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Economie

Assemblées annuelles BAD Fronde des pays «zéro virgule»

Par L'Economiste | Edition N°:4044 Le 03/06/2013 | Partager
Les pays actionnaires de la banque à moins de 1%
Les poids lourds s’arc-boutent à leur siège d’administrateurs

Nizar Baraka, le président sortant du CA de la BAD, a été élu meilleur ministre des Finances de l’année par le magazine African Banker

Le rideau est tombé sur les 48e Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement  (BAD) à Marrakech. Le premier accord obtenu, à l’issue de ces assemblées, a été le retour de son siège à Abidjan. Une formalité, surtout que l’on s’y attendait encore plus depuis le début des troubles en Tunisie, raisons pour lesquelles la banque avait quitté la Côte d’Ivoire en 2003. Le conseil d’administration de la banque, réuni vendredi en prélude de la clôture des assemblées, «a approuvé la feuille de route pour un retour graduel du siège de la banque à Abidjan», selon le président sortant du CA, Nizar Baraka. Un retour qui devrait se faire avant novembre 2014, coïncidant avec le cinquantenaire de la BAD dont «les festivités se dérouleront à Abidjan», selon son président Donald Kaberuka. Conséquences: 2.200 salariés et leur famille (près de 5.000 personnes au total) vont quitter Tunis, en plus de tous les contrats locaux qui seront perdus. On comprend mieux pourquoi la Tunisie officielle a boudé ces assemblées. En tout cas, la décision de retour du siège à Abidjan met fin à toutes les spéculations. Au plus fort des troubles à Tunis, l’on a évoqué la possibilité de (re)relocaliser le siège de la BAD dans une autre capitale. Rabat, Dakar, voire Accra, ont été évoquées. Il n’en est rien.
Ceci dit, le conseil d’administration de la BAD est le moment particulièrement attendu en ce qu’il est un rendez-vous aussi de règlements de comptes, entre partenaires de même groupe d’administration. C’est le temps des frondes, portées par les pays catalogués «zéro virgule». Ceux-là mêmes qui souscrivent moins de 1% au capital de la banque. Ils forment l’essentiel des 77 gouverneurs de la banque dont 53 pays  membres régionaux (Afrique) et non régionaux. Pourquoi assiste-t-on à ce genre de scènes (une façon de parler parce  que le CA est à huis clos)? Les pays détenant plus de parts au capital de la banque, 3,5% et plus, ont droit à un siège permanent au conseil d’administration. A ce titre, ils représentent les intérêts des petits porteurs, siégeant sous leur tutorat comme observateurs à leur côté. C’est le cas par exemple de l’Algérie qui a sur son siège Madagascar et la Guinée-Bissau, la Libye qui a la Somalie et la Mauritanie, l’Egypte qui défend les intérêts de Djibouti, le Nigeria ceux de Sao Tomé & Principe, la Côte d’Ivoire qui parle au nom des deux Guinée (Conakry et équatoriale) ou encore le Maroc qui assure le même rôle pour la Tunisie et le Togo. Au total ils  sont 18 administrateurs dont 12 venant des pays membres régionaux.
En coulisses, à chaque rendez-vous du CA de la banque, cette répartition des sièges est remise en question par les «zéro virgule». Ils veulent que le siège d’administrateur soit tournant. Les gros actionnaires répondent: vous n’avez qu’à le mériter, en montant les parts au capital de la banque. Un dialogue de sourds qui donne à voir de basses manœuvres parfois. Il arrive qu’un administrateur «zéro virgule» entre en négociations directes avec la banque sans en parler à leur administrateur-tracteur. D’autres, comme le gouverneur de la Guinée Equatoriale remet carrément en cause la légitimité même de la Côte d’Ivoire à parler à son nom au conseil de la BAD. Raisons évoquées: «la Guinée Equatoriale est aujourd’hui plus riche» que son mentor. Ce qui fait sourire les Ivoiriens, lui rappelant que la seule façon de mériter un siège permanent, c’est de répondre aux exigences d’éligibilité, basées sur les parts de chaque actionnaire. C’est dire que l’on n’est pas sorti de l’auberge. Le nouveau président du conseil, le Rwandais Claver Gatete, qui prendra ses fonctions début juillet, aura à gérer toutes ces susceptibilités. En plus bien sûr des questions fondamentales, notamment la transformation structurelle de l’Afrique pour cette croissance inclusive rêvée de la Banque africaine de développement. L’autre enjeu lancé à la clôture des travaux des assemblées annuelles de la BAD, la mise en place de la plateforme africaine de l’Initiative énergie durable pour tous, en partenariat avec les Nations unies et les gouvernements danois et américain. Cette initiative vise à répondre aux objectifs annoncés par le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. Il s’agit d’ici à 2030, de fournir un accès universel à une énergie moderne, de doubler le taux global d’amélioration de l’efficacité énergétique, et de doubler la part des énergies renouvelables dans les sources d’énergie mondiales. Pour cela, la BAD va prendre en charge la plateforme pour l’Afrique qui doit permettre «de mieux coordonner et de faciliter la mise en œuvre de l’Initiative énergie durable pour tous en Afrique. Il s’agit d’une structure légère», a précisé lors de la réunion, Daniel Schroth, coordinateur de la plateforme pour la BAD. Rendez-vous est pris pour les 49e assemblées annuelles de la BAD, en mai 2014 à Kigali, au Rwanda.

Chapeau Baraka!

La cérémonie, organisée par le magazine African Banker et le groupe de presse IC Publications, a vu l’attribution de plus d’une vingtaine de prix au total dont celui de meilleur ministre des Finances de l’année à Nizar Baraka, celui de banque la plus innovante attribué à Ecobank Transnational du Togo. Le prix de la meilleure banque de détails a été attribué à la Banque Centrale Populaire du Maroc, ou encore le prix de la meilleure initiative financière islamique reçu par la Gulf African Bank du Kenya. Le prix du meilleur gouverneur de Banque centrale a été remis au Nigérian Sanusi Lamido, tandis que le meilleur banquier africain de l’année 2013 a été décerné au patron de l’Access Bank du Nigeria, Aigboje Aig-Imoukhuede. La cérémonie, ponctuée dans les jardins de l’hôtel Taj Palace Marrakech par un défilé de mode d’une trentaine de mannequins et de concerts, s’est terminée par une performance musicale de l’artiste Youssou N’Dour, ministre de la Culture du Sénégal.

IL. B. & B. T.

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