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Formation professionnelle: El Othmani a tout faux!

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5403 Le 03/12/2018 | Partager
Le Souverain a sévèrement critiqué le projet de réforme
Plan d’accélération industrielle: Aucun indice dans le Souss
Report sine die de la rencontre nationale sur l’emploi

Formation professionnelle, déclinaison régionale Souss-Massa du Plan d’accélération industrielle, le gouvernement a tout faux. Et c’est le Souverain himself qui lui a envoyé une volée de bois vert lors de la séance de travail qui a eu lieu jeudi 29 novembre à Rabat. Sur le travail de la mise à niveau de la formation professionnelle, le gouvernement avait demandé un délai supplémentaire pour peaufiner son scénario de réforme.

Pourtant, la copie finale a été recalée. Le Souverain a relevé plusieurs lacunes et demandé au chef du gouvernement de se pencher sur ce ratage. Il a également attiré l’attention sur la maîtrise des sources et des mécanismes de financement. Le projet du gouvernement ne précise pas d’où viendra le financement des programmes.

Le fait que la réforme ne soit pas pensée dans le cadre d’une mise globale de la formation professionnelle constitue une lacune de la réforme. Le Souverain a suggéré de s’inspirer des expériences internationales. C’est le système dual dont l’Allemagne est la référence mondiale. Il se base sur l’alternance entre la formation et le stage en entreprise.

La réforme devrait passer par une redéfinition du rôle de l’OFPPT, qui avait été à l’origine créé pour la formation en cours d’emploi et dont le financement provient de la taxe spéciale que paient les entreprises. Or, avec le temps, sa vocation a été déviée pour dispenser une formation qualifiante, en infraction par rapport à la loi qui l’avait institué. Cette réorientation est régulièrement critiquée par le patronat.

Lors de la séance de travail avec le Souverain, le chef du gouvernement a également présenté l’état d’avancement des préparatifs de la rencontre nationale sur la formation et l’emploi. Le genre d’événement qui débouche généralement sur des vœux pieux qui restent toujours lettre morte. Le Souverain a demandé le report de la rencontre, le temps de bien préparer le contenu et de définir les responsabilités dans sa mise en œuvre. Il a également recommandé d’exploiter le potentiel de l’agriculture dans la création d’emplois en tenant compte des spécificités de chaque région.

L’autre chantier au point mort est celui de la déclinaison régionale Souss-Massa du Plan d’accélération industrielle. En effet, c’est en janvier dernier que le Roi avait présidé la cérémonie de présentation du plan. Un ensemble de projets attendu depuis longtemps par les populations de la région qui espéraient à ce qu’il soit exécuté avec célérité, d’autant que le plan a été présenté devant le Souverain.

Presque un an plus tard, rien n’a été fait. Le communiqué du cabinet royal, repris par la MAP, souligne qu’aucune avancée n’a été enregistrée depuis le lancement du plan. Le gouvernement a été prié de redoubler d’effort pour rattraper le retard et réaliser le projet dans les délais impartis. L’avertissement est on ne peut plus clair.

Beaucoup de projets, zéro réalisation

La convention signée devant le Souverain, le 28 janvier dernier à Agadir, se déclinait à travers la création de plusieurs écosystèmes (automobile, cuir, industrie navale, chimie, plasturgie, matériaux de construction et offshoring). Le plan comporte également une composante formation à l’horizon 2020. Deux autres conventions ont été signées, portant sur la création de la Cité de l’innovation régionale et l’aménagement et la commercialisation de la zone franche Souss-Massa. D’autres programmes ont été signés et concernent la création d’un technoparc régional, la mise en place d’un fonds privé pour le développement de l’investissement. Plus de 5,5 milliards de DH ont été prévus pour le financement du plan, dont 5 pour le naval.

Hassan EL ARIF

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