Economie

Céréales: La campagne suspendue à la pluie

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5127 Le 16/10/2017 | Partager
Le ministère reporte le lancement officiel des labours
Le doute s’installe chez de nombreux agriculteurs
En attendant, les intrants ne font pas défaut
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Une bonne campagne, une moyenne  et une saison absolument médiocre. Le cycle s’est imposé comme un cercle vicieux que la stratégie agricole n’a pas brisé en dépit du niveau des rendements qui s’inscrit en hausse

Prévu initialement pour ce lundi 16 octobre, le lancement officiel de la campagne agricole est reporté sine die. La manifestation qui devait être organisée dans la région de Fès-Meknès «est ainsi retardée  pour manque de visibilité quant à la pluviométrie qui se fait toujours attendre dans les principales zones de production céréalière», explique un professionnel.

Du coup, l’interprofession des activités céréalières s’interroge sur les mesures prises par la tutelle pour la prochaine campagne. Habituellement, le ministère  de l’Agriculture renseigne sur les  disponibilités des principaux intrants assorties des aides octroyées par l’Etat. C’est surtout les semences certifiées qui bénéficient de la subvention. Pour les engrais, il y a l’engagement de l’OCP qui garantit des prix compétitifs, notamment les fertilisants phosphatés.

La manifestation constitue également l’occasion pour le ministre de communiquer  sur les avancées du plan Maroc Vert, en particulier pour ce qui  est des filières des agrumes, des primeurs, de l’oléiculture et de l’élevage. Des filières qui représentent 80% de la production agricole. Or, jusqu’à présent, seules quelques données sommaires ont été publiées. Elles concernent principalement les céréales et l’olivier. 

Ce qui ne donne pas la visibilité requise, surtout pour les filières orientées export: agrumes, primeurs, cultures industrielles… Mais la perspective d’une année déficitaire en pluviométrie a déjà amené plusieurs institutions internationales et nationales à prédire une croissance en forte baisse par rapport à l’exercice qui touche à sa fin.

Pour le moment, il est prématuré de préjuger du déroulement de la campagne qui démarre et encore moins de ses résultats. Ce qui est sûr, c’est que les agriculteurs bien outillés n’attendent généralement pas la cérémonie officielle pour procéder aux travaux du sol. La plupart d’entre eux le font durant l’été. Il en est de même pour les agriculteurs opérant  dans les périmètres irrigués.  

A pareille époque de l’année dernière, le ministre de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, avait lancé la campagne agricole à partir des Doukkala, ce grenier du Maroc qui performe désormais  dans les cultures industrielles, l’élevage et les céréales. Les mesures annoncées se résumaient en un programme de mise en vente  d’environ 8  millions de quintaux de semences certifiées assortis d’une subvention de 330 millions de DH. Le volume des engrais était estimé à  500.000 tonnes à des prix jugés compétitifs.

Les autres annonces concernaient la poursuite de l’extension de l’assurance agricole multirisque qui a porté, la campagne passée, sur 1,5 million  d’hectares. Au volet stratégique, le ministre s’était engagé à poursuivre le programme national d’irrigation localisée, en équipant  une novelle superficie de 50.000 ha  et en modernisant un réseau de 120.000 ha. Au total, ce programme porte sur l’équipement de 550.000 ha à l’horizon 2020 dont 60% ont été réalisés selon le ministère.

96 millions de quintaux, 4,5% de croissance

La bonne pluviométrie de la dernière campagne avait permis un rendement moyen des trois céréales de l’ordre de 17 quintaux à l’hectare. Un niveau, bien au-dessus  de la moyenne des deux dernières décennies.  Au total, la production céréalière des trois principales céréales (blé dur, blé tendre et orge) a atteint 96 millions de quintaux.
 Fait marquant, la récolte du blé tendre, qui constitue la céréale la plus consommée, affiche un niveau record: 49 millions de quintaux. Ce qui représente plus de la moitié de la production céréalière. Elle dépasse de plus de 60% la production d’une campagne moyenne et de 163% celle de la campagne précédente qui avait enregistré un volume  de 18,6 millions de quintaux. Ce qui explique l’impact sur la croissance économique qui devrait selon plusieurs sources s’établir à 4,5%.
Les productions de l’orge et du blé dur se situent également à des niveaux appréciables. La première s’établit à 25 millions de quintaux alors que la seconde s’élève à 22 millions.

 

 

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