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Affaires

“Marrakech n’a pas les documents urbanistiques qu’elle mérite”
Entretien avec Abdelouahed Fikrat, directeur de l’Agence urbaine

Par L'Economiste | Edition N°:1938 Le 14/01/2005 | Partager

. Les plans d’aménagement de la ville, revus dès cette année. La lenteur de production des plans en fait des documents fragiles et irréalisables Pour le nouveau patron de l’agence, un plus grand effort doit être fourni, d’abord pour préserver le capital de la région et ensuite pour rééquilibrer le partage des richesses. La solution serait du côté des villes satellites à condition de leur donner une vocation. L’Economiste: Quel schéma pour une ville comme Marrakech en pleine expansion et qui connaît une explosion immobilière?- Abdelouahed Fikrat : C’est un peu plus complexe. Marrakech dispose d’un schéma directeur élaboré dans les années 1990. Celui-ci a donné lieu à plusieurs plans d’aménagement, par secteur et par zone qui ne sont pas tous homologués. Chaque plan, avancé ou pas du tout, a un degré de légitimité. La Ménara Guéliz est la zone qui pose le plus de problèmes. Mais globalement, la ville de Marrakech ne dispose pas encore des documents urbanistiques qu’elle mérite. Et c’est là tout le travail qui attend l’Agence urbaine. Il s’agit de reprendre la plupart des documents urbanistiques de la région, revoir ceux qui deviennent caducs et les réélaborer. D’autres sont à actualiser. Nous lançons les études cette année.Maintenant, il y a un autre facteur plus administratif tout aussi important cette fois. C’est le facteur temps au niveau de la production de ces documents. En effet, la lenteur dans le système de production de ces documents -parfois plusieurs années pour les plans d’aménagement- en fait des documents qui naissent fragiles et irréalisables.- Deux mois après votre nomination à la tête de l’Agence urbaine, avez-vous identifié un plan d’action?- C’est beaucoup trop tôt.  Il n’ y a pas plus de diagnostic que de mesures. Ce sont plutôt des constats. Marrakech est une ville qui évolue rapidement et de manière spectaculaire. Malheureusement, ce développement ne se fait pas sans problèmes. Il a besoin d’être mieux canalisé.Le deuxième constat est l’ombre involontaire que fait ce même développement à des zones limitrophes, dans la périphérie. Je cite en exemple, l’arrière-pays de Marrakech dans des régions comme le Haouz. En fait, le partage des richesses est déséquilibré. Notre travail sera de rechercher cet équilibre. Il faudra drainer des investissements immobiliers dans cet arrière- pays qui, finalement, est l’atout majeur de la région.Autre constat, les zones menacées, soit par la pression urbanistique ou encore le phénomène des spéculations comme la Palmeraie ou la médina. Il faudra identifier les facteurs de risques et les réduire au maximum.- L’on a l’impression que Marrakech devient une ville sans limite…- Justement, l’on a du mal à identifier les limites physiques de Marrakech. Si l’on pouvait limiter les contours de la ville avec un stylo rouge, sur un plan, bien sûr, ce serait idéal. La réalité aujourd’hui est que la ville s’étend avec une forte expansion. Il devient urgent d’en fixer les limites avec une sorte de ceinture verte ou même bétonnée (routes)… et aller au-delà. C’est-à-dire développer la “caractéristique ville” des centres limitrophes.- Vous voulez parler des villes satellites. Certains estiment que ce seront des villes ghettos?- Je ne pense pas. C’est une manière de voir qui stigmatise le projet. Il faut faire une différence entre quartiers dortoirs et villes satellites. Tel que c’est défini par le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme, ce sont des villes avec le maximum d’infrastructures, d’équipements (écoles, dispensaire, mosquée, maison de jeunes, terrain de sport...) et des zones d’activité. C’est-à-dire des villes où il y a des lieux d’habitation, de travail et de loisirs. Il y a des zones aptes à cela comme celle de Tamensort, où les travaux viennent d’être lancés. D’autres auront besoin d’un plus grand effort de la part des autorités et collectivités locales pour en faire de véritables villes satellites- Comment, justement, équilibrer et attirer les investisseurs immobiliers dans les zones limitrophes et les développer sur le plan économique? - C’est là ou l’Etat doit intervenir. Lorsque nous avons des îlots de richesses multiples sans aucune incidence économique sur les habitants, l’on doit se poser des questions. Le rôle de l’Etat est de donner des vocations à des zones ou régions.L’investisseur privé est opportuniste. Et c’est tout à fait normal. A nous de l’orienter vers d’autres régions porteuses de potentiel. Mais, à nous aussi de canaliser ce potentiel. Tamsloht, par exemple, dans la province du Haouz, mérite un véritable plan d’urbanisme. Cette région, à moins de 20 kilomètres de Marrakech, pourrait parfaitement illustrer le concept de ville satellite à vocation touristique et artisanale. - Revenons à Marrakech ville et particulièrement à la Ménara Guéliz. Une zone qui suscite beaucoup de débats d’ailleurs. Quel sera le choix:R+3 ou R+5 ?- Il n’y a pas de généralisation, c’est par zone et par secteur. Dans les arrondissements de la Ménara et Guéliz, il y a ce qu’on appelle des zones mutées. Ce sont généralement des zones villas où le plan d’aménagement a prévu des R+3 ou des R+5 selon plusieurs critères. Ce n’est pas accepté par tout le monde. Il y a deux courants contradictoires: ceux qui militent pour la préservation des zones villas et ceux qui estiment que la mutation en zone immeubles permettrait de répondre au besoin de croissance de la ville. Le plan de Ménara Guéliz, qui n’est pas encore homologué, sera parmi ceux que l’on va revoir sérieusement dès cette année. L’objectif est de garder l’harmonie de Marrakech. Car, finalement, c’est quoi le capital de Marrakech? La vue sur le Haut Atlas, sa médina et ses gens. Il ne faut pas que cela soit gâché par d’autres préoccupations. - Vous allez revoir aussi le système de dérogation?- L’Agence urbaine n’est qu’un partenaire parmi d’autres dans la commission ad doc qui autorise ces dérogations. C’est très difficile de faire un arbitrage entre l’application réglementaire et la flexibilité. Tous les partenaires de cette commission ont un seul souci: bien faire pour la ville. Mais jusqu’à quel point, peut-on aller?


 
Vocation non agricole

La vocation non agricole des terrains est une des procédures qui fait grincer les dents à Marrakech. C’est un dispositif mis en place au lendemain de l’indépendance pour récupérer les terrains agricoles des colons. La procédure devient un frein aux étrangers intéressés par des terrains agricoles, que ce soit pour des résidences ou pour des petits projets d’investissements. “C’est un dispositif appelé à être revu”, estime Fikrat qui tempère toutefois: “Certes, cela demande plus d’efforts administratifs. Beaucoup ne sont pas découragés par cette procédure supplémentaire”. Propos recueillis par Badra BERRISSOULE

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