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Casablanca blanchit ses murs

Par L'Economiste | Edition N°:2882 Le 16/10/2008 | Partager

. Campagne de ravalement dans le centre-ville . Les propriétaires récalcitrants verbalisés. A quand des opérations similaires dans d’autres artères?DÉCRÉPITUDE et laisser-aller… C’est ce qu’on reproche aux constructions de la métropole! Situé au centre de Casablanca, l’hôtel «Lincoln» en est l’exemple le plus flagrant. Malgré les efforts du Conseil de la ville pour trouver une solution définitive à la situation du Lincoln, l’hôtel se dresse encore (jusqu’à quand?) comme un point noir en plein milieu de l’une des plus importantes avenues de la capitale économique, le boulevard Mohammed V. Certes, des tentatives ont été menées par les responsables locaux, mais on ignore toujours quel sort sera réservé à cet hôtel qui menace ruine et demeure un danger permanent pour les usagers de cette avenue.Mais, l’hôtel Lincoln n’est qu’un cas parmi d’autres. La beauté et l’architecture de la ville subissent des dégradations pour le moins incompatibles avec le statut de grande métropole. Nombreux sont les bâtiments de la cité blanche qui ont été construits depuis plus de 70 ans. Mais, combien ont connu des opérations de rénovation ou au moins de ravalement? Certes, les immeubles de l’avenue Mohammed V ont été édifiés avec beaucoup de charme et d’inspiration. C’est un témoignage, une histoire encore vivante sur la présence et le succès de l’art déco du début des années 50. Cependant, ces merveilleuses réalisations architecturales ont toujours été à «l’abandon». L’état actuel de l’avenue et des rues adjacentes est, en vérité, déplorable et exige un sursaut d’orgueil. Afin de redorer et revitaliser l’image de cette grande artère, les autorités locales et de la ville ont, enfin, décidé de réagir en imposant une campagne de ravalement des façades. Il fallait à tout prix penser à l’embellissement des immeubles pour redonner une nouvelle allure au boulevard. En termes d’esthétique, cette opération devra permettre la mise en valeur des façades qui se trouvent dans un état piteux. «Le ravalement concerne, en plus des immeubles, les maisons individuelles, les murs de clôtures...», indique Mohsine Benkhaldoun, élu local de l’arrondissement de Sidi Belyout. Et d’ajouter: «C’est une obligation du propriétaire et des héritiers». C’est «l’arrêté municipal permanent de la ville de Casablanca datant de 1952 qui porte règlement général de voirie et de construction» qui stipule cette obligation. Cet arrêté, aussi ancien soit-il, est toujours en vigueur et a été établi en vertu des prérogatives des présidents de commune en tant que responsables de la police administrative. Au niveau de l’arrondissement de Sidi Belyout, une cellule dédiée au ravalement a été constituée. Benkhaldoun précise qu’elle est composée de trois personnes qui s’efforcent de sensibiliser et de rappeler aux propriétaires leurs obligations. Toutes les deux semaines, le point est fait sur la situation dans le but de décider des actions à suivre. Un processus continu que les autorités des autres municipalités et collectivités locales sont tenues d’entreprendre. Les services de la préfecture de Casa-Anfa, rappelons-le, jouent également un rôle important dans ce processus, tant en amont pour attirer l’attention de l’arrondissement sur les façades non ravalées, qu’en aval pour la notification aux propriétaires qui ne se conformeraient pas aux obligations légales. Ainsi et afin de donner une meilleure apparence aux immeubles et de les débarrasser de leur grisaille, la campagne devra sensibiliser tous les propriétaires. En effet, mieux vaut adhérer massivement à l’opération et s’activer à temps! «À défaut d’un ravalement exécuté par le propriétaire lui-même, la commune s’en charge et lui fait supporter les charges des travaux. Il sera tenu de s’en acquitter par la force de la loi», souligne Benkhaldoun.En théorie, le ravalement implique l’exécution de tous les travaux de rénovation des façades (peintures, induits, boiseries, ferronneries, etc.). Toutefois, «dans la pratique, et compte tenu de la difficulté de convaincre les propriétaires, notamment au vu des budgets nécessaires, on accepte de refaire au moins la peinture», ajoute l’élu. Il faut noter que le blanc est la seule couleur admise pour la ville de Casablanca. Pourtant, «nous constatons l’inobservation de cette règle au niveau de certains ouvrages. Je pense que c’est par manque de connaissance des dispositions réglementaires», indique Benkhaldoun. La campagne initiée depuis quelques mois est certes une bonne initiative pour l’embellissement du boulevard MohammedV. Mais, convaincre l’ensemble des propriétaires reste un pari difficile à tenir, surtout quand on sait que la majorité se dérobe souvent à la loi et refuse de participer au renouvellement de l’esthétique de son environnement. Pourtant, l’arrêté municipal en vigueur stipule que le ravalement des immeubles est obligatoire une fois tous les six ans. Le problème se pose encore avec acuité quand il s’agit des immeubles en copropriété.


Coûts

LA principale difficulté dans les opérations de ravalement se trouve dans les anciens immeubles construits à partir des années 30, et dont les appartements sont loués à des prix très bas. «Ce n’est pas toujours aisé au propriétaire d’un tel immeuble de trouver les fonds qu’il faut pour un tel chantier», explique Benkhaldoun. Cependant, il est à signaler que les coûts de ravalement dépendent de plusieurs facteurs, notamment la superficie de la façade, la qualité de la peinture, l’état de dégradation, etc. Mais, «des budgets variant entre 50.000 et 200.000 DH sont possibles», ajoute le même responsable. En fait, c’est une somme qui n’est pas négligeable pour les propriétaires. Ces derniers ne peuvent pas supporter tous seuls l’embellissement de leurs immeubles, surtout quand les loyers ne rapportent pas beaucoup.B. S. & J. E. H.

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