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    Economie

    Politique monétaire
    Pourquoi la transmission à l'économie réelle est limitée

    Par Franck FAGNON | Edition N°:4824 Le 29/07/2016 | Partager
    BAM n'a pas de réelle prise sur le manque d'appétit des entreprises
    Entre la variation des taux d'intérêt et l'impact sur le PIB réel, il faut compter plus d'un an
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    Les taux d'intérêt appliqués aux crédits se sont détendus dans le sillage de la baisse du coût de refinancement des banques. Cependant, la compétition pour capter la demande solvable influencerait davantage les taux débiteurs

    A sa manière, Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib, joue la carte du "whatever it takes". En pleine tempête des dettes souveraines en Europe en 2012, ces mots de Mario Draghi pour sauver l'euro avait calmé les marchés. C'était aussi le point de départ d'une politique monétaire très accommodante pour relancer le crédit et l'inflation dans la zone euro. Avec ses armes et dans un contexte différent, Bank Al-Maghrib mène une politique similaire. Elle a baissé à trois reprises le taux directeur depuis 2014 et a dernièrement réinstauré la rémunération de la réserve monétaire pour encourager l'octroi de crédit. D'autres mesures non conventionnelles ont été également prises pour relancer la demande et la croissance. L'effet de tout cet arsenal est pour l'instant plus que limité. 

    La baisse du taux directeur ces deux dernières années s'est transmise aux taux débiteurs des banques. Mais il est difficile d'attribuer le recul à la seule manipulation du taux mère, surtout sur un marché relativement concentré. «Lorsque le système bancaire est en concurrence imparfaite, les variations du taux directeur ne pourraient pas être totalement répercutées par les banques commerciales», relèvent les chercheurs Hicham Bennouna et Kamal Lahlou de Bank Al-Maghrib et Anas Mossadak, de l'université Mohammed V de Rabat dans une étude sur la transmission de la politique monétaire au Maroc(1). Cependant, le degré de compétition entre les banques marocaines reste proche de la moyenne observée dans la région Mena.

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    L'impact des décisions de politique monétaire est plus accentué et les délais de transmission plus courts dans les économies avancées. La propagation est plus mitigée, voire très faible dans les pays émergents et en développement. Le Maroc se positionne à la frontière des deux groupes d'économies

    Aujourd'hui, la détente du coût de l'argent  tient en grande partie au renforcement de la concurrence entre les prêteurs face à la décélération du crédit. Ceci dit, même avec des taux bas et une liquidité abondante, le crédit ne va pas redémarrer tant que les entreprises ne retrouvent pas goût à l'investissement. Or, la banque centrale n'a pas de réelle prise sur ce facteur, notamment sur les délais de paiement qui minent l'environnement. Par ailleurs, le désendettement de certains grands groupes et l'accès restreint des TPME au crédit bancaire limitent l'efficacité des mesures de politique monétaire. Quoique les décisions de la banque centrale sont de nature à produire des effets à moyen et long terme. Selon les simulations, les chocs de politique monétaire influencent l'évolution de la croissance, de l'inflation, des crédits et des prix des actifs. «Une hausse du taux interbancaire a un impact négatif de 0,2% sur la croissance du PIB réel le cinquième trimestre qui suit le choc», concluent les chercheurs. En revanche, les effets sont immédiats sur l'inflation. Elle enregistre une baisse comprise entre 0,1 et 0,2% les six premiers trimestres qui suivent le choc. Ils disparaissent totalement au bout du 12e trimestre, disent les experts. Pour les crédits et le cours des actions cotées, les effets sont plus marqués. Globalement, les effets et les délais de transmission de la politique monétaire varient en fonction de l'environnement et du niveau de développement du pays. Au niveau des économies avancées, l'impact est plus accentué et les délais de transmission au PIB et à l'inflation sont plus courts. La propagation est plus mitigée, voire très faible dans les pays émergents et en développement. «Le Maroc se positionne à la frontière des deux groupes d'économies», relèvent les auteurs de l'étude. 
    Le niveau de développement n'assure pas forcément une meilleure efficacité et une transmission plus rapide de la politique monétaire. Malgré les efforts de la BCE, la croissance ne redémarre pas réellement en Europe. En outre, la politique monétaire, à elle seule, ne peut pas résoudre tous les maux de l'économie. 

    (1) Les conclusions de l'analyse reflètent les avis des auteurs et non pas celui de Bank Al Maghrib

     

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