Economie

Contrôle sanitaire: La taxe à l’import passe à la trappe

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5127 Le 16/10/2017 | Partager
A 50 DH la tonne, elle s’appliquait aux importations en admission temporaire
Les industriels s’étaient élevés contre ce surcoût
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La taxation des importations de produits alimentaires en admission temporaire était considérée comme «une aberration», d’autant qu’ils sont destinés à être réexportés  (Ph. L’Economiste)

La taxe à l’importation en admission temporaire, introduite par l’Onssa début janvier 2017 sur la base d’un arrêté ministériel, a été supprimée la semaine dernière. Le ministère de l’Agriculture vient d’accéder à la requête des opérateurs économiques qui importent des produits alimentaires en admission temporaire. Le montant de la taxe avait été fixé à 50 DH la tonne.

Ce qui représente un surcoût de 1.500 DH pour un camion de 30 tonnes. La taxe s’applique à tous les produits alimentaires, sanitaires ou phytosanitaires (poissons, blé, café, fruits et légumes, composants alimentaires…) soumis au contrôle de l’Onssa. Dans une première phase, seuls les produits destinés au marché local étaient concernés par la taxe, qui a été élargie aux importations en admission temporaire.

Une surcharge qui a suscité la colère des industriels concernés. «La taxation des importations représente pour nous un surcoût que nous sommes obligés de répercuter sur les donneurs d’ordre. Certains refusent toute hausse de prix. Mais cela grève notre compétitivité par rapport à certains pays qui sont plus proches de nos clients et qui pratiquent encore des niveaux de Smig autour de 200 euros», explique un industriel installé dans la zone franche de Tanger.

Depuis début 2017, les montants supportés au titre de la taxe se chiffrent en centaines de milliers de dirhams en fonction du volume d’affaires de chaque usine. Pour les grosses unités industrielles, la facture atteindrait des millions de dirhams. Il n’y a pas de mécanisme de récupération de la taxe à l’importation déjà acquittée malgré sa suppression. Contacté par L’Economiste au sujet de la taxe, l’Onssa n’a pas répondu à notre demande.

A la taxe s’ajoutent les frais d’analyse des produits alimentaires qui peuvent aller jusqu’à 2.000 DH et qui débouchent sur la délivrance d’un certificat sanitaire, indispensable pour réexporter et en cas de contrôle en territoire étranger. Des surcoûts qui ont poussé les industriels de différentes filières à monter au créneau pour réclamer la suppression de la taxe.

Outre la demande d’abrogation de la taxe à l’import, la Fédération des industries de transformation et de valorisation des produits de la pêche (Fénip) a saisi le ministre de l’Agriculture au sujet de la «lourdeur des procédures d’exportation» qu’elle juge pénalisante «en raison de la multiplicité des intervenants et des retards enregistrés dans le traitement des demandes».

Pour assouplir les procédures d’export, les professionnels suggèrent la création d’un guichet unique. Ils réclament également un siège au conseil d’administration de tous les organismes intervenant dans les exportations tels que l’Onssa, l’Etablissement autonome de coordination (Eacce), l’Office national des pêches ou encore l’Agence nationale pour le développement de l’aquaculture.

 

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