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L'économiste, le premier quotidien économique au Maroc

vendredi 19 septembre 2014,
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Intelligence économique
Pourquoi le Maroc doit se mettre en selle
L’AMIE a présenté sa feuille de route hier
Des propositions pour rattraper le retard

   

D’ABORD ce postulat: personne ne peu taxer les membres de l’Association marocaine d’intelligence économique, l’AMIE, de méconnaître les réalités de terrain du pays, comme c’est souvent le cas des experts internationaux en es-intelligence économique (cf. L’Economiste du 24 juin 2013). Ses membres -Conseil d’orientation, Conseil scientifique et Conseil d’administration- se recrutent parmi les différents acteurs socio-professionnels et économiques du pays. Peut-être, pour cela, le sentiment qu’on a de la justesse de l’idée générale, contenue dans la «feuille de route pour une démarche nationale d’intelligence économique», est saisissant. En tout cas, la démarche de l’AMIE marque une vraie rupture avec la période où la seule production d’intelligence économique stratégique «reconnue» était le fait de cabinets internationaux. 
La rencontre avec la presse, hier à Casablanca, pour dévoiler les détails de la feuille de route de l’AMIE (cf. L’Economiste du 24 juin), a permis de passer au crible les 16 axes forts du livrable. Une sorte d’un puissant Pack à même de «créer un choc d’intelligence et de convergence», comme le résume le président de l’AMIE, Abdelmalek Alaoui, convaincu de la pertinence de la mission. Avec l’essentiel de ses camarades, têtes pensantes de l’association présents hier au débat, la conviction que l’intelligence économique a un rôle déterminant à jouer chez nous comme ailleurs est tirée de la confiance de ses membres. En tout cas, l’AMIE qui s’intéresse aux «faits porteurs d’avenir» affiche toute sa détermination à investir le terrain pour justement contribuer à asseoir une véritable culture de production d’intelligence économique, rentable et monnayable. Le but étant d’en faire, à l’instar d’autres pays, une «matrice structurelle» du développement économique du Royaume. Pour cela, il faut, in fine, une information fiable qui doit être l’émanation coordonnée des messages à véhiculer, parce que le pivot de la feuille de route de l’AMIE se résume à un seul message: l’accès à l’information. Pour cela, l’association prône une obligation de convergence de l’action publique, en termes de surveillance de l’information, qui passe par la nécessité de collecte. Une seconde nécessité: le traitement et la protection de l’information. Une sorte de coordination et d’analyse de cette information pour l’aide à la prise de décision aussi bien des acteurs publics que privés. S’y ajoute la nécessité de partage, préalablement enrichie, de l’information pour une bonne convergence des actions. A partir de là, intervient la nécessité d’agir (de traduire l’essai), pour justement ne pas tomber dans les travers des tonnes de production d’informations infructueuses. C’est à ce niveau que la mise en place d’une politique d’influence coordonnée, transcendant tous les clivages, notamment en matière de stratégie de conquête de marchés, tombe sous le sens.
Voilà fixé le cap de l’intelligence économique au Maroc. Reste aux décideurs et l’opinion publique de se saisir du débat lancé pour espérer faire apparaître l’intelligence économique du Maroc dans les radars internationaux.

Do you speak english?

C’EST malheureux (culturellement parlant), mais il faut se rendre à l’évidence. Justement, l’indépendance de l’AMIE lui confère le courage de dire les choses telles quelles: «Il faut parler et produire en anglais». Tout part d’un constat: «90% de l’information économique, scientifique, technique… et politique qui circule dans le monde est en anglais. Or, 90% de l’information adressée par la Maroc au monde se fait en français». Le Rwanda, petit pays francophone de l’Afrique de l’Est, est passé depuis 10 ans à l’anglais. Son président, Paul Kagamé, estime que l’anglais est la langue des affaires et du politique: «Donc il faut impérativement le parler pour s’accrocher au train mondial»

Bachir THIAM