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Economie

« Nos titres ont plutôt bien résisté à la tendance baissière de la Bourse»
Noureddine Omary, PDG du Groupe Banques Populaires

Par L'Economiste | Edition N°:1881 Le 22/10/2004 | Partager

Le Groupe Banques Populaires a réussi par touches successives de réformes sa mutation. Une structure lourde et massive, mais agile, qui se déploie sur tous les marchés. La grande entreprise l’intéresse, mais ne délaisse pas sa mission de financement de la PME. Les résultats de la banque affichent un léger mieux par rapport au marché, ce qui ne justifie pas la baisse de son action. Le mouvement du titre BCP n’est pas singulier, c’est tout le marché qui décroche, explique Noureddine Omary, PDG du Groupe Banques Populaires, lors d’un entretien exclusif accordé à l’Economiste. - Qu’est-ce qui a changé dans les habitudes de votre banque après son introduction en Bourse?- Noureddine Omary: Nous nous informons sur le cours boursier de l’action quotidiennement! Il n’y a pas spécifiquement des changements après l’introduction, mais des améliorations de certains aspects de notre communication ou relations avec les nouveaux actionnaires. Pour le reste, l’essentiel a été fait avant l’introduction, qui est venue couronner nos efforts de développement. Nous nous sommes engagés depuis 2001 dans un processus de développement global du Groupe Banques Populaires, dont l’introduction en Bourse de la BCP, son entité centrale, n’est qu’un volet.- L’action BCP a retrouvé son cours d’introduction. Comment expliquer cette baisse?- Nos résultats semestriels ne justifient pas en tout cas cette situation. Le mouvement du titre BCP n’est pas singulier, c’est tout le marché qui décroche. D’ailleurs le titre a plutôt bien résisté à cette tendance baissière. Mais le fait que 16% des 20% introduits soient placés auprès des particuliers, lui confère une liquidité supérieure. Et confronte le titre à la saisonnalité de la vie des ménages.- Quelle appréciation faites-vous de vos résultats semestriels?- Nous avons tenu notre promesse vis-à-vis des actionnaires. Les résultats sont en phase avec le business plan établi pour la période 2003-2007. Les performances sont globalement meilleures que la moyenne du marché. Ces performances sont amenées à s’améliorer davantage. Les liquidités dégagées par les BPR sont placées essentiellement dans les activités de crédit auprès des entreprises. Tout en restant la banque de la PME, nous orientons nos excédents davantage vers la grande entreprise. Actuellement, 64% de nos engagements le sont auprès des entreprises. La BCP est dédiée aux activités de corporate et l’on estime que nous avons pu attirer et fidéliser beaucoup de grandes entreprises. C’est ce qui explique que notre quote-part dans le commerce extérieur est passée de 4% en 2000 à près de 17% aujourd’hui et que la part de marché des engagements par signature atteignent les 10%.- Est-ce que les conditions du marché permettent aujourd’hui de baisser les taux débiteurs?- Souvent les observateurs avancent que la surliquidité du marché permettrait aux banques de baisser davantage les taux débiteurs. C’est un raisonnement faux. La surliqudité a permis certes de baisser les taux directeurs, c’est important. Mais reste alors de savoir dans quelle mesure cette baisse pourrait entraîner celle des taux? Du moment que la communauté financière a l’impression que c’est conjoncturel, personne ne prendra le risque de réduire ses taux et de subir ainsi le coût du risque. Tout le monde projette une reprise des taux. Mais depuis deux ans que cette situation continue, les banques ont procédé aux réajustements justifiés. Les taux débiteurs ont en fait baissé de plus de 200 points de base, ce qui est substantiellement énorme. Pour notre cas, les taux des crédits à moyen et long terme pour l’entreprise sont les plus bas du marché. Et nous accordons davantage de conditions préférentielles à des entreprises avec lesquelles nous réalisons une rentabilité correcte ou des associations et fondations avec lesquelles le groupe a scellé des partenariats. Je crois qu’aucune banque ne résiste aujourd’hui à abaisser ses taux débiteurs si l’opportunité et les conditions de marché le permettent, surtout avec la forte concurrence sur le marché.- Qu’est-ce qui distingue votre action en direction des PME?- Le groupe est dès le début bien impliqué dans le financement de l’économie, notamment la PME. C’est une action qui est encadrée par des lois, qui exige de développer et régionaliser l’action en direction de la PME. Nous finançons pratiquement 60% du tissu des PME. Cette régionalisation de notre action à travers les BPR fait qu’il y a plus de proximité avec l’entreprise. Les ressources collectées localement par les BPR sont réinjectées localement. Nous avons doté les PBR d’une plus grande autonomie et de pouvoirs de décision. Le groupe organise en outre des journées économiques et sociales au niveau de ses 11 BPR pour communiquer sur l’offre des produits et facilités aux PME. Nous invitons les directeurs des CRI et les responsables de l’ANPME pour animer des ateliers au profit des entrepreneurs. Ces échanges sont intéressants et aboutissent à l’amélioration de notre action au profit des entreprises. Je pense qu’à travers l’organisation mise en place, les moyens et les compétences allouées aux BPR, le groupe a réussi sa mission de proximité. - Quels sont vos rapports avec les PME qui accusent les banques de ne pas les financer suffisamment ?- Le problème tel que soulevé par la Fédération des PME découle en fait de la morosité de l’environnement économique. Si nous étions dans une phase de croissance assez soutenue de l’économie, le problème ne se serait pas posé. Pour relancer la machine du financement de la PME, nous avons demandé à ces entreprises un dialogue franc et constructif. Depuis 4 mois déjà, les discussions sont en cours. Le GPBM et la Fédération des PME ont identifié des problèmes et proposé quelques pistes.- Quels sont globalement ces problèmes ?- En fait, il existe des blocages liés à la garantie, la tarification, la disponibilité, les délais de traitement et le formalisme appliqué par les banques… Pour ce dernier point, la Fédération veut un canevas de demande de crédit. Ceci me semble accessible à condition de disposer d’un minimum d’information sur la situation financière et la qualité de management de l’entreprise. - Les délais de traitement sont également cités à maintes reprises…- Concernant ce volet, il faut éviter que l’arbitraire ne s’installe dans le traitement des dossiers. Dans notre réseau, nous avons examiné toute la filière crédit. Nous avons formalisé les délais de traitement. Aussi bien le banquier que le client doivent connaître les procédures. Il faut savoir que les dossiers ne se traitent que par petites pièces. Mais très souvent, le client ne s’adresse pas à un consultant pour évaluer d’abord ses besoins et constituer un dossier complet. A défaut de cette démarche, les banques se mettent à jouer ce rôle d’encadrement de l’entreprise. Mais elles hésitent aussi à s’impliquer dans cette démarche coûteuse en terme de service rendu surtout dans le cas de non-aboutissement du dossier. -Ne faut-il pas déléguer de plus en plus ces procédures ?- Au niveau de notre banque, nous avons délégué des pouvoirs aux BPR (banques populaires régionales). Il y a quelques années, la BCP recevait environ 2200 dossiers par an. Aujourd’hui nous traitons au niveau central, 1.000 à 1.200 dossiers. Déléguer les pouvoirs aux BPR nous permet de mieux maîtriser les délais de paiement.


Résultats financiers: Un léger mieux que le marché

«Imaginez-vous nos résultats!« s'exclamait Noureddine Omary lors de l'entretien avec L'Economiste. Tous les indicateurs sont au vert. A fin juin 2004, le total bilan est à 99 milliards de DH, soit une hausse de 8,3% par rapport à la même période en 2003.Les dépôts de la clientèle atteignent 85 milliards de DH, en augmentation de 7,4%. La part de marché du groupe augmente de 0,3%. Les crédits à l'économie évoluent de 13,8% à 42 milliards de DH. Le portefeuille titres s'apprécie de 2%. Le PNB ressort quant à lui à 2,43 milliards de DH, gagnant 9,1% sur la période. Le résultat net s'est apprécié de 27,5% à 585 millions de DH.Globalement, les performances dépassent le marché. A fin août, si les ressources du marché évoluent de 8,2%, celles du Groupe Banques Populaires augmentent de 9,4%. Soit une part de marché de 30,5%, qui augmente de 0,54%. Les crédits évoluent de 17,8% pour une hausse de 8,1% au niveau du marché. La part de marché atteint 24,2%, soit un gain de 1,12%. L'évolution des activités de marché est de 2,7%. Les engagements hors bilan augmentent de 9,2% alors que le marché évolue de 1,4%.Propos recueillis par Bouchaïb EL YAFI

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