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    Affaires

    Banques, entreprises et douanes
    Le triangle des disputes

    Par L'Economiste | Edition N°:2405 Le 21/11/2006 | Partager

    . Des entreprises se plaignent «d’être prises en étau» entre la banque et la douane. Des banques refusent d’assouplir leurs conditions de garantie. Un service de douanes «lourd et cloisonné»La salle de la Chambre de commerce espagnole était comble la semaine dernière(1), réunissant autant de banquiers que d’entrepreneurs. Ils attendaient avec impatience la fin du cours magistral de Larabi Khssassi, directeur régional des Douanes et Impôts indirects de Casablanca. Ils tenaient à l’interpeller et s’interpeller mutuellement sur leurs problèmes quotidiens liés à «l’inflexibilité de certaines banques», «l’irresponsabilité de quelques entrepreneurs», mais aussi «l’opacité et l’intransigeance caractérisant encore des noyaux durs des services douaniers».C’est donc tout naturellement lors du débat que les plaintes se sont faites entendre. L’assemblée d’entrepreneurs marocains, français et espagnols a pointé une compétitivité marocaine «fortement mise à mal par l’incohérence de certaines prestations» et «par le manque de communication entre les acteurs». Car, s’il est vrai que le service des douanes a décidé de faciliter les garanties, quelques unes de ces dispositions, comme la caution mixte, ne semblent pas effectives sur le terrain, et ce, au grand dam des entrepreneurs. Ils n’ont pas manqué de le rappeler à Khssassi. Un entrepreneur résume: «Je me suis présenté hier à la banque; elle m’a refusé la caution mixte, prétextant qu’elle n’avait pas confiance en ce régime. J’ai fait appel à la douane qui ne m’a été d’aucune aide, et j’ai alors été obligé de tout payer». Cette situation est effectivement très handicapante pour les entreprises qui se voient confisquer une grande partie de leurs fonds financiers censés soutenir leur croissance, alors que la caution mixte présentait justement l’avantage de n’être cautionnée qu’à hauteur de 20% du montant total par les banques. . Bureau ouvert pour les plaintesCe sur quoi les banquiers présents dans la salle n’ont pas manqué de protester, soulignant leurs fragilités face à des périodes de cautionnement trop longues (jusqu’à 2 ans) pour des garanties qui ne sont pas toujours respectées. Ces derniers se plaignaient en effet d’être les principaux perdants de ce processus d’assouplissement des garanties censé soutenir la croissance des échanges économiques. Car, dans le cas où l’entreprise ne respecte pas ces garanties, c’est vers la banque que les services douaniers se retournent, lui laissant peu de marge de manœuvre quant au remboursement des sommes dues par les entreprises frauduleuses ou en faillite.Un autre problème de taille fut brièvement abordé, concernant la «lourdeur et l’opacité de certains services douaniers», rappelant ainsi que la «corruption était encore de mise malgré les efforts engagés par la nouvelle direction».Après avoir rappelé la «lourdeur de son administration et un héritage de dossiers très encombrants de l’ancienne direction», Khssassi a reconnu les difficultés à gérer ces problèmes de logistique et de communication. Il a profité de l’occasion pour rappeler que «son bureau est ouvert à toute personne souhaitant dénoncer des violations avérées des droits de l’entrepreneur». Si la plupart des grandes entreprises profitent du pouvoir de dissuasion lié à leur renommée, les PME, elles, doivent faire face sur les quais marocains à plus d’une quarantaine de procédures administratives pour faire passer ou stocker leurs marchandises, un réel parcours du combattant!


    L’OMC moribonde

    «Le calendrier de 1994 et de Doha sont agonisants, voire dans le coma, un coma très avancé…» Tel est le constat de Larabi Khssassi lors de son intervention jeudi soir à la Chambre de commerce espagnole de Casablanca, dans le cadre d’un exposé sur les accords et conventions entérinés par le Maroc. Le directeur des Douanes de Casablanca n’a pas hésité à dénoncer ouvertement l’attitude anticoncurrentielle de certains pays, en l’occurrence celle des Etats-Unis, qui octroient des subventions s’élevant à des milliards de dollars, et encouragent par là même la pratique du dumping économique, formellement interdite par les accords de l’OMC signés au Maroc en 1994. Il a également rappelé la fragilité de ces types d’accords dont l’effectivité est souvent soumise aux aléas des calendriers électoraux occidentaux, rendant ainsi caduques les notions de temps et de continuité dans ce chantier de construction d’un espace économique mondial juste et concurrentiel.Najlae NAAOUMI---------------------------------------------------------------------------(1) La réunion s’est tenue le jeudi 16 novembre 2006 à Casablanca.

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