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L'économiste, le premier quotidien économique au Maroc

mercredi 16 mai 2012,
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Crise économique
Les entreprises sont la solution de sortie
Analyse de Jean-Paul Betbèze, chef économiste du Crédit Agricole
La compétitivité des entreprises à améliorer

   

«Avant la crise, le monde avait 3 vitesses : 8% de croissance quand vous êtes un pays émergent, 4% pour les Américains et 2% pour les Européens. Aujourd’hui, nous évoluons sur un rythme de croissance de 4-2-0», constate d’emblée Jean-Paul Betbèze, chef économiste du groupe Crédit Agricole. Il animait une conférence organisée le 26 janvier par Crédit du Maroc sur la crise financière et ses répercussions sur le Maroc.
Avec une croissance molle en Europe (entre 0 et 3%), principal partenaire économique du Maroc, il est légitime de se demander si les prévisions de croissance du PIB annoncées par le gouvernement – 5,5% par an sur les quatre prochaines années – sont réalistes. Certes, l’économie nationale a résisté jusque-là grâce essentiellement à la demande intérieure. Cela marche sur le court terme, mais sur un horizon plus long, il faudra sans doute revoir la stratégie. «Globalement, une stratégie de croissance basée sur la demande interne pour un pays qui n’est pas compétitif ne sera jamais durable», soutient Betbèze.

«Nous avons du gras public

parce qu’il y a un manque

de dynamisme dans le privé»

L’équipe gouvernementale est donc interpellée sur la question de la compétitivité des entreprises à un moment où le déficit commercial dépasse 166 milliards de DH (fin novembre). Un niveau jamais atteint par le passé et qui absorbe à la fois les recettes de voyages, les transferts des MRE et les investissements directs étrangers. Au déficit commercial, s’ajoute le déficit public qui cumule plus de 42 milliards de DH soit plus de 5% du PIB. Un niveau tout aussi inacceptable que celui de la balance commerciale! Tout l’enjeu aujourd’hui est de ramener ces déficits à des niveaux acceptables, voire les gommer. Le chef économiste du Crédit Agricole a sa recette: «la diète au niveau des dépenses et la gymnastique dans le secteur privé». En clair, il faut toucher aux impôts, couper dans les dépenses et dynamiser le secteur privé. Au niveau des dépenses publiques, l’idée est de faire aussi bien mais moins cher pour réduire leur poids. «La compétitivité, c’est aussi une compétitivité publique», souligne l’expert. Sur les impôts par exemple, et particulièrement dans le cas marocain, les opérateurs attendent plus une baisse de la pression fiscale.
Globalement, «nous avons du gras public parce qu’il y a un manque de dynamisme dans le privé». L’on en revient à la compétitivité des entreprises. «Elle est encore plus importante dans les pays émergents parce qu’ils vont s’ouvrir à la concurrence internationale et leurs PME naissantes peuvent être bouffées par ce système», souligne Betbèze. Il revient donc de favoriser «la mise en œuvre de croissance localisée autour d’écoles, d’idées, avec des patrons qui poussent les jeunes à prendre des risques», préconise-t-il. Il s’agit d’une sorte d’incubateurs dans lesquels on arrête ce qui ne marche pas et dans le cas contraire l’on met en avant les réussites.


F. Fa