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Entreprises

Mutandis: «La Bourse oui, mais pas pour 2013»

Par L'Economiste | Edition N°:3993 Le 21/03/2013 | Partager

Adil Douiri, fondateur de Mutandis: «A terme, nos différentes activités devront se développer dans la région. Nous exportons déjà près du tiers de notre chiffre d’affaires consolidé et comptons accroître de façon volontariste nos exportations»

C’est un sans faute pour Mutandis, la société d’investissement fondée par l’ancien ministre du Tourisme Adil Douiri. Près de 5 ans de sa création, Mutandis a acquis 8 sociétés, pour une enveloppe globale de 1,1 milliard de DH. L’entreprise, dont le chiffre d’affaires avoisine 1,6 milliard de DH, mise sur les produits de grande consommation. Un segment porteur et peu risqué. Prochaine étape, l’introduction en Bourse. Mais l’entreprise préfère encore attendre, ça ne sera pas pour 2013.

- L’Economiste: Près de 5 ans du lancement de Mutandis, quel bilan en faites-vous?
- Adil Douiri: Mutandis est un projet à caractère industriel, lancé en avril 2008. C’est un projet dont le capital est ouvert à tous. Mutandis n’appartient à personne, elle appartient à tous ceux qui le souhaitent. Nous avons déjà 64 actionnaires et nous faisons des appels publics à l’épargne. Nous nous finançons par émission de billets de trésorerie, mais nous prévoyons d’aller à la Bourse de Casablanca, pour viser 5.000 à 10.000 actionnaires, dès que possible. Notre objectif est de créer un groupe spécialisé dans les produits de grande consommation, dans la mesure où il est évident pour tous que la consommation des ménages marocains est appelée à progresser régulièrement et durablement sur le long terme. Mutandis préfère l’industrie à la distribution quand c’est possible. Nous essayons de produire nous-mêmes des produits de grande consommation et de développer des marques qui nous appartiennent. Cependant, ce n’est pas possible pour tous les produits, c’est le cas pour l’automobile.

- Que pèse Mutandis aujourd’hui?
- Mutandis est aujourd’hui présente dans les biens de consommation non durables, dont les familles principales sont l’hygiène et l’industrie alimentaire. Mutandis est également présente dans les biens de consommation durables, via la décoration d’intérieur (équipements de maison) ainsi que l’automobile. Ces quatre familles de produits s’adressent à une large partie des ménages. Le chiffre d’affaires consolidé de l’ensemble est proche de 1,6 milliard de DH, pour près de 3.600 collaborateurs.

- Combien d’acquisitions avez-vous opéré jusque-là?
- Nous avons acquis 8 sociétés depuis avril 2008, de tailles très inégales, des toutes petites dans l’artisanat ou des grandes sociétés dans l’alimentaire. Le total de ces acquisitions a représenté, y compris les augmentations de capital que nous apportons à ces entreprises pour les développer, à peu près 1,1 milliard de DH.

- Quels sont les secteurs les plus porteurs actuellement?
- A priori, dans les phases de ralentissement économiques et de déséquilibre grave de la balance des paiements, comme celle dans laquelle est entré le Maroc, les moins risqués sont les biens de consommation non durables (hygiène et alimentaire). Les plus risqués sont les biens de consommation non indispensables, à caractère durable comme l’automobile et les équipements ménagers. Mais tout le monde souffrira de l’assèchement des liquidités dans l’économie, dû au déséquilibre de la balance des paiements, ainsi que de la hausse du coût de l’argent qui en résulte.

- Avez-vous déjà réalisé des investissements à l’international?
- Non, pas encore. Mutandis est un groupe industriel jeune qui doit d’abord se construire une belle base solide sur son marché domestique, le Maroc. D’autant plus que nous parlons industrie et développement de marques marocaines. Mais à terme, nos différentes activités devront se développer dans la région. Nous exportons déjà près du tiers de notre chiffre d’affaires consolidé et comptons accroître de façon volontariste nos exportations. A ce sujet, bravo pour l’initiative gouvernementale de signer des contrats de croissance à l’export avec les entreprises marocaines qui le souhaitent.

- Quels sont les critères retenus dans les acquisitions?  
- Nous cherchons à acheter toujours la majorité du capital, et possiblement, 100% du capital d’entreprises que les propriétaires souhaitent vendre et qui sont dans les produits de grande consommation. L’entreprise doit être pérenne, viable, et pour l’acheter, nous devons y voir un potentiel d’amélioration, de développement, de croissance. Idéalement, elle doit s’insérer harmonieusement dans l’ensemble qui existe aujourd’hui. La mission de Mutandis est de transformer les entreprises qu’elle achète, d’où d’ailleurs le nom Mutandis, de les améliorer, de leur donner une ambition et une feuille de route pour l’avenir.

- Votre politique pour le moment est de ne pas céder vos acquisitions. Mais est-ce prévu à terme?
- Non, aucune cession n’est prévue à terme. Mutandis est un groupe industriel qui développe des activités de production et de distribution de produits de grande consommation. Il ne céderait une partie de ses activités que s’il était contraint de le faire.

- Où en êtes-vous pour le pôle artisanat? Est-ce que le concept Fenyadi a pu percer à l’international?
- Ce n’est qu’en 2013 que Fenyadi a entamé un démarchage structuré à l’export, notamment vers l’Europe de l’Ouest (notre premier marché touristique) et vers le Moyen-Orient. J’espère que cela donnera ses fruits.

- Vous aviez annoncé votre introduction en Bourse pour 2013. Est-ce toujours maintenu?
- Nous ne sommes pas prêts cette année. Certaines de nos activités ont encore besoin de mûrir un peu. Mais croyez-moi, je suis le plus impatient d’entre tous pour l’introduction en Bourse. Pour grandir, Mutandis a besoin de la Bourse et des épargnants. Nos 64 actionnaires ont déjà investi tout ce qu’ils pouvaient investir!
- Comment s’est soldée 2012 et quelles sont vos prévisions pour 2013?
- 2012 a été meilleure que 2011, car nous avions subi une cascade d’évènements défavorables dans nos différentes activités en 2011. L’année passée a constitué pour nous un retour à la normale, ainsi que la matérialisation des premiers résultats des stratégies de croissance des premières acquisitions. Pour 2013, nous nous attendons à une légère progression du chiffre d’affaires, entre 5 et 10%, à périmètre constant, c’est-à-dire en l’absence d’acquisitions.

Pas d’actionnaire majoritaire!

Mutandis compte actuellement 64 actionnaires. «Il n’y a pas d’actionnaire majoritaire, ni de pacte d’associés», précise Adil Douiri. Le pourcentage le plus élevé est de 11,5%, détenu par Douiri lui-même. Le capital de la société d’investissement est flottant. Ses actions sont gérées par Maroclear, avec l’appui de la banque d’affaires CFG, en attendant l’introduction en Bourse. L’actionnariat est composé à la fois d’institutionnels marocains, de personnes physiques marocaines et de fonds d’investissement étrangers. Les étrangers représentent collectivement 12,1% du capital.
Propos recueillis par Ahlam NAZIH

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