Economie

Où va l’argent de la Banque mondiale

Par L'Economiste | Edition N°:4060 Le 25/06/2013 | Partager
2,5 milliards de dollars sur quatre ans
Un autre plan pour la période 2014-2017 bientôt négocié

Source: Banque Mondiale
Les trois quarts des interventions de l’institution internationale (15,53 milliards de dirhams) portent sur le financement des réformes. Les décaissements sont réalisés par tranche sur la base des critères de  performance

20,95 milliards de dirhams. C’est le montant des prêts et dons déboursés par la Banque mondiale entre 2010 et 2013 dans le Cadre du partenariat stratégique (CPS). Pas moins de 624 millions de dollars ont été débloqués par an, soit une moyenne de 5,24 milliards de DH. «Et ces financements sont promis à l’augmentation», annonce-t-on auprès de l’institution internationale. (Voir notre édition du jeudi 13 juin.www.leconomiste.com).
Une requête dans ce sens a été, en effet, introduite par le gouvernement marocain et à laquelle la Banque mondiale se dit favorable. Mais l’appui sera conditionné par l’accélération des réformes. En particulier, celles liées à la compensation, au climat des affaires et à la compétitivité de l’économie nationale. L’actuel Cadre de partenariat stratégique arrivant à expiration, des consultations avec l’administration, le secteur public et la société civile seront bientôt lancées. Car, les interventions financières de la Banque mondiale se font selon l’année fiscale qui démarre le 1er juillet et se termine le 30 juin. L’objectif est de mettre en place un nouveau programme de financement pour la période 2014-2017.
En attendant, comment sont utilisés ces financements? Ces derniers sont effectués selon trois instruments: les Prêts de politique de développement (PPD), les Projets d’investissement (PI) et les Prêts pour programme contre résultats (PPR). Ce dernier instrument est le seul à conditionner des crédits par la réalisation d’objectifs tracés selon des indicateurs précis. A titre d’exemple, la banque soumet l’octroi de ce type de prêts au nombre de filles rurales scolarisées ou encore aux foyers ayant accès à l’eau potable. Cet instrument a été utilisé pour la première fois au Maroc pour appuyer la seconde phase de l’Initiative nationale pour le développement humain via un prêt de 300 millions de dollars. L’essentiel des financements a été destiné à la politique de développement et aux projets d’investissement. Le premier instrument ayant bénéficié de 1,53 milliard de dollars alors que le second a été doté de 694,5 millions de DH.
A noter aussi que la Banque mondiale mobilise chaque année pour le Maroc des dons pour financer diverses activités telles des études, l’assistance technique, la formation et des voyages d’études. Pour ce qui est des opérations d’investissement, les prêts sont accordés à long terme (de 5 à 10 ans) et couvrent des activités et des services liés à l’appui de projets de développement économique et social. Ces crédits d’investissement concernent plusieurs secteurs allant de l’agriculture à l’urbanisme en passant par les infrastructures, l’enseignement et la santé. Sur les deux dernières décennies, les opérations d’investissement ont représenté en moyenne entre 75 et 80% du portefeuille de la Banque mondiale. Elles portent notamment sur l’acquisition des équipements, les travaux du génie civil, les services et les études techniques.
En revanche, le financement de la politique de développement est accordé sur le court terme (entre un et trois ans). Son déblocage est rapide pour permettre aux pays éligibles de réaliser des réformes institutionnelles. L’importance de l’enveloppe dédiée au Maroc (1,53 milliard de dollars) traduit l’ampleur des réformes engagées. Les financements servis dans ce cadre concernent l’amélioration du climat des affaires, le secteur financier, la justice, la bonne gouvernance et les politiques sociales. Ces financements s’inscrivent le plus souvent dans le cadre d’un programme de réformes initié par l’institution internationale. Le versement des fonds est soumis au respect des engagements pris par le pays bénéficiaire. Et c’est dans ce contexte qu’il faut replacer l’avertissement de la banque pour que le Maroc accélère ses réformes notamment la Compensation et les Caisses de retraite.


A.G.

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