×
  • L'Editorial
  • Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2020 Prix de L'Economiste 2019 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Céréales : Les deux scénarios

    Par L'Economiste | Edition N°:223 Le 28/03/1996 | Partager

    Libéralisation, mais aussi qualité des produits, la filière céréalière vit une mini-révolution, qui devrait aboutir au désencadrement dans trois mois. Mais ce n'est pas gagné, dit le président du Comité, M. Ghali Sebti.


    L'Economiste: Le Comité National de la Minoterie s'est transformé. D'instrument de gestion administrative, vous êtes devenus un organe professionnel, capable de proposer des axes de politique céréalière...
    M. Ghali Sebti:
    Nous sommes toujours un instrument de gestion, bien que le Comité s'occupe aussi d'aider nos membres pour élever le formation, les compétences et la qualité. C'est d'ailleurs à ce titre que nous avons créé, avec l'aide de l'US Wheat, une école de formation. Pour cette transformation qualitative, nous avons eu, chez tous les minotiers, une forte volonté d'apporter plus à notre filière, dans notre propre branche d'activité, mais aussi dans les branches en amont comme en aval. En fait, notre légitimité en tant qu'organe d'étude et même de proposition nous vient en premier lieu de l'Administration. Nos ministres de tutelle, MM. Meziane et surtout Abouyoub, nous ont fortement invités à faire des études sérieuses et à en tirer les enseignements. Vous avez nommé ces enseignements "axes politiques", je crois que l'expression est exacte, mais n'allez pas imaginer que nous nous substituons à l'Etat: nous sommes un des intervenants dans l'économie nationale et nous n'avons pas la prétention de parler au nom de tous.

    - Vous avez quand même acquis une crédibilité, donc un pouvoir pour influer sur la politique céréalière.
    - Crédibilité oui; pouvoir, je ne sais pas, car pour l'instant nous attendons les décisions administratives concernant notre filière. Notre travail, et je vous prie de croire que c'est celui de tous les membres du Comité, a été de chercher les possibilités de passer d'un système très encadré à un système plus ouvert, de manière à ce que la transition puisse se faire sans casse. Le risque n'est pas nul.

    - Que souhaitez-vous faire exactement?
    - Quand un pays aborde la libéralisation, il peut lui arriver deux scenario différents: ou bien ses minoteries et avec elles toute la filière prennent du muscle, ou bien elles sombrent corps et biens. Je ne crois pas que le Maroc agricole mériterait de voir sombrer son secteur céréalier. Je veux aussi souligner que nous avons travaillé près de trois ans sur nos propositions, que nous avons observé ce qui se fait aux Etats-Unis, en Europe et spécialement en France qui avait une situation proche de la nôtre avant la libéralisation européenne. Nous avons aussi financé deux études importantes par des cabinets indépendants de manière à vérifier nos hypothèses. Ces études, ainsi que les contacts et même les financements que nous obtenons, que nous avons à l'étranger, ont été mis à la disposition de notre Ministère de tutelle.

    - Mais les céréales coûtent cher à la collectivité alors que les fellahs sont pauvres et que la qualité et la diversité des produits sont médiocres.
    - Je pense que la politique céréalière d'autrefois se justifiait à l'époque mais c'est précisément de ce cercle vicieux que nous voulons sortir avec la libéralisation, dans laquelle le Maroc s'est engagé. Pour parler franchement, les problèmes que nous avons relevés, par rapport à la libéralisation, vont du haut au bas de la filière: choix étroit et mal adapté des variétés semées, rendements très médiocres voire désastreux, circuits obsolètes et coûteux, pertes importantes dans le stockage, inadaptation des implantations, équipements vieux et peu performants dans beaucoup de minoteries, qualités médiocres des farines, circuits globalement trop lourds, marketing timoré... En face, l'Etat dépense beaucoup d'argent pour les subventions mais aussi pour essayer de surveiller la filière sans pouvoir y arriver toujours. Nous sommes dans un ghetto technique, financier et aussi du point de vue de la qualité. Or, nous savons que nous pouvons faire une véritable révolution de la filière et économiser l'argent de l'Etat. Nous l'avons déjà montré puisque sur les actions déjà entreprises, nous avons réussi à économiser entre 40 et 50 millions de DH sur la filière.

    - Alors pourquoi ne le faites-vous pas tout de suite?
    - Nous sommes tenus, au moins jusqu'au 1er juillet prochain, de respecter les règles administratives, qui sont à mon point de vue à l'origine de la situation du secteur. Ceci dit, nous ne pouvons pas enlever ces règles sans organiser la transition, sinon 30 moulins fermeront leurs portes tout de suite. Aujourd'hui nous sommes des façonniers de l'Etat. Demain nous devons devenir des entreprises à part entière, les minoteries veulent passer à ce stade: nous sommes très favorables à la libéralisation.
    Nadia SALAH


    Liaisons internationales

    Le Comité National de la Minoterie sera l'hôte à Marrakech, le 1er avril, de son homologue chargé de la promotion du pain et, d'ici là, il participe aux journées de partenariat avec l'Europe organisées par la Commission et la Chambre Internationale de Commerce-Comité National Marocain, à partir du 28 mars. Par ailleurs, les minotiers marocains viennent d'obtenir un don de l'Union Européenne pour étudier la faisabilité de la culture du blé sous pivot, spécialement sur les terres collectives gérées par le Ministère de l'Intérieur.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc