Analyse

Logement: Une cartographie de la demande

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4740 Le 30/03/2016 | Partager
Les besoins dépassent 1,5 million d’unités
Près de la moitié des ménages optent pour les appartements
Engouement pour le construit, moins pour les terrains
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Les données de l’enquête nationale montrent que l’essentiel de la demande en logement est concentré dans les grandes villes, marquées par une grande dynamique économique, comme Casablanca, Marrakech et Tanger

Bonne nouvelle pour les promoteurs immobiliers. Désormais, les professionnels vont disposer d’une visibilité globale sur la situation du marché, favorisant ainsi une meilleure orientation de leurs investissements. Le ministère de l’Habitat et de la Politique de la ville a dévoilé, hier à Rabat, les résultats de la 1re enquête nationale sur la demande en logement. La démarche est d’autant plus importante que «les données concernent la demande réelle et non pas le besoin exprimé par certains ménages, sans avoir les moyens d’accéder au logement», comme l’a précisé Nabil Benabdallah, ministre de tutelle.
Les résultats de cette enquête, qui a porté sur 55.000 ménages, montrent que la demande globale en habitat atteint plus de 1,5 million d’unités. Sur ce total, la demande immédiate, c’est-à-dire sur une année, porte sur plus de 1,2 million d’unités, contre 349.087 logements pour la demande future, soit sur une échéance de 5 ans. Les responsables du département de l’Habitat précisent que les ménages exprimant une demande immédiate sont ceux qui ont déjà entamé le processus de recherche d’un bien immobilier ou comptent s’y mettre dans quelques mois.
Les données communiquées par le département de Benabdallah confirment l’urbanisation galopante du pays. A l’horizon 2020, près de 65% de la population sera installée dans les villes. Une orientation appuyée par les résultats de cette enquête qui relèvent que 86,5% de la demande en logement est exprimée en milieu urbain (1,4 million d’unités), contre seulement 13,5% dans le monde rural. Au niveau régional, l’essentiel de la demande est concentré sur l’axe Kénitra-Marrakech. La première région reste Casablanca-Settat avec une demande de 478.312 unités, suivie de Marrakech-Safi, avec 254.084 logements. Les demandes les moins importantes sont enregistrées dans les trois régions du Sahara avec seulement 34.563 unités. Les mêmes tendances sont relevées dans la répartition de la demande par ville. C’est Casablanca qui arrive en tête avec une demande s’élevant à 309.921 unités. La métropole est suivie de Marrakech, en pleine expansion, avec 111.865 logements. Il s’agit d’espaces urbains marqués par une grande dynamique économique, à l’image de Tanger, dont l’attractivité a été renforcée avec le lancement de grands projets, notamment dans la zone franche. Les trois grandes villes du Sahara, à savoir Dakhla, Laâyoune et Guelmim, enregistrent quant à elles les taux les moins élevés, avec respectivement 10.721, 8.907 et 5.821 habitats.
Ces résultats montrent également la reconfiguration de la nature de la demande. Une grande partie des ménages sont à la recherche d’un logement (82,7%), avec un faible intérêt pour les lots de terrain. Sur ce point, Benabdallah a rappelé la difficulté de trouver le foncier adéquat, qui s’est traduit par un recul des auto-constructions. Cette tendance est moins confirmée dans le milieu rural, où la demande en lots de terrain avoisine les 35%. Par type d’habitat, les ménages optent de plus en plus pour les appartements, avec un taux de 45%. En face, les maisons marocaines modernes, en vogue durant les années 80 et 90, n’intéressent que 34% des familles. La demande portant sur les villas reste faible, avec seulement 1,3% des ménages sondés.
Selon les données de cette enquête, les Marocains sont de plus en plus intéressés par l’acquisition des biens immobiliers. 86,5% des ménages ont exprimé leur volonté d’acheter leur logement contre 13,3% qui optent pour la location. Leur demande porte essentiellement sur des habitats neufs, soit 63,9% des ménages, contre 27,1% qui sont à la recherche d’un logement ancien. Ces habitats sont destinés en grande partie à la résidence principale (92,1%), contre 4,1% pour les résidences secondaires. «Cela ne veut pas dire que les ménages ayant exprimé cette demande ne disposent pas actuellement d’un logement. Ils s’agit plutôt d’une volonté d’accéder à un habitat de meilleure qualité», a expliqué Benabdallah. Les données relatives aux caractéristiques de la demande en termes de superficie et de nombre de pièces permettront d’y voir plus clair.
Près de la moitié des ménages sondés ont manifesté une demande pour des appartements. Sur ce total, 60% d’entre eux sont à la recherche d’une superficie variant entre 50 et 80 m². La quasi-totalité (87,4%) a exprimé un besoin de 3 à 4 pièces, contre 10,2% pour 1 à 2 pièces. Pour les maisons marocaines modernes, la superficie recherchée par 75% des ménages varie entre 50 et 100 m². Là aussi, la majorité des familles (76,5%) opte pour 3 à 4 pièces, contre 14,9% pour plus de 5 pièces. La taille privilégiée par les personnes intéressées par des villas dépasse 150 m². Celles-ci doivent comporter plus de 5 pièces, selon les déclarations de près de 86% des personnes interrogées. Pour les lots de terrains viabilisés, la majorité des demandes portent sur des surfaces entre 50 et 150 m² pour la construction de maisons marocaines traditionnelles et plus de 150 m² pour la réalisation de villas.

L’école, critère décisif du choix du logement

Le choix d’un logement est souvent lié à la qualité des infrastructures et des services de base. Un constat confirmé par les résultats de cette enquête nationale. Plus de 60% des demandeurs en milieu urbain considèrent que l’existence d’établissements d’enseignement est une priorité. Les autres critères de choix du logement sont liés à la proximité des centres de santé (47%), des souks et commerces (45%) et du transport en commun (42%). Dans le monde rural, les mêmes tendances sont observées, sauf pour le transport en commun, considéré comme plus prioritaire par rapport à l’existence des commerces à proximité.

 

 

 

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