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L’Osui modernise son réseau

Par L'Economiste | Edition N°:4220 Le 25/02/2014 | Partager

La Mission laïque française (Osui) a inauguré

Yves Aubin De La Messuzière, président de l’Osui: «Nous avons 9 établissements accueillant près de 7.500 élèves au Maroc. Ils sont tous soit en reconstruction, en réhabilitation ou en délocalisation»

la semaine dernière un nouveau site à Rabat pour son école primaire André Malraux. Un établissement dont la construction a coûté près de 40 millions de DH. L’ensemble du réseau français au Maroc est actuellement en mise à niveau. Son président, Yves Aubin De La Messuzière, revient sur son modèle, ainsi que sur ses projets de développement à l’international. 
- L’Economiste: Vous venez d’inaugurer un nouvel établissement à Rabat. Quels seront vos prochains projets de développement au Maroc?
- Yves Aubin De La Messuzière: Il ne s’agit pas à proprement parler d’une nouvelle école mais d’un nouveau site qui accueille l’école primaire du groupe scolaire André Malraux. Il est important de moderniser nos structures et d’augmenter les capacités d’accueil. Nous avons 9 établissements accueillant près de 7.500 élèves au Maroc. Ils sont tous, soit en reconstruction, soit en réhabilitation ou en délocalisation. Nous avons apprécié le geste du wali de Rabat de mettre à notre disposition le terrain. La construction du site a duré 7 mois seulement. Celui-ci abritera 900 élèves. Dans cette école, nous expérimentons depuis plus de deux ans l’apprentissage précoce des langues, dès la maternelle, pour que les élèves atteignent rapidement le trilinguisme. C’était une demande des parents.
Le réseau Osui a maintenant 15 ans. Au fur et à mesure, il a acquis une identité franco-marocaine. Notre système est homologué par le ministère de l’Education nationale, mais avec une adaptation nécessaire aux réalités locales.

- Avez-vous déjà expérimenté ailleurs le modèle intégré que vous vous apprêtiez à lancer à Bouskoura?
- Il était important de délocaliser le lycée Massignon ainsi que les autres établissements car il fallait élargir les capacités d’accueil. Là aussi, nous avons bénéficié de l’appui des autorités marocaines qui ont mis à notre disposition un terrain à Bouskoura pour le complexe qui pourra accueillir 1.000 élèves de plus. Nous sommes en train d’élaborer un business plan et nous avançons de manière déterminée. Nous avons le même modèle intégré au Liban. Mais, en général, nos établissements sont de taille moyenne, avec près de 700 élèves.  Je rappelle que nous ne sommes pas des missionnaires, nous répondons simplement à la demande des familles et des Etats.

- Vous gérez également des écoles d’entreprises…
- En effet, nous appuyons les écoles d’entreprises qui se trouvent sur des sites de production, une trentaine dans le monde. Elles appartiennent à de grandes entreprises comme Peugeot,

Quelque 7.163 élèves, dont près de 90% de Marocains, étaient scolarisés à l’Osui en 2012-2013, contre 196 en 1996, date d’implantation du réseau au Maroc. Le nombre d’enseignants détachés, lui, était de 147, contre 116 en 2007-2008. Leur nombre n’a pas augmenté autant que celui des enseignants locaux (384 l’an dernier contre 143 cinq ans auparavant)

Renault, Areva, Total, Michelin,… Nous intervenons là où il n’y a pas d’école de l’Agence de l’enseignement français à l’étranger (AEFE) ni de la Mission laïque française (MLF), dans une démarche d’accompagnement de la diplomatie économique. Cela fait au moins une quarantaine d’années que nous gérons ces écoles. Au Maroc, ce modèle n’existe pas car le réseau est suffisamment dense.

- Certains vous reprochent de pratiquer des tarifs trop chers par rapport à l’AEFE, alors que votre vocation n’est pas lucrative. Que répondez-vous à cela?
- L’Osui n’est pas aidée ni subventionnée par l’Etat, le réseau s’autofinance, alors que celui de l’AEFE reçoit des aides directes. C’est pour cela qu’il y a une différence sur les tarifs, qui n’est pas considérable. Elle est de l’ordre de 10% pour les Marocains. A l’AEFE, le coût par élève est pris en charge par l’Etat à plus de 2.000 euros. Nous sommes une association autonome, nous ne recevons pas d’aides sauf pour quelques établissements historiques comme au Liban, où il y a mise à disposition de personnel.

- Comment a évolué votre réseau dans le contexte du printemps arabe et de la crise économique?
- Il y a eu des fermetures liées à la situation sécuritaire à Alep en Syrie et à Tripoli en Libye. A Alep, beaucoup de nos élèves ont été transférés dans nos établissements au Liban. Nous avons aussi eu quelques problèmes en Egypte au début de la révolution. Après, nous avons pu reprendre normalement. La demande est toujours forte et nous rouvrirons en Libye. Ces établissements, nous y tenons. Celui d’Alep est historique il date de 1930. Il faudrait juste attendre que les choses se calment. La demande est importante même en Asie, et c’est peut-être là un axe de développement. En Afrique subsaharienne, un grand établissement ouvrira ses portes à Abidjan dans les années à venir. Nous avons aussi des projets au Sénégal.

Grève des profs détachés Le réseau fait des concessions

LES négociations entre les responsables de l’Osui et les profs détachés sont en cours depuis la grève du 16 janvier dernier. Les revendications des enseignants concernent notamment la révision du nouveau statut du personnel détaché, les conditions de travail et la rémunération de l’accompagnement des élèves (heures supplémentaires, baccalauréat blanc,...).  Depuis janvier, l’Osui a accordé une prime spécifique au personnel du premier degré et a promis de réviser d’ici la prochaine rentrée tous les textes régissant le personnel détaché au Maroc. Les autres dossiers sont toujours sur la table. «Globalement, les détachés veulent que tout ce qui est décidé en France soit appliqué à l’étranger. Or, ils oublient que nous sommes dans un système autofinancé et que nous ne pouvons répercuter les hausses immédiatement sur les parents», relève Jean-Christophe Deberre, DG de l’Osui. Mais il confie qu’il est tout à fait possible de satisfaire la majorité des demandes.

Propos recueillis par Ahlam NAZIH

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