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Affaires

«N'oublions pas que les extrémistes ont été endoctrinés dans les banlieues européennes«
Entretien avec Mehdi Qotbi, président du Cercle d'amitié franco-marocain

Par L'Economiste | Edition N°:1749 Le 16/04/2004 | Partager

«-Le 11 mars, nous sommes devenus tous des Madrilènes, comme nous fûmes tous des Casablancais ou des New-Yorkais-, a souligné Mehdi Qotbi au lendemain des attentats de Madrid«- L'Economiste: Après les événements du 16 mai et surtout ceux de Madrid, comment redresser et vendre l'image du Maroc à l'étranger? - Mehdi Qotbi: ll est un peu prématuré de parler de retombées négatives. Il  est vrai que les Européens ne retiennent que ce qui les touche immédiatement. Mais ils sauront faire la différence entre un peuple et un pays connu pour sa tolérance et une petite minorité extrémiste manipulée et endoctrinée. Le Maroc a condamné avec force les horribles attentats terroristes de Madrid d'autant plus que lui aussi a été touché de plein fouet par le terrorisme.Il faut dire haut et fort que cette haine est complètement étrangère à notre culture. Nous avons été élevés dans un esprit d'ouverture et d'acceptation des différences. Et puis, lorsque l'on regarde les choses de très près, ces jeunes extrémistes vivent tous en Occident où ils ont été endoctrinés. C'est dans les banlieues européennes qu'ils se sont nourris de ces discours de la haine. Il ne faut pas oublier que l'un des cerveaux des attentats de Madrid est arrivé en Espagne à l'âge de 7 ans. Le Maroc avait demandé son extradition, mais l'Espagne avait refusé. Il faut dire que les pays occidentaux ont aussi leur part de responsabilité dans ce qui vient de se produire. Il faut rappeler que le Maroc avait lancé un mandat d'arrêt international contre des présumés terroristes en Angleterre, Belgique et France. Cela n'a pas été suivi d'effet. Malheureusement, certains pays occidentaux, pas tous, croyaient se prémunir contre le terrorisme en fermant les yeux. L'endoctrinement de ces jeunes-là ne s'est pas fait au Maroc, il a bel et bien eu lieu dans les banlieues parisienne, bruxelloise et madrilène. Je crois que les Occidentaux doivent revoir leur position à l'égard des extrémistes. Il ne faut pas faire preuve de laxisme vis-à-vis de l'extrémisme d'où qu'il vienne.- Justement, dans le contexte actuel, loin de la culpabilité et de ce sentiment de honte, comment devrait se comporter la communauté marocaine à l'étranger? - Très sincèrement, je pense qu'il y a un travail de longue haleine à faire au niveau des médias.  Les amalgames ne sont jamais loin. A la télé, on parle de plus en plus de «filière marocaine» ou encore de terroristes «marocains». C'est vrai que ce n'est pas facile pour nous.  La quasi-majorité des Marocains, qui vivent en Europe et qui sont bien intégrés, sont la meilleure réponse. Notre diaspora a bien réussi. Pour preuve, ils sont écrivains, universitaires, avocats, politiques, artistes...  Il ne faut pas non plus que les Européens oublient que des milliers de Marocains sont morts pour eux et pour leur liberté durant la Seconde Guerre mondiale.Je ne cesse de répéter qu'il est du devoir de l'Europe d'accompagner et de soutenir les efforts extraordinaires qui ont été déployés au Maroc pour l'amélioration des conditions des plus démunis, de la condition de la femme pour qu'elle puisse recouvrer sa dignité. Quel est ce pays musulman ou arabe qui peut se targuer, au jour d'aujourd'hui, d'une telle avancée? Le Maroc est un exemple, et il ne faut pas que les actions injustifiables d'une minorité extrémiste puissent ternir l'image de notre pays. Il ne faut pas que ces actes horribles fassent oublier la réalité d'un pays qui avance. - Ceci dit, le risque d'amalgames reste posé?- Vous savez, le Maroc jouit d'un fort capital-sympathie à l'étranger. Pour preuve, récemment, de nombreuses personnalités françaises, des écrivains, de simples gens et des figures emblématiques de la société française se sont mobilisés pour venir en aide aux sinistrés d'El Hoceïma. Le Maroc a également cet avantage et cette particularité que ses ressortissants à l'étranger restent très attachés à leur pays d'origine. C'est un grand atout et une richesse pour notre pays. Et puis, nous avons des amis qui travaillent d'arrache-pied pour lutter contre les amalgames que certains seraient amenés à faire.  Maintenant, c'est aux médias, des deux côtés de la Méditerranée, de faire le reste. Côté européen, les médias parlent de plus en plus de «filière marocaine» au sein d'Al Qaida ou encore de Marocains-Afghans. Il faut garder à l'esprit que ce sont des Marocains qui ont grandi, vécu et subi un endoctrinement en Europe, que ce soit à Madrid, Paris ou Bruxelles. Si le Maroc les a vus grandir, l'Europe les a mûris et endoctrinés. C'est aussi l'erreur de l'Europe qui n'a pas pris le problème à bras-le-corps. Aussi faut-il souligner que certains pays comme l'Angleterre ont laissé très longtemps, par leur législation trop «démocratique», se développer des failles. La France avait demandé l'extradition de celui qui a été le financier des attentats de Paris, mais l'Angleterre avait refusé de l'extrader. De même pour les Zougam et Benaïche, des mandats d'arrêt ont été diffusés et l'Espagne en a été informée.Ceci étant, je pense surtout que les dirigeants et médias devraient contribuer et faire en sorte qu'il n'y ait pas de confusion. - Les autorités devraient aussi tirer des leçons de ce qui vient de se passer?- Tout d'abord, il faut dire que le terrorisme n'a pas d'excuses et plus de frontières. Ensuite, tirer un enseignement de l'apprentissage de la religion. Cette dernière a été utilisée et détournée à des fins politiques. On parle de plus en plus au nom d'un islam qui n'a rien à voir avec le terrorisme ou l'extrémisme. Lors des attentats d'Atlas Asni, Aït Idder, qui ne parlait même pas l'arabe avait déclaré qu'on lui avait dit que tuer des non-musulmans octroyait un visa pour le paradis!  - Quelles incidences peuvent avoir les événements en Irak et en Palestine dans les banlieues européennes? - Rien n'excuse ni ne justifie la mort d'innocents quelle que soit leur religion. Maintenant, des incompréhensions, et le mot est faible, peuvent avoir lieu. - Ces derniers temps, la presse française relaie beaucoup d'informations sur l'antisémitisme et le repli communautaire dans les banlieues... - Les gens confondent Juifs, Israéliens et politique de Sharon. Beaucoup de Juifs de France ne sont pas d'accord avec la politique de Sharon. Encore une fois, évitons les raccourcis et les amalgames qui empoisonnent le quotidien et jettent de l'huile sur le feu.


