×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Marrakech: Démolition de bidonvilles

Par L'Economiste | Edition N°:1922 Le 22/12/2004 | Partager

. Les habitants ont été les premiers à commencer la destruction des baraques. Près de 1.500 ménages délogés et 8.000 autres le seront d’ici fin 2007. L’Erac leur offre un titre foncier, une aide financière et un plan Sans grand bruit, l’Erac Tensift-Haouz continue son programme de recasement des bidonvillois de la ville de Marrakech. Sans bruit car, pour une fois, les concernés ne rouspètent pas, y trouvant même leur intérêt. Douar Boubker, ce vendredi matin, un seul bulldozer et six ouvriers à peine vont s’attaquer à une centaine de baraques. “Nous n’avons pas vraiment besoin de main-d’œuvre”, explique Rachid Bellout, responsable à l’Erac Tensift, chargé de l’habitat insalubre. La population, très enthousiaste, s’y met volontairement. Il faut dire que les habitants préfèrent démolir eux-mêmes leur baraque pour récupérer quelques matériaux. Ils seront nécessaires à la construction des nouvelles demeures. Armé d’une pioche et aidé par amis et parents, Aziz, père de famille, s’active minutieusement. La porte en fer de sa baraque est encore réutilisable. Elle sera la porte de sa maison à Azzouzia où il sera recasé. Ce vendredi matin, Aziz était tout excité. C’est aujourd’hui qu’il récupère son titre foncier et un chèque de 20.000 DH à titre d’aide pour la construction de sa nouvelle demeure à Azzouzia.   En 18 mois, l’Erac a réussi à raser 18 douars dans le cadre du programme “ville sans bidonvilles”. Ceux de la région de Marrakech ne sont pas nombreux, mais éparpillés un peu partout dans la ville.  Ce ne sont pas non plus des bidonvilles classiques, mais des quartiers et maisons construites en dur. Les douars sont cachés au milieu des immeubles et des nouvelles résidences. “Il nous a fallu du doigté dans les négociations. Autre priorité, garantir des sites d’accueil pour le recasement”, explique Khatib El Habil, directeur de l’Erac Tensift. Les ménages recensés sont relogés et financièrement soutenus. L’établissement public leur offre en sus un plan d’architecture et un plan antisismique.Jusqu’à aujourd’hui, ce sont 18 bidonvilles qui ont été rasés. Ils étaient occupés par 1.830 ménages. Cependant, il reste encore 6.000 ménages à recaser pour atteindre l’objectif de “ville sans bidonvilles” fixé à l’horizon 2007. Dans le programme de l’Erac de Marrakech, deux types de recasement. La première option est de raser totalement le douar en relogeant ses habitants. “Le bidonville ne doit pas dépasser les 100 ménages. S’ils sont plus, nous optons pour une restructuration du douar en le réhabilitant. C’est ce que nous avons fait dans des quartiers d’El Mhamid ou encore Chaouia”, indiquent les responsables de l’établissement. Une exception sera faite à cette règle pour le douar Azib Cheikh, derrière El Mhamid. Construit sur une terre fertile avec 750 ménages, c’était une ville clandestine. Il a fallu raser l’ensemble de ce douar pour les recaser dans le quartier Al Afaq à Saada.Il faut dire que le phénomène bidonvilles à Marrakech est récent. Certains sont plutôt des quartiers non réglementaires, formés de logements construits sans autorisation sur des terrains dépourvus d’infrastructures de base. Ils ont été créés clandestinement par des spéculateurs. Mais pour d’autres, plus ruraux, c’est la ville qui est venue vers eux.Le programme national de “ville sans bidonvilles” vise, à l’horizon 2010, la résorption de l’ensemble des bidonvilles en milieu urbain (1.000 au total) et concerne 21.232 ménages, répartis dans 70 villes dont 15 concentrent près de 70% de la population bidonvilloise (Casablanca, axe Rabat-Salé-Témara, Agadir…).Selon le ministère chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme (MHU), une première tranche de 68.290 ménages bénéficie des opérations de résorption des bidonvilles. Parmi eux, 7.600 ont déjà été recasés ou relogés. Les opérations en cours concernent donc près de 60.690 ménages. Le programme est subventionné par l’Etat et les opérations engagées font l’objet de conventions entre le MHU et ses organismes sous tutelle (Al Omrane et les Erac). Ce sont près de 700.000 ménages qui vivent dans des abris sommaires sur des terrains dépourvus d’infrastructures de base, communément appelés bidonvilles.


La bonne affaire

Cela ne s’est pas passé dans le calme pour un douar dans le quartier Masmoudia au Targa. Ses habitants, une cinquantaine au total, n’étaient pas prêts à quitter le quartier résidentiel qu’ils squattaient, pour aller ailleurs. Les négociations étaient rudes et l’Erac a dû leur affecter un lot économique dans les environs. Construites sur deux étages, rien ne différencie les maisons des ex-bidonvillois des villas du Targa où les terrains dépassent aujourd’hui les 2.000 DH le m2. De notre correspondante, Badra BERRISSOULE

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc