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    Politique Internationale

    Colloque de l'Association Marocaine d'Aide à l'Enfant Malade : La famille, clé de voûte des solutions aux problèmes de l'enfant

    Par L'Economiste | Edition N°:181 Le 25/05/1995 | Partager

    L'Association Marocaine d'Aide à l'Enfant Malade a réuni près de 400 participants et 60 intervenants lors de son 2ème colloque international sur l'enfant et la famille. Une réflexion pluridisciplinaire durant laquelle l'Association a elle-même présenté comme fruit de son travail la première enquête sur le travail des enfants au Maroc.


    Tous les problèmes qui se posent à l'enfant, qu'ils soient d'ordre médico-sanitaire, social, économique, culturel ou juridique, trouvent leurs principales racines dans les rapports de l'enfant avec sa famille. Cette interdépendance essentielle, qui détermine le développement de l'enfant et le rôle que joue la cellule familiale dans l'équilibre social d'un pays, a été mise en valeur par le colloque "Enfant et famille" organisé par l'Association Marocaine d'Aide à l'Enfant Malade (AMAEM) les 19 et 20 mai à Casablanca. Ce colloque a bénéficié du Haut Patronage de sa Majesté le Roi Hassan II et de la Présidence effective de Son Altesse Royale la Princesse Lalla Hasnaa.
    Le colloque s'est voulu une rencontre pluridisciplinaire visant une confrontation d'opinions d'horizons divers. Des spécialistes de France, d'Algérie, de Tunisie, de Mauritanie, du Portugal, de Côte-d'Ivoire, ainsi que d'organismes internationaux tels que l'UNICEF, le PNUD, etc... ont participé à ces débats lors de conférences animées par 60 intervenants et d'ateliers spécifiques.
    Outre l'importance accordée au rôle de la famille dans la santé de l'enfant, les aspects psychologiques, culturels et éducationnels ont aussi été largement abordés ainsi que la scolarisation, les problèmes démographiques et le vide juridique...

    Sont-ils recensés ?


    En particulier, l'AMAEM a présenté le rapport d'une enquête sur le travail des enfants au Maroc (la législation du travail de 1936 l'interdisant). Cette étude, la première du genre entreprise dans le pays, a été réalisée par 6 membres de la commission scientifique de l'Association : M. Jamaleddine Tebaa (économiste, coordinateur de l'étude), le Dr Chakib Guessous (radiologue), Mme Malika Benradi (juriste), M. Mohamed Khachani (universitaire), M. Abdelilah Zerrou (statisticien), M. Hassan Boutaleb (inspecteur du travail et secrétaire général de l'AMAEM).
    "Cette enquête n'a pas la prétention de chiffrer de façon exhaustive l'emploi des enfants au Maroc mais vise , à travers un échantillon de 500 enfants de moins de 15 ans qui travaillent (50% de garçons et 50% de filles, 50% de milieu rural et 50% de milieu urbain), et leurs réponses à 27 questions, à apporter un éclairage qualitatif sur la relation enfant-famille pour leur cas", précise M. Tebaa. Aucune étude n'a jusqu'à présent permis de les dénombrer sur le plan national et il est peu probable que les résultats du dernier recensement puissent en donner une évaluation. Selon le rapport, leur pourcentage, dans le milieu rural et surtout en ce qui concerne les filles, est plus élevé que celui des enfants scolarisées. En milieu urbain, eu égard aux couches défavorisées, le taux serait aussi important, compte tenu des activités souterraines. La plus grande part de l'échantillon figure dans la tranche d'âge 10-14 ans, mais les moins de 7 ans représentent aussi une proportion non négligeable, et la décision parentale concernant le travail de l'enfant est plus importante chez les plus jeunes.

    Ils rêvent d'une formation


    L'enquête révèle une extrême complexité du statut de ces enfants. "Ils sont salariés, aides familiaux le plus souvent non rémunérés, apprentis, ou travaillant pour leur propre compte, et parfois cumulent plusieurs statuts", affirme M. Tebaa. Leur niveau d'instruction? 30 à 40% sont analphabètes et les autres ont un niveau primaire. Les causes ayant nécessité leur emploi? La pauvreté dans 80% des cas, l'échec scolaire (30 à 35% des cas), souvent le cumul des deux, le désir d'apprendre un métier pour certains, rarement par tradition. Leurs revenus? De moins de 25 à 100DH la semaine, versés en grande partie aux parents, le reste étant utilisé à l'habillement et aux "loisirs", une proportion non négligeable à l'achat de cigarettes. A quoi rêvent-ils ? A acquérir une formation, à retourner à l'école, à l'émigration, au mariage du côté des filles... Outre ces questions, l'enquête rend compte d'une série de caractéristiques afférentes au sujet (secteur d'activité, stabilité d'emploi...). "Malgré l'indignation que cela suscite, il faut garder à l'esprit que le travail des enfants est souvent perçu, par les parents, comme une réponse à l'échec scolaire, au désoeuvrement et à la délinquance", indique M. Tebaa.
    Mais le travail précoce lèse les droits fondamentaux de l'enfant. Que faire? "Combattre les problèmes économiques qui favorisent le terrain, dit M. Tebaa. Plus que cela, la question engage à une mobilisation générale, englobant celle de la famille, notamment pour la généralisation de la scolarisation".

    Bouchra LAHBABI.


    UIOF: La famille ouvre le chemin de la démocratie


    La présidente de l'Union Internationale des Organismes Familiaux (UIOF), Mme Maria-Theresa Da Costa, était présente au Colloque International sur l'Enfant et la Famille. L'UIOF, dont le siège se trouve à Paris, dépendant de l'ONU, fêtera son cinquantième anniversaire l'année prochaine. "Au lendemain de la guerre , elle a été créée par des survivants des camps de concentration, dont la résistance et le courage avaient été motivés par l'amour de la famille et l'espérance de la revoir un jour, relate Mme Da Costa. La plupart d'entre eux ont occupé des postes dans les gouvernements européens dès 1946". C'est pourquoi, à ses débuts, l'UIOF a été une institution intergouvernementale. Mais bientôt, elle intégra toutes les organisations familiales d'Europe, même d'Allemagne, donnant au monde une leçon de magnanimité et de tolérance. "La représentation de la famille dans une institution internationale, pour la défense de ses intérêts matériels et moraux, l'associant à la construction du progrès, participe aux premiers pas de la démocratie en Europe, déclare Mme Da Costa. L'UIOF a ainsi instauré un espace de dialogue entre toutes les cultures et toutes les religions, lesquelles y sont en totalité représentées. De même, elle regroupe tant les décideurs politiques que les destinataires de leurs politiques".

    Mme Da Costa rappelle que la première conférence internationale de l'UIOF a été tenue à Tanger en 1959. "Sa Majesté Hassan II, alors Prince Héritier, avait prononcé un discours mémorable sur le thème de la famille en insistant sur la vocation mondiale assignée à l'UIOF".
    L'UIOF affilie plus de 100 pays et compte 13 commissions scientifiques internationales et son réseau couvre plusieurs régions. "La grande vocation de cette Union est de concourir au bien-être des familles du monde et à l'application de la Déclaration des droits de la famille, par des actions concrètes sur le terrain ainsi que par des actions aux niveaux politique et diplomatique, affirme Mme Da Costa. L'UIOF a notamment un rôle de mobilisation des Etats dans les situations de guerre, de famine, comme dans le cas de détresse des familles palestiniennes, angolaises, irakiennes, bosniaques, rwandaises... Chaque région dispose de son budget et d'une dynamique spécifique. Les budgets sont alimentés par les cotisations des ONG, des gouvernements (22.500 Francs suisses par gouvernement et par an, mais les moins nantis peuvent ne verser que 200 à 2.000 Dollars), et par des fonds structurels de l'ONU qui appuient les projets.

    Bouchra LAHBABI.

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