration de l'industrie, soulevé par M. Mohamed Rahali, s'interrogeant sur l'industrie que celle d'autres pays, notamment asiatiques.

    Le textile, quant à lui, voudrait faire bénéficier ses sous-traitants des mêmes avantages dont jouissent les exportateurs en vue de favoriser l'intégration locale. L'accord de principe existe, mais les mesures de sa mise en application ne sont pas encore ficelées. M. El Mossadeq rappelle, par ailleurs, l'existence d'un comité mixte public-privé appelé comité des douze en charge de discuter des programmes de développement et d'actions du secteur privé.

    En égard à la faiblesse des capitaux et à la disparition du coût de main-d'oeuvre, le Ministère du Commerce et de l'Industrie encourage l'investissement en amont et en aval de l'industrie. Il s'agit de la conception, du design, du marketing et du management. C'est dans ce cadre que le Centre de service et de conseil pour le secteur textile a été créé. Cette opération devrait être généralisée à d'autres secteurs.

    Laïla TRIKI & Meriem OUDGHIRI

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