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    Economie

    Congrès mondial des journaux
    Ce monde arabe qui pose tant de problèmes!
    De notre envoyée spéciale à Istanbul, Nadia SALAH

    Par L'Economiste | Edition N°:1780 Le 01/06/2004 | Partager

    . Comme pour d’autres pays, Washington continue d’entretenir les tendances extrémistes. Offre d’ordinateurs, d’argent et contrats publicitaires pour mettre la presse locale au pas Quel choc! Ce patron de presse irakien décrit ce qui se passe vraiment sous l’occupation américaine et britannique et, par certains côtés, deux au moins, c’est ce que fait ou ce qu’a fait au Maroc l’ambassade américaine. Quel choc!Réunis à Istanbul, du 30 mai au 2 juin, pour le 57e congrès annuel de la presse (les entreprises) et le 11e Forum des éditeurs (les rédacteurs en chef), les participants ont deux rencontres spécifiques consacrées aux médias arabes, dont une dimanche, dédiée à la liberté de la presse dans le monde arabe. La WAN, World Association of Newspapers, est la plus grande association professionnelle de la presse avec 18.000 membres dans le monde. Jusqu’à l’année dernière, il n’y avait qu’un seul membre arabe, L’Economiste du Maroc, lequel vient d’ailleurs d’être élu comme membre du Board mondial. Cette année, plusieurs groupes de presse arabes ont rejoint la WAN, mais il n’y a toujours qu’un seul Maghrébin. Les nouveaux entrants sont du Machrek et de la péninsule arabique.Naturellement, la situation en Irak, en Palestine et en Afghanistan retient toutes les attentions, des médias arabes certes mais pas seulement. Ce dimanche matin, premier jour du Congrès, il n’y avait pas assez de chaises pour faire asseoir tous les patrons de presse et les rédacteurs en chef intéressés par la liberté de la presse dans le monde arabe.Et voilà comment le choc s’est produit. C’est un patron de presse irakien qui crée le choc: ce qu’il raconte du comportement des Américains en Irak s’est déjà produit ou continue de se produire au Maroc. Saâd Albazzaz est le fondateur d’un groupe de presse, Azzaman Press, qui édite entre autres un quotidien très populaire, Azaman. Il avait fui vers Londres en 1991 et est revenu en 2003, pensant qu’une nouvelle ère avait commencé. En fait, ce qu’il a découvert sur place est tout autre chose. «Au début, les Irakiens n’aimaient pas beaucoup les Américains, mais c’était mieux que Saddam, espérait-on». En réalité, explique Albazzaz, les occupants ont lié des partenariats avec les groupuscules les plus fanatiques. Cette politique explique au passage les étranges volte-face qui entourent le traitement de la «rébellion» de Moktada Sadr: Il faisait partie des groupuscules soutenus par les Américains, peut-être en fera-t-il à nouveau partie. Le jeu américain avec les groupuscules extrémistes va très loin dans la transformation de la société irakienne: Albazzaz raconte que dans son édition de Bassora, il est devenu interdit de publier la photo d’une femme autrement qu’ensevelie sous le tchador à l’iranienne, alors que les vêtements civils sont la norme depuis 1932, rappelle l’Irakien. Si le journal contrevient à l’interdiction, une milice armée vient prendre trois journalistes en otage pour que les autres n’oublient pas d’obéir aux lois qu’ils ont édictées avec la bénédiction des occupants.Le choc pour une oreille marocaine c’est que dans les années 90, l’ambassade et les services de presse américains exerçaient de très fortes pressions sur les rédactions pour qu’elles fassent la promotion de Cheikh Yassine. L’auteur de ces lignes peut témoigner de ces pressions. Les attentats du 11 septembre, à moins que ce ne fut le refus obstiné d’obéir, les ont fait disparaître. En Irak, les nouveaux maîtres vont plus loin. Pour promouvoir la liberté de la presse, ils ont apporté ordinateurs, argent et contrats publicitaires. Ils n’ont pas distribué au hasard ces aides. Elles sont allées à la pire des publications, un journal régional qui faisait et fait industrie de chantage et d’insultes, s’indigne Albazzaz. Un schéma qui n’est pas inconnu au Maroc...Pour les patrons de la presse européenne et une partie des Américains présents dans la salle, ce n’est pas une surprise. Ce n’est que la logique des choses. Quant au parallèle avec des faits qui se sont produits au Maroc (qui n’ont pas été racontés en public) les commentaires privés de ces observateurs sont simples: le pouvoir marocain joue avec le feu quand il se fait le promoteur d’une «fausse presse» (le terme existe tel quel) et ouvre le champ à toutes sortes d’abus.Dans ces jeux démoralisants, un autre motif de doute: le comportement d’ONG. Certaines d’entre elles ont besoin de fonds pour continuer leur tâche. Or, aujourd’hui, pas besoin d’être un génie pour voir que les fonds les plus importants sont en billets verts... et beaucoup d’entre ces ONG sont prêtes à sacrifier bien des principes pour être du voyage irakien ou d’un autre voyage... Déjà, ne voilà-t-il pas qu’une ONG de Londres, avec des vues très précises sur le monde arabe, s’est empressée de répandre l’idée que «ce Albazzaz, c’est un payé». Restait juste à dire par qui pouvait-il bien être «payé»... Mais là, pas de réponse, naturellement. - Dans ces jeux démoralisants, un autre motif de doute: le comportement d’ONG. Certaines d’entre elles ont besoin de fonds pour continuer leur tâche. Or, aujourd’hui, pas besoin d’être un génie pour voir que les fonds les plus importants sont en billets verts...-

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