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Les Cahiers de l'Émergence

Filière sucrière: La hausse du fioul pénalise la production

Par L'Economiste | Edition N°:4262 Le 24/04/2014 | Partager
Le risque concerne la betterave
La Cosumar monte un projet intégré au Soudan

Mohammed Fikrat, PDG de la Cosumar: «Dans nos cartons, nous avons un projet ambitieux au Soudan avec l’idée d’être totalement intégré. Nous sommes en train de boucler le financement»

Dotée d’un contrat-programme 2013-2020, la filière sucrière ambitionne d’accroître la production nationale. Elle veut porter le taux de couverture des besoins à partir des plantes sucrières à 62% d’ici 2020. Mohammed Fikrat, PDG de la Cosumar, explique que la filière mise sur la recherche développement,  mais se heurte à la hausse du prix du fioul.

- L’Economiste: Une augmentation du prix du sucre est jugée irrecevable puisque le produit est subventionné?
- Mohammed Fikrat: Avant de répondre à votre question, il convient de préciser une chose. La subvention sur le produit est destinée  au consommateur et n’a pas d’impact sur les coûts de production du sucre.
La production du sucre  obéit à une construction de coûts et tout changement de conditions économiques a un impact. Pour exemple, lorsque les prix des plantes ont été réévalués au profit des agriculteurs lors des deux dernières campagnes agricoles, la formule de prix a changé. Ce n’est donc pas un tabou.
Depuis juin 2012, le prix du fioul a augmenté de 56%. Il représente aujourd’hui en fonction des sucreries 20 à 25% de notre prix de revient. Nous nous retrouvons avec un surcoût de 10 à 15% qui impacte les marges et qui doit être pris en charge. Ce surcoût représente une dizaine de centimes par kilogramme vendu.  Le fioul étant fortement consommé dans nos usines de transformation de betterave, une hausse des prix du fioul sans impact sur la formule de prix rend le traitement des plantes sucrières moins intéressant. Actuellement, c’est la pérennité de la production domestique de sucre à partir de cette plante qui est en jeu. 

- La betterave est énergivore et moins rentable que la canne à sucre. Quelles adaptations faut-il apporter pour améliorer la compétitivité de la filière? 
- La betterave et la canne ont besoin d’un climat favorable, de maîtrise de la conduite de la culture elle-même et de capacité industrielle de transformation… Cosumar, en tant que responsable du volet industriel de la filière, a pratiquement doublé la productivité des usines entre 2005 et 2013. Grâce à notre relation de proximité avec les agriculteurs, l’administration et les associations,  nous avons mis en place ensemble une démarche d’amélioration continue. Nous avons également mis en place des capacités excédentaires de production (1,65 million de tonnes contre un marché de 1,2 million de tonnes) pour pouvoir absorber toute baisse de la production nationale et servir le marché.
Sur le plan agronomique, notre pays ne compte que 50 ans dans la culture de la betterave alors que l’Europe nous devance de plus de 150 ans. Nous sommes en train de réduire le chemin d’accès au progrès par des améliorations issues de la recherche et développement. La Fimasucre a des partenariats et des conventions à l’international et nous faisons beaucoup d’efforts pour introduire les nouvelles technologies. La semence monogerme a été implantée et généralisée au bout de 3 à 4 ans. Cette semence est un levier spectaculaire d’augmentation du revenu des agriculteurs, de la qualité de la betterave et aussi de la productivité.

- Est-ce que les agriculteurs vous suivent sans difficulté?
- Nous faisons beaucoup d’efforts de formation et de benchmark. Nous avons encouragé les agriculteurs à adhérer à l’organisation mondiale des planteurs de betterave et de canne à sucre. Les semences  mono-germes permettent d’améliorer les performances ainsi que les revenus des agriculteurs.

- Malgré la subvention de 6.000 DH/ha à accorder à la culture de la canne à sucre, peu d’engouement est constaté. Comment expliquer cette situation?
- La culture de la canne demande plus de temps. Il faut au minimum un an et demi avant de pouvoir récolter après une première plantation. Ceci étant, 5.000 hectares de canne, c’est l’équivalent d’un bateau de sucre par récolte et une économie importante de l’importation de fioul. C’est aussi 5 bateaux pendant 5 ans de 30.000 tonnes de sucre. Ce qui représente 200 millions de dirhams en devises et reste plus rentable pour le pays.
Nous ne sommes pas confrontés au désintérêt des agriculteurs mais à des difficultés de mise en œuvre. Dans la région du Gharb, nous avons le problème de l’endettement des agriculteurs vis-à-vis des ORMVA et des difficultés liées aux procédures pour accéder aux subventions. Le ministère de l’Agriculture prépare des solutions. Nous avons également soumis des propositions comme l’utilisation de notre statut d’agrégateur.
Certaines années ont été très dures pour l’activité au Gharb et au Loukkos avec des milliers d’hectares inondés. Les dettes se sont donc accumulées. Nous avons proposé de mettre en place des solutions innovantes comme encourager l’agriculteur à reprendre son exploitation et rééchelonner sa dette.
- Atteindre un taux de couverture de 62% des besoins par la production nationale paraît utopique
- C’est un objectif réaliste et dès cette année, nous serons à un taux de couverture de 35 à 40%. Nous avons un potentiel de 80.000 hectares pour les cultures sucrières et si nous réussissons à produire 11 à 12 tonnes à l’hectare, nous pourrons atteindre un taux de couverture de plus de 60%.  Il convient de préciser que Cosumar n’est pas seule responsable de l’atteinte de cet objectif. Les pouvoirs publics et les agriculteurs ont aussi un rôle important à y jouer. Le rôle de Cosumar est de continuer à assumer la fonction d’agrégateur de la production agricole nationale  (préfinancement, mise à disposition des semences, R&D…), et de disposer de capacités industrielles de traitement suffisantes pour absorber la totalité des récoltes nationales des plantes sucrières.  Les pouvoirs publics doivent créer un environnement encourageant l’investissement des agriculteurs (disponibilité de l’eau, subvention des cultures de canne…) et l’investissement industriel. Il devient urgent notamment de trouver des solutions au surcoût lié à la hausse du fuel, qui heurte de plein fouet la compétitivité du l’industrie du traitement des plantes sucrières. A cet égard, il conviendrait de noter qu’une sucrerie de betterave consomme trois fois plus de fuel qu’une raffinerie de sucre brut.

Projet intégré en Afrique

Cosumar a des projets en Afrique. L’entreprise a effectué une analyse des opportunités de partenariat et de développement sur le continent. Elle compte investir, en premier, au Soudan dans un projet totalement intégré en amont et en aval. «Nous sommes en train de boucler le financement», indique Mohammed Fikrat, président directeur général. Et d’ajouter que dans le cas du sucre, l’ancrage agricole est fort. «La réglementation est spécifique à chaque pays et vous devez intervenir pour tout investissement dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant avec les parties prenantes locales».

K. M.

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