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Economie

Textile turc: Le Maroc active son bouclier commercial

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5667 Le 02/01/2020 | Partager
Des droits d’importation additionnels définitifs de 27%
Le surplus de taxes consigné devient acquis au Trésor
Le nouveau tarif en vigueur depuis le 1er janvier
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Les importations réalisées dans le cadre de l’accord avec la Turquie continuent d’augmenter, enregistrant en 2018 une hausse de 14,7%, soit 2 milliards de DH de plus

Les vêtements d’origine turque coûtent désormais plus cher. En effet, les mesures de sauvegarde provisoires appliquées sur les importations de textile-habillement en provenance de Turquie sont devenues définitives depuis le 1er janvier. Il s’agit d’un droit additionnel ad valorem de 90% du tarif douanier qui leur était appliqué dans le cadre du droit commun jusqu’au 31 décembre 2021.

Le droit additionnel provisoire était de 22,5%, soit 90% du taux du droit d’importation de 25%. Ces taxes étaient payées par les importateurs en consignation. Ce qui signifie que si les mesures de sauvegarde venaient à être levées, ce surplus consigné devait leur être remboursé. Après la décision du gouvernement de pérenniser les mesures de sauvegarde, les droits consignés deviennent acquis au Trésor.

Ainsi, les produits de textile-habillement d’origine turque se verront appliquer un droit d’importation de 27% contre 0% il y a encore quelques mois comme prévu par l’accord de libre-échange entre le Maroc et la Turquie.

La loi de finances prévoit une hausse des droits d’importation à 30% à tous les produits qui étaient taxés à 25% au droit commun. L’administration des douanes vient d’actualiser la liste des produits concernés par le nouveau barème. Certains articles, selon leur destination, bénéficient d’un barème préférentiel (entre 2,25% et 15,75%). Il faut donc consulter la nomenclature douanière pour se renseigner sur le barème applicable.

Les exportations turques vers le Maroc sont dans la ligne de mire du ministère de l’Industrie et du Commerce. L’on se souvient d’ailleurs de Moulay Hafid Elalamy qui avait ordonné une enquête sur la politique d’approvisionnement de la chaîne de distribution turque Bim, sommé d’augmenter son sourcing local. Les textiliens n’ont pas tardé à monter au créneau pour demander des mesures de sauvegarde pour protéger leur industrie. Des droits additionnels ont été appliqués aux importations de vêtements de fabrication turque depuis septembre 2018 (circulaire n°5839/211 du 13/09/2018) de la douane.

Entre 2006 et 2018, les échanges commerciaux maroco-turcs sont passés de 6,6 milliards à 27 milliards de DH. La balance commerciale est déficitaire de 16 milliards en faveur de la Turquie. En 2018, les importations d’origine turque dans le cadre de l’accord de libre-échange ont atteint 72% de l’ensemble des importations, soit une hausse de 14,7% ou 2 milliards de DH.

Les exportations de textile-habillement d’origine turque vers le Maroc (vêtements confectionnés, articles de bonneterie, tissus et fils synthétique et de coton…) enregistrent une hausse régulière. Ainsi, en 2018, elles ont atteint 9,5 milliards de DH contre 9 milliards un an auparavant.

Cette augmentation s’explique en partie par l’extension du réseau commercial de Waikiki et DeFacto, sans oublier les approvisionnements des opérateurs locaux. Une grosse partie du sourcing de la contrebande se trouve également en Turquie et ce, bien avant l’accord de libre-échange.

Comment s’explique donc le succès des articles de textile confectionnés Made in Turkey? Sans verser dans les soupçons de dopage des exportations turques, l’on doit d’abord s’interroger sur la qualité de l’industrie textile nationale.

«C’est le parent pauvre du plan d’accélération industrielle. Le secteur ne bénéficie pas des mêmes mesures d’accompagnement que les industries automobile et aéronautique. Le Maroc reste dépendant de l’étranger pour l’achat des matières premières, qui représentent 65% du prix de revient. A l’inverse, la Turquie dispose d’un secteur du textile complètement intégré», précise un responsable de sourcing et de merchandising au sein d’une agence d’achat spécialisée dans le textile-habillement.

Ce dernier explique que les unités de textile sont maintenant obligées de tout importer depuis les boutons jusqu’aux fermetures éclair, en passant par le fil. «Pour les zips, par exemple, les industriels préfèrent s’approvisionner en Turquie ou en Chine car ils coûtent entre 0,20 et 0,30 DH au lieu de 1 DH environ sur le marché local. Et quand il s’agit de gros volumes, la différence est énorme. Le raisonnement est valable pour tous les intrants».

Les opérateurs sont obligés de se rabattre sur les stylistes étrangers qu’ils payent au prix fort pour concevoir des modèles conformes aux nouvelles tendances en Europe. Autant de carences qui font que l’industrie du textile locale est battue à plate couture par le bulldozer turc.

Une seule usine complètement intégrée

Il faut rappeler que plusieurs unités industrielles de textile ont fermé depuis quelques années. Les plus importantes, qui approvisionnaient le marché en coton, Icoz et Cotef. D’autres ont suivi. Les opérateurs préférant se tourner vers l’import. Par conséquent, il n’y a plus qu’une seule usine de textile intégrée: Charaftex, disposant d’unités de filature, de teinture, de sérigraphie, d’impression… L’usine continue d’investir dans le renouvellement des machines pour passer à l’impression en continu digital.

Hassan EL ARIF

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