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    Pêche hauturière : L'Apapham conteste le plan de restructuration

    Par L'Economiste | Edition N°:167 Le 16/02/1995 | Partager

    La pêche hauturière est en crise depuis quelques années. Des sociétés en difficulté n'arrivent pas à régler leurs arriérés. Les pouvoirs publics mettent en place un plan de restructuration financière qui n'a pas convaincu la profession.

    L'APAPHAM monte au créneau. Elle s'insurge contre le plan de restructuration financière des sociétés de pêche hauturière. L'Association estime que, pour être complet, celui-ci doit tenir compte de la garantie de la ressource. A ce titre, il est souligné que le nombre de licences délivrées dépasse de loin les capacités de la zone de pêche. Au lieu de 350, elle compte actuellement 550 céphalopodiers, marocains et étrangers, en plus des bateaux pirates. La zone est donc surexploitée avec pour conséquence la baisse des rendements pour l'armement local.

    Dés 1990, la profession considérait que le secteur était sinistré. Un comité de crise a été constitué pour tenter de trouver des solutions. Celui-ci a pu obtenir en 1993 le gel des investissements, un des facteurs devant contribuer à la protection des ressources. L'endettement est ensuite venu se greffer aux difficultés. Réellement, il a commencé à se nouer en 1973, quand l'Etat a décidé de favoriser la constitution et le développement d'un armement national privé. Il a octroyé des licences, offert des subventions de 30% et donné des garanties à des entreprise financées pour l'essentiel par des lignes de crédit européennes signées au titre de l'accord de pêche. Ces lignes étaient pour 2/3 à des taux préférentiels. Le reste était provenait du FAD (Fonds d'Aide au Développement). Il était accordé à l'Etat au taux de 2 à 3% l'an sur 25 à 30 ans. Le Trésor l'a ensuite rétrocédé à 10 ou 12% avec des durées de 9 à 10 ans. Le montage financier a été complété par les banques locales qui sont maintenant très prudentes vis-à-vis de la pêche hauturière suite à un financement litigieux. L'essentiel de la dette est donc contracté en devises. Au passage, les professionnels soulignent que toutes les lignes ont servi à relancer les chantiers navals européens, espagnols en particulier.

    Pour l'Apapham, les dossiers d'investissement font figure de véritable contrat entre les deux parties. Ces dossiers ont été approuvés par le Ministère de tutelle, la CCG (Caisse Centrale de Garantie), le Ministère des Finances et le Trésor. Mieux, ils ont été préparés sur la base de données fournies par les pouvoirs publics. Restait la rentabilité qui constitue un élément de taille. Un volume minimum de 2,5 tonnes à été fixé, mais depuis 5 ou 6 ans la moyenne tourne autour de 1 ou 1,2 tonne note-t-on.

    Il faut rappeler qu'au moment de la naissance de la pêche hauturière aucun armateur ne capitalisait une expérience dans le créneau. Du coup, tout "nous échappait", fait remarquer l'Association pour qui le Ministère des Finances ne peut faire fi de tous ces éléments. Elle souligne en outre que sa position est paradoxale. Explication: "tout en reconnaissant que le secteur est en crise, et occultant les responsabilités, il s'est décidé à récupérer tout simplement et sans discernement les sommes remboursées pour le compte des sociétés". Pourtant, ajoute la profession, les primes d'investissement n'ont jamais été réglées alors que les sociétés les plus endettées ont effectué les plus gros investissements.

    Au total, 15 sociétés sont directement touchées par l'endettement. "Environ 80% des montants des sommes dues concernent les plus importantes du secteur, celles qui ont réalisé les plus gros investissements", nous apprend la profession. Elle souligne qu'elle n'est pas en mesure de donner avec certitude le montant des arriérés. Pour cause, avance-t-elle, "la Casse n'a jamais voulu communiquer ses chiffres".

    Autre problème crucial qui revient avec insistance: le rendement. Les prises sont faibles et les zones de pêche de plus en plus éloignées. A ce titre, l'Association estime que ce rendement doit être strictement garanti par les pouvoirs publics pour que l'armement national puisse se redresser. Il apparaît ainsi en filigrane la question de la diminution de la flotte céphalopodière à deux mois des négociations sur l'accord de pêche avec l'UE. Les professionnels sont catégoriques sur ce point. Ils souhaitent la réduction de 50% des bateaux européens au nombre de 180, ou même l'interdiction totale de pêcher dans les eaux marocaines.

    Maintenant la balle est entre les deux camps. L'Etat a fait monter les enchères et prévoit des poursuites judiciaires contre toute entreprise incapable de redresser sa situation financière ou qui refuse de se recapitaliser par apport en fonds propres. L'Apapham s'indigne contre cette mesure et estime que "le Ministère des Pêches a failli à sa mission de défense du secteur".

    A.D.N.

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