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Gammaglobulines : L'affaire rebondit et le procès se prépare

Par L'Economiste | Edition N°:223 Le 28/03/1996 | Partager

Moncef Benabderrazik, administrateur de Ingepharm, a été présenté devant le tribunal lundi 25 mars et le procès concernant les gammaglobulines commencera le 29 mars.


L'affaire a déjà soulevé des passions, davantage que les deux premières affaires qui ont amené la condamnation du pharmacien. Il a d'ailleurs fait appel pour ces deux premiers dossiers. Les passions soulevées sur le troisième dossier concernent l'existence ou la non-existence de risques de santé publique. En effet, le 29 janvier dernier, le Ministère de la Santé publique (MSP) avait publié un communiqué faisant état de la présence d'anticorps de sida et d'hépatite C dans l'échantillon JO3 de gammaglobulines anti-D. Par la suite, l'information a été modulée, y compris par le MSP lui-même. Les risques induits par la présence d'anticorps du sida ont disparu puisqu'il n'y a pas eu de commercialisation du lot incriminé. Restait l'autre lot, qui ne mettait en cause que la présence ou l'absence d'anticorps de l'hépatite C.
La polémique est allée se fixer sur cet autre lot.
Entre-temps, le communiqué avait amené une partie de la communauté scientifique à redouter que l'opinion publique s'inquiète sans raison scientifique avérée, puis à s'interroger sur les objectifs mêmes de ce communiqué. Le ministre de la Santé explique, quant à lui, que son communiqué, même appuyé indûment sur le JO3, "devait avertir les utilisateurs éventuels du HO1". L'un d'entre eux, un médecin, s'est d'ailleurs présenté, précise le Dr Ahmed Alami.
Parallèlement, la Division de la communauté médicale s'est poursuivie. Une dizaine de scientifiques ont signé un document du MSP, selon lequel la présence d'anticorps était suffisante pour "invoquer la non-conformité du produit".

C'est alors que la polémique a évolué. De contaminant/non-contaminant, le débat s'est fixé sur l'aspect normatif: "les normes marocaines imposent le rejet de produits contenant des anticorps". Pour le Dr Ahmed Alami, "le contrôle effectué par les laboratoires nationaux est suffisant pour interdire l'utilisation d'un produit".
En matière de normes, le Dahir de 1995 précise que "les médicaments dérivés du sang sont soumis avant leur mise sur le marché à un contrôle de qualité effectué par le service de transfusion sanguine, le Laboratoire national de Contrôle du Médicament et l'Institut Pasteur du Maroc, selon les normes internationales et les règles définies par l'Administration". Le texte peut donc entretenir toutes les polémiques scientifiques dès qu'il y a divergence dans les résultats ou dans les connaissances scientifiques.
Pour l'instant, aucune victime du HO1 n'a été signalée. C'est pourquoi Benabderrazik a été présenté lundi à la chambre correctionnelle, et non criminelle, de Casablanca. Son avocat, Me Mohamed Berrada, clame l'innocence de son client, pour l'affaire des gammaglobulines mais aussi pour les deux affaires précédentes qui sont en appel.
"Les conditions dans lesquelles ont été obtenus les résultats positifs sont sujettes à caution", déclare l'avocat de Benabderrazik, qui affirme apporter aussi des documents prouvant qu'il n'y a pas faux et usage dans les trois affaires.

Mohamed BENABID.


Les faits


Dans la polémique des gammaglobulines, il y a deux échantillons, le JO3 et le HO1.
Le JO3 est celui qui avait fait l'objet du communiqué du MSP, le 29 janvier 1996, selon lequel le JO3 contenait des anticorps de l'hépatite C et du sida. Les analyses de Pasteur-Maroc dataient de juillet 95 et janvier 96.
Selon Me Berrada, qui défend M. Benabderrazik, le JO3 a été analysé aussi par le laboratoire espagnol Juan Carlos III, à la demande du fournisseur, Grifols. Ces analyses sont négatives. Grifols a aussi demandé une contre-expertise au Ministère espagnol de la Santé. Les résultats sont négatifs. Le JO3 n'a jamais été commercialisé, précise le ministre marocain de la Santé.
Le HO1 n'a pas fait l'objet de communiqué de la part du MSP. Il s'agit de gammaglobulines polyvalentes. Le HO1 a été saisi chez Ingepharm, en même temps que le JO3. Une grande imprécision demeure sur le nombre d'échantillons importés. De même, il n'a pas été possible de savoir avec certitude si une partie d'entre eux ont été commercialisés ou donnés à titre gratuit. Le HO1 a été analysé par Pasteur-Maroc. Résultats: anticorps d'hépatite C (mais pas de sida). Au Maroc, le Centre National de Transfusion Sanguine ainsi que le centre régional de Rabat ont confirmé ce résultat. Le HO1 a été contrôlé en France, à la demande de Pasteur-Maroc et/ou du MSP, puis indépendamment à la demande du CNTS. Les laboratoires de contrôle étaient Pasteur-Paris, l'Agence du Médicament, la Transfusion Sanguine d'Aquitaine et l'Institut National de Transfusion Sanguine. Pasteur-Paris confirme les résultats marocains. L'Agence du Médicament a donné deux versions différentes de ses travaux: une confirmative, l'autre confirmative avec des réserves. Inversement, les deux centres de transfusion donnent des résultats négatifs. Ces deux derniers laboratoires ont travaillé selon la technique "Riba", la plus performante dans la recherche d'anticorps: il s'agit de reproduire les conditions réelles, telles qu'elles prévalent dans le sang (Cf L'Economiste du 22 février 1996).

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