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    Politique Internationale

    Politique: Chirac plus proche de l'Afrique

    Par L'Economiste | Edition N°:181 Le 25/05/1995 | Partager

    De notre correspondant à Paris, Jean Guisnel

    L'héritier de De Gaulle, qui avait désapprouvé la dévaluation du Franc CFA, veut une diplomatie plus solidaire à l'égard de l'Afrique.

    Après six mois d'une campagne électorale intense qui laissera bien des traces dans la vie politique française, les électeurs ont désigné un nouveau président de la cinquième République, le cinquième depuis que celle-ci fut fondée en 1958. Notre propos n'est pas ici de peser les chances qu'aura le nouveau président lorsqu'il s'agira pour lui de réaliser ses promesses électorales: tout un chacun sait bien, en France, que le principal défi demeure le chômage qui frappe le pays malgré l'amorce d'une reprise économique; à peine élu, le nouveau chef de l'Etat n'a pas manqué de le rappeler.

    Penchons-nous, plutôt, sur un autre aspect de la politique nouvelle dans laquelle il va engager la France: sa diplomatie et singulièrement sa politique africaine. Pour l'un des plus septentrionaux des grands Etats du continent, le Maroc, il n'est pas besoin d'être un devin pour imaginer que les choses vont sans doute évoquer rapidement. Les deux septennats de François Mitterrand n'ont pas été marqués par un renouvellement profond des liens entre les deux pays, qui en sont restés à ce qu'on pourrait appeler le "minimum obligatoire". Pas de conflits diplomatiques tournant au tragique, sans doute, mais une sorte de routine, débouchant sur ce que les Marocains ont pu percevoir comme une marque, non d'hostilité, mais de désintérêt de leur grand voisin du Nord.

    Il est certain qu'avec le nouveau président de la République, cet état de fait connaîtra des évolutions. Sans doute, Jacques Chirac n'a-t-il pas abordé - à tout le moins dans une grande déclaration publique - l'attitude qui sera la sienne face au Royaume. Mais il a en revanche évoqué la politique africaine qu'il entend désormais défendre. Et il est évident qu'il s'agira d'une rupture... On ne sait pas assez à quel point Jacques Chirac est attaché à l'Afrique. C'est même, à ses yeux, l'une des parts essentielles de l'héritage gaulliste qu'il revendique. A cet égard, il convient de conserver en mémoire que l'un des reproches les plus vifs que celui, qui n'était alors que le maire de Paris, adressa à son ancien ami devenu Premier ministre, Edouard Balladur, concerne justement l'Afrique et plus précisément la dévaluation du Franc CFA.

    Solidarité économique et sentimentale

    Lorsqu'il apprit que cette mesure allait être mise en place en janvier 1994, il entra dans une vive colère et tempêta, mais en vain, auprès de Matignon. De même, c'est sur cette affaire que la rupture définitive intervint entre lui et le ministre de la Coopération Michel roussin, son ancien très proche collaborateur, devenu chaud partisan de la dévaluation. Pour Jacques Chirac, comme il eut l'occasion de le déclarer à plusieurs reprises au cours de la campagne, la solidarité de la France avec l'Afrique est sentimentale, sans doute; liée à l'histoire, très certainement, mais d'abord économique. Et les manoeuvres techniques accompagnant la dévaluation, à savoir un remplacement de l'aide budgétaire directe destinée à soutenir le Franc CFA, versée aux banques centrales, par un versement de ces sommes aux organismes internationaux - genre Fonds Monétaire International (FMI)- ont été considérées par le nouvel hôte de l'Elysée comme des nonsens politiques et diplomatiques. En un mot, comme des hérésies. Les arguments de l'équipe Balladur n'eurent à l'époque aucune prise sur lui, et il est clair que la politique actuellement menée par la France dans ce domaine va changer. En revanche, il n'est pas certain que les décisions annoncées par François Mitterrand lors du sommet franco-africain de La Baule, à savoir le lien fait entre l'aide au développement apportée par la France et le progrès des libertés publiques dans les Etats concernés, seront sensiblement revues. Au-delà des polémiques politiciennes et électorales, elles ne sont ; pas considérées - dans l'entourage du nouveau président - comme un véritable sujet de préoccupation.

    Mais, les leaders africains n'ont pas signé un chèque en blanc au nouveau président français, et bien des commentaires de bons connaisseurs de l'Afrique ont insisté sur deux points: que le nouveau pouvoir français ne se laisse pas aller à des penchants paternalistes auxquels cèdent souvent les gaullistes. Seconde exigence: que le président Chirac soit le garant de la sécurité et du bien-être des communautés africaines immigrées en France.

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