Ce Maroc que j'aime tant!

LE séisme qui a défiguré la ville d'El Hoceïma et sa région a été l'occasion pour le Cercle d'amitié euro-marocain de souligner via sa lettre “Ensemble” le formidable élan de solidarité qui s'est manifesté par tous ceux qui aiment le Maroc. Une vente aux enchères a eu lieu le 7 avril à Paris. Et les recettes ont été versées au profit des victimes du séisme. Ce Maroc à propos duquel Elisabeth Badinter a dit “sa fierté de le voir réformer le code de la famille” et sur lequel Bernard-Henry Lévy n'hésite pas à dire “ce Maroc que j'aime tant, auquel m'unissent tant de liens d'enfance, liens d'aujourd'hui, amis... intellectuels, écrivains, femmes en marche vers l'égalité, simples gens, si beaux, si nobles...” “C'est en pensant à ce Maroc-là que de grands écrivains français nous ont fait l'amitié inestimable de nous faire parvenir leurs manuscrits”, a souligné Mehdi Qotbi. Et d'ajouter que ce geste solidaire, tant d'autres l'ont eu, parmi lesquels certains créateurs: Yves Saint-Laurent, Jean-Louis Scherrer, John Galliano, Serge Lutens et tant d'autres. Pour Qotbi, ces gens-là sont tous animés par une pensée qui tire son sens du refus du nihilisme et de l'obscurantisme. “Le 11 mars, nous sommes devenus tous des Madrilènes, comme nous fûmes tous des Casablancais ou des New-Yorkais. Le terrorisme n'a ni frontières, ni nationalité. Son seul idéal, c'est celui de détruire la démocratie, cette préoccupation tellement terrestre. C'est donc le renforcement de la démocratie qu'il faut lui imposer”, a souligné le directeur de la publication Ensemble, dans son édition de ce mois d'avril.Propos recueillis par Mohamed BENABID & Amin RBOUB

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