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Economie

Carte sanitaire du Maroc
Seulement un médecin pour 1.845 habitants!

Par L'Economiste | Edition N°:1922 Le 22/12/2004 | Partager

. Le Royaume loin derrière l’Algérie qui en compte 1/900. La plus grande concentration de médecins autour de l’axe Casa-Rabat. A peine 450 médecins formés par an pour un besoin de 1.860Saviez-vous que le nombre de médecins par habitant est un critère de mesure de développement? Et à ce niveau, le Maroc est plutôt mal loti. A fin 2003, le Royaume ne comptait que 16.297 médecins, soit un médecin pour 1.845 habitants. Sachant qu’au-delà de 1/1.000, selon les standards, on fait partie des derniers de la classe. A titre indicatif, le Maroc se situe bien loin de sa voisine l’Algérie, qui compte un médecin pour 900 habitants et encore plus loin de la France, qui, elle, s’établit à 1/500.Et chez nous, le nombre total de médecins à fin 2003, bien qu’il soit en constante augmentation, est loin d’être satisfaisant. En effet, en 2002, celui-ci était de l’ordre de 13.955 (privés et publics confondus) contre 12.955 en 2001. Soit mille médecins de plus en un an. Toute petite augmentation qui aurait pu être plus importante, si entre 1980 et 2000, le pays avait fourni un effort plus soutenu en matière d’encadrement médical. Un paradoxe tout de même à cette époque: selon les statistiques du ministère de la Santé, la variation annuelle du nombre de médecins a été particulièrement importante durant les années 80 avec une variation moyenne annuelle de 22% (2.047 médecins) contre 11% pour les années 90 (6.503 personnes) et 8% pour les années 70 (1.114). Dans les dix dernières années, l’effectif médical a doublé (13.853 en 2000). Peut-être cela peut-il s’expliquer par l’aura conférée à cette profession. Mais quelles que soient les performances, elles restent médiocres au regard des normes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Devant ce déficit, le département de Biadillah tire la sonnette d’alarme. «Les ressources dont disposent le Maroc en matière de santé restent très insuffisantes par rapport à des économies similaires, notamment la Tunisie et l’Algérie», souligne Jilali Hazim, directeur de la Planification et des Ressources financières au ministère de la Santé. Et d’ajouter que «nous devons relever le défi de l’encadrement médical pour résorber le déficit actuel et accompagner la mise en place de l’AMO».Et de surcroît, la densité médicale a baissé passant de 49 médecins par 100.000 habitants en 2001 à 47 par 100.000 habitants en 2002, soit 1 médecin pour 2.123 habitants contre 2.038 en 2002. Pas de grands changements depuis 1990. A cette époque, la densité médicale au Maroc était estimée à 46 médecins pour 100.000 habitants contre 202 en Egypte, 166 en Jordanie, 84 en Algérie et 70 en Tunisie. Pour ce qui est des pays occidentaux, la densité médicale pour la même période se situait à 303 en France, 424 en Espagne, 164 Royaume-Uni et 279 aux Etats-Unis. Encore une fois, loin derrière tout le monde.Au niveau régional, ce n’est pas mieux. C’est le Grand Casablanca qui prend la tête avec un médecin pour 1.094 habitants. Il domine, dans l’ordre, les régions Rabat-Salé-Zemmour-Zaër (1/1.460), Oued Eddahab-Lagouira (1/1.459) et Laâyoune-Boujdour-Sakia Lhamra (1/1.444). Mais les régions les plus défavorisées demeurent l’axe Taza-Al Hoceïma-Taounate avec un médecin pour 4.372 habitants, Tadla-Azilal avec un pour 4.068, Doukkala-Abda avec un pour 3.732 et Souss-Massa-Drâa avec un pour 3.381 habitants. En tout cas, l’écart entre la première et la dernière région est considérable puisqu’il y a quasiment quatre fois plus de médecins par habitant dans le Grand Casablanca que dans la zone Taza-Al Hoceïma-Taounate. A noter qu’au niveau national, il y a un médecin pour 1.845 habitants.Côté répartition, sur les 16.297 médecins que compte le Maroc, 9.268 exercent dans le secteur public et les 7.039 restants relèvent du secteur privé. Sinon, de façon globale, les généralistes représentent 7.585 du corps médical dans son ensemble, la plupart d’entre eux exerçant dans le privé. Les spécialistes, quant à eux, sont au nombre de 6.009, dont près de la moitié est également dans le privé. Par région, en 2002, le Grand Casablanca accueillait le plus grand nombre de praticiens, soit 3.635 personnes (2.428 privés et 1.207 publics). En revanche, dans la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër, ce sont les médecins publics qui prédominent. Sur un total de 2.458 médecins, 1.508 oeuvrent dans le public.Les provinces du sud sont les plus mal loties. La région Oued Eddahab-Lagouira compte à peine 27 médecins, celle de Laâyoune-Boujdour-Sakia Lhamra 113 et l’axe Guelmim-Smara en compte 168. Ce sont essentiellement les médecins du secteur public qui sont installés là-bas. Enfin, la comparaison du nombre de généralistes et de spécialistes du secteur public montre d’assez notables distorsions. Ainsi, les généralistes sont-ils un peu moins nombreux que les spécialistes, soit 4.579 personnes (dont 3.019 exercent dans le réseau des soins de santé de base, 936 dans les milieux hospitaliers). Le nombre de spécialistes, quant à lui, s’élève à 4.689, dont 240 dans les soins de santé de base et 4.309 dans les milieux hospitaliers.Mais tous ces effectifs restent en deçà des besoins de la population marocaine en matière de santé. Le déficit est plus ressenti chez les médecins spécialistes. Il aurait par exemple fallu au moins un renfort de 1.600 spécialistes. Et parmi eux, 270 gynécologues et 200 chirurgiens. «Notre démographie médicale est actuellement en train de changer. Elle migre de plus en plus vers les spécialités, étant donné la multiplicité des affections dont souffrent les malades au Maroc», estime le directeur de la Planification et des Ressources financières.Du côté des généralistes, le déficit se chiffre à 260 médecins. Ce résultat a été atteint grâce à l’affectation de plusieurs médecins généralistes dans le monde rural ces dernières années, précise le responsable. Cependant, avec une formation assez lente (7 ans pour les généralistes et 13 ans pour les spécialistes), le déficit ne sera pas résorbé de sitôt, sachant que seulement 450 médecins sont formés par an.


Personnel paramédical

A fin 2003, le personnel paramédical s’établit à 26.282 personnes. Près de 13.631 personnes travaillent en milieu hospitalier, soit plus de 50% du nombre global. Le reste, soit 11.651 infirmiers, exercent dans le milieu rural, via le réseau de soins de santé de base (dispensaires, maisons d’accouchement, etc.). Sur le nombre global, 15.423 sont des infirmiers qualifiés et les 10.859 restants des infirmiers auxiliaires.Le déficit au niveau de ce segment a été résorbé suite à la réouverture des instituts de formation des paramédicaux. Actuellement, ces établissements forment en moyenne 1.500 infirmiers par an. Alors qu’avant, ils formaient seulement entre 500 et 700 personnes. «Cela bénéficiera à toutes les composantes du marché, que ce soit le public ou le privé», souligne Hazim.Nadia Dref

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