Entreprises

L’épreuve de feu pour Mutandis

Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5403 Le 03/12/2018 | Partager
Les souscriptions à l’IPO démarrent aujourd’hui
Le produit de l’introduction financera 4 nouvelles usines
500 à 600 millions de DH de chiffre d’affaires additionnel à terme
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Adil Douiri, fondateur et gérant de Mutandis: «La participation du grand public dépendra de la mobilisation des réseaux bancaires» (Ph. L’Economiste)

L’IPO de Mutandis est une première pour la Bourse. Jamais une société en commandite ne s’y était introduite. Avec cette structure innovante, le groupe entend financer la construction de 4 nouvelles usines. Adil Douiri, président de Mutandis, présente les contours de cette OPV, ses enjeux ainsi que les projets de développement de l’entreprise.   

- L’Economiste: Les souscriptions à votre IPO commencent aujourd’hui. Vous attendez-vous à une clôture anticipée?
- Adil Douiri:
Pour être franc, nous n’avons même pas prévu cette option dans les règlements. Ce que je peux vous dire pour le moment, c’est que le placement institutionnel se passe très bien. Nous avons effectué un important road show à l’étranger (ndlr: Paris, Genève, Le Cap et Johannesburg) et nous continuons à faire des visioconférences et des conférences call avec tous les investisseurs étrangers pour répondre à leurs interrogations. Les rencontres se passent merveilleusement bien également avec les particuliers (Ndlr: clientèle à patrimoine élevé) pour l’instant. Pour ce qui est du grand public, tout dépendra de la mobilisation des réseaux bancaires.

- A quoi serviront les fonds issus de cette opération?
- Cette introduction a comme objectif d’augmenter le capital pour financer la construction de nouvelles usines. Dans les premières années de Mutandis, pour aller vite, nous achetions plus que nous construisions. Il s’agissait généralement d’entreprises en faillite, d’une marque qui avait du mal à survivre, d’une société familiale dont les enfants ne voulaient plus... Nous avons donc acheté des actifs que nous avons intégrés dans une seule société. Lorsque je parle d’intégration, je parle d’une même équipe de R&D, d’une même usine, d’un même département marketing, