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Entreprises

Liquidation Samir: Location des bacs: 100 millions de DH de perte par mois

Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5918 Le 04/01/2021 | Partager
Le projet gouvernemental critiqué au Parlement
Stock stratégique: Moins de 35 jours pour le gasoil
L’opposition: «L’Etat a accusé des pertes de 4,5 milliards de DH»

La location des bacs pétroliers de la Samir est-elle encore à l’ordre du jour? L’Etat en a fait la demande au tribunal de commerce de Casablanca en mai 2020. Ce projet avait nourri beaucoup d’espoir chez les 600 salariés de la raffinerie.

«La location des cuves allait assurer une entrée d’argent pour la compagnie et augmenter les réserves nationales de pétrole. Le retard accusé dans la concrétisation de ce projet coûte de l’argent. Les pertes sont estimées à 100 millions de DH par mois au titre des redevances de la location des bacs», selon le Front national pour le sauvetage de la raffinerie marocaine de pétrole. Son bureau exécutif exprime «son inquiétude et son mécontentement face aux atermoiements de l’exécutif.

La location des bacs aurait pu entre autres limiter les prix excessifs des hydrocarbures sur le marché national». La démarche gouvernementale devait profiter d’une fenêtre historique. La pandémie du Covid-19 avait paralysé significativement l’économie mondiale ayant engendré une baisse des cours du pétrole dès avril 2020. Soit un mois après la déclaration de l’état d’urgence sanitaire.

La location des bacs allait permettre au Royaume de s’approvisionner en hydrocarbures à bas prix. Par ailleurs, le débat sur les stocks de sécurité est lancinant. Ils sont légalement fixés à 60 jours. Ce qui équivaut à 1,2 million de m3 de stock stratégique: gasoil, essence, fuel...

Les interrogations sont d’autant plus persistantes que «le tribunal a validé la requête gouvernementale pour la location tout en écartant celles de plusieurs multinationales», précise Houssein El Yamani, coordinateur national de l’association qui plaide la cause de la Samir. Ce syndicaliste de la CDT est également l’un des contrôleurs de la liquidation judiciaire.

«Une libéralisation mal préparée»

Le ministre de l’Energie, Aziz Rabbah, a été interpellé au Parlement, mardi 22 décembre 2020, sur ce dossier. «Les réserves nationales sont de moins de 35 jours pour le gasoil. Le gouvernement s’est montré impuissant à gérer la politique pétrolière ainsi que le traitement de cette affaire économique, sociale...», accuse Mohamed El Hafed du Parti de l’Istiqlal. 

Ce parlementaire de l’opposition fait valoir «des pertes d’environ 4,5 milliards de DH» pour la Trésorerie générale du Royaume. En cause, le présumé retard enregistré dans la location des cuves  de la compagnie pétrolière. Les 4,5 milliards de DH ont été calculés par le Front «à partir des prix du pétrole étant passés de 20 à plus de 40 dollars», selon un document dont L’Economiste détient copie. Il a d’ailleurs servi à nourrir les questions orales adressées par le parlementaire Istiqlalien au ministre de l’Energie (Lire article).

A part la question des réserves nationales, la     responsabilité de certains distributeurs a été également soulevée  à la Chambre des représentants. Leurs adversaires, dont la Confédération démocratique du travail (CDT) et le parti de l’Istiqlal, les accusent «d’avoir combattu» le projet de la location des bacs. Trois sociétés dominent 64% du marché: Afriquia, Vivo Energy (Shell) et Total Maroc, selon un mémorandum remis début 2019 par la centrale syndicale au Conseil de la concurrence (Cf. L’Economiste n°5617 du 18 octobre 2019).

«Le gouvernement disposait de toutes ces données économiques sur les concurrents de la Samir. Il avait décidé pourtant de libéraliser les prix du carburant en décembre 2015 en sachant que (l’unique raffineur du Royaume) allait sortir de la course», relève le Front national pour le sauvetage de la raffinerie marocaine de pétrole. 

«Le gouvernement a mal préparé la libéralisation des prix des hydrocarbures», note le Conseil de la concurrence dans un avis rendu le 14 février 2019 sur demande de l’exécutif (voir ci-dessous). Le contexte national y était «défavorable» notamment à cause de «l’arrêt d’activité du raffineur Samir».

Stockage des produits pétroliers

  • 64% Part de la Samir dans l’approvisionnement du marché*
  • 47% Pour le stock national de gasoil
  • 60% Pour le stock national de fuel
  • 70% Pour le stock national de super
  • 80% Pour le stock national de jet  

(Source: Conseil de la concurrence - Avis du 14 février 2019 sur la réglementation des prix des carburants liquides)
* Répartition avant la liquidation judiciaire de la compagnie en mars 2016

                                                                        

L’arrêt du raffinage a profité aux concurrents...

Les distributeurs des hydrocarbures respectent-ils l’obligation légale des 60 jours?
«Leur capacité de stockage est de 1,4 million de m3. En réalité, le taux d’emplissage de leurs bacs ne dépasse pas les 40%. Les opérateurs opèrent à flux tendus», selon Houssein El Yamani, le secrétaire général du syndicat national du pétrole et du gaz affilié à la CDT.

L’Etat est-il au courant ou ferme-t-il les yeux? «Le ministère de l’Energie assure le suivi de l'approvisionnement régulier du marché national en produits pétroliers et en gaz naturel», précise-t-il sur son site officiel. Il a élaboré un projet de loi pour lancer le stockage indépendant des hydrocarbures. «Cette mesure démontre le courage politique du gouvernement», a plaidé Aziz Rabbah. L’Istiqlal a interrogé le ministre de l’Energie à ce sujet le 22 décembre 2020 au Parlement.  

Le projet de loi pour lancer le stockage indépendant des hydrocarbures vise à ouvrir le marché à la concurrence. Car la réglementation actuelle impose aux acteurs économiques d’avoir à la fois une activité en distribution et en stockage. Cette approche, qui conforte les gros opérateurs, «est une forte barrière à l’entrée au marché», selon le Conseil de la concurrence. Son avis du 14 février 2019 sur la réglementation des prix des carburants liquides constate aussi «un niveau de concentration élevé» dans le secteur. Trois sociétés détiennent 64% du marché: Afriquia, Vivo Energy (Shell) et Total Maroc.   

Le régulateur était clair: «Le gouvernement a mal préparé la libéralisation des prix des hydrocarbures» entrée en vigueur le 1er décembre 2015. Il cite deux raisons: «L’arrêt d’activité du raffineur Samir et l’absence de mesures d’accompagnement pour réguler la concurrence dans le marché des carburants liquides» (voir ci-dessus).

Or, la compagnie pétrolière en liquidation judiciaire «jouait un rôle essentiel au niveau des équilibres concurrentiels». Elle assurait environ 64% de l’approvisionnement des produits raffinés: gasoil, super et fuel.

«Le pays a été privé, d’un seul coup, de la moitié de ses capacités de stockage après la mise en arrêt du raffineur. Avec le risque majeur pour l’approvisionnement en cas de pénurie ou de tension sur le marché international ou national», relève l’autorité de la concurrence.
Le franc-parler de cette instance constitutionnelle lui a causé des ennuis (Cf. L’Economiste n°5815 du 3 août 2020). Va-t-on avoir le courage de rectifier le tir?

Faiçal FAQUIHI

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