Analyse

Logement
Qui sont les futurs acquéreurs

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4740 Le 30/03/2016 | Partager
Le portrait-robot du profil type
La demande profite d’abord aux promoteurs publics
Des projections pour les futurs exodes ruraux
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Les statistiques sur les revenus des demandeurs expliquent l’attractivité pour les logements sociaux de moins de 250.000 DH. Une grande partie des ménages sondés ont déclaré avoir des revenus inférieurs à 4.000 DH

Ils sont majoritairement mariés, disposant d’un emploi et d’une moyenne d’âge de 43 ans. Tel est le profil des demandeurs de logement, selon l’enquête nationale, dont les résultats ont été dévoilés par le ministère de l’Habitat, hier à Rabat. En effet, 76,6% des personnes ayant exprimé leur volonté d’accéder à une nouvelle habitation sont mariées. Les célibataires ne constituent que 16% de la demande globale. Les détails de ces statistiques montrent que 64% des demandeurs sont âgés entre 35 et 66 ans aussi bien dans le milieu urbain que rural. L’accès au logement semble également lié à la situation professionnelle des demandeurs. Plus de 83% d’entre eux disposent d’un emploi. Les femmes au foyer et les chômeurs représentent respectivement 4,8% et 2,6% de la demande exprimée. L’état des lieux dressé par cette enquête traduit la faiblesse des moyens des demandeurs, et explique le choix porté sur l’habitat social. Au niveau national, 38% des demandeurs disposent d’un revenu mensuel inférieur à 4.000 DH et 21% ont moins de 2.000 DH. Seuls 6% ont déclaré avoir des ressources mensuelles dépassant 11.000 DH. Cette situation est plus marquée en milieu rural où 77% des ménages sondés ont un revenu inférieur à 4.000 DH.
Par ailleurs, la mobilité résidentielle reste faible, selon les résultats de cette enquête. Seuls 26% des ménages ont changé leur logement au cours des 10 dernières années. Cette dynamique est plus à l’œuvre dans les villes (35,2%) que dans les campagnes (8,4%). Et contrairement à une idée répandue, peu de Marocains changent leur région de résidence. «La mobilité résidentielle s’est faite dans la quasi-totalité des cas, soit 93%, au sein de la même région». Ces données traduisent aussi la poursuite de la tendance de l’exode rural. La pression sur les villes va s’accentuer davantage dans les prochaines années. En effet, 24% des demandeurs résidant en milieu rural ont déclaré vouloir acquérir ou louer un bien immobilier dans les villes. La dynamique inverse ne semble pas fonctionner, dans la mesure où la totalité des demandeurs citadins ont avancé qu’ils envisagent de rester en milieu urbain.
Quoi qu’il en soit, la principale motivation de changement de résidence est liée à une évolution du statut d’occupation. En clair: 27% des ménages concernés, en milieu urbain, sont guidés par la volonté de migrer de la location vers la propriété. Les raisons familiales sont à l’origine de la mobilité de 24% des familles sondées. Une autre catégorie, dont la part s’élève à 20%, est plutôt poussée par une insatisfaction du logement actuel. Néanmoins, les données publiées par le département de l’Habitat montrent que 73% des personnes sondées, en milieu urbain, affichent une grande satisfaction de leur résidence. Ce taux passe à 82% dans le monde rural.
Près de la moitié des demandeurs en milieu urbain (43%) ont manifesté leur préférence pour les grands promoteurs publics, contre seulement 21% pour les sociétés privées. Dans les campagnes, les opérateurs publics sont autant privilégiés (36%). Les groupes privés ne semblent intéresser que 11% des ménages, notamment à cause de la concurrence des promoteurs particuliers qui attirent 26% de la demande.

Faiblesse des moyens

La capacité financière reste décisive en matière d’accès au logement. Un constat confirmé par les données de cette enquête nationale, qui s’est également penchée sur les éléments empêchant l’acquisition d’habitation. En milieu urbain, près de la moitié des «non-demandeurs», soit 44%, expliquent leur incapacité d’accéder au logement par le manque de moyens. Ceci est particulièrement vrai dans des régions comme Draâ Tafilalet et Beni Mellal Khenifra. A cela s’ajoutent 6% des ménages qui pointent le coût élevé de l’immobilier. Mais il faut préciser que 42% des ménages, qui n’affichent pas une demande immédiate en logement, sont motivés par leur satisfaction de leur résidence actuelle. Les mêmes tendances sont observées dans le milieu rural.

 

 

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