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Economie

Agrumes : Les Israéliens prospectent

Par L'Economiste | Edition N°:220 Le 07/03/1996 | Partager

La concurrence entre les labels "Maroc" et "Jaffa" n'a plus de raison d'être. En matière d'agrumes, sur le marché européen, ce sont désormais les produits espagnols qui ont gagné du simple fait de l'adhésion de l'Espagne à l'UE.
"Les oranges, clémentines, citrons et pamplemousses marocains et israéliens ont désormais les mêmes problèmes de quotas, de prix et d'écoulement. Alors autant s'unir", explique Yaacov Hertzno, haut fonctionnaire du Ministère de l'Agriculture, qui conduisait la semaine dernière une délégation de 35 fermiers israéliens au Maroc. Objectif: connaître les variétés locales, les méthodes de culture, de conditionnement, ainsi que les marchés.

De Casablanca à Agadir, ils ont visité les installations de Delassus, M'broka et d'autres. Auparavant, ce voyage annuel allait vers l'Espagne. L'écoulement des agrumes intéresse les Israéliens au plus haut point, surtout que leur OCE, le "Citrus Marketing Board" a été démantelé il y a 4 ans. Le libéralisme touche ce pays fondé sur le collectivisme agricole, qui commence dans les fameux kibboutz. Toujours sur le plan commercial, les Israéliens voudraient offrir leurs réseaux de distribution privilégiés sur le Canada, les Etats-Unis, fondés sur les négociants juifs pour écouler des fruits ou des jus. En contrepartie, ils voudraient écouler les leurs sur les pays arabes du Moyen-Orient, à travers les réseaux marocains. Tout cela reste, pour l'heure, problématique. L'embargo décrété par la Ligue Arabe sur les produits israéliens est toujours en vigueur.
Outre l'aspect commercial, les Israéliens voudraient coopérer en matière scientifique, sur des ennemis communs tels les insectes. Ils offrent leur know-how, en matière d'irrigation notamment pour développer les cultures. "L'eau est une richesse abondante au Maroc, qui offre encore de grandes possibilités", énonce paradoxalement M. Hertzno, qui fait référence à son pays gagné sur le désert.
Autre atout marocain pour l'agrumiculture, la main-d'oeuvre abondante et bon marché. Le flot des immigrants vers Israël s'est tari et les nouveaux arrivés préfèrent travailler dans les villes. Quant à la main-d'oeuvre palestinienne, elle est bloquée d'accès au moindre incident politique. Il y a déjà 13.000 Turcs, Thaïlandais et Roumains qui travaillent dans l'agriculture avec des contrats de deux ans.

Khalid BELYAZID

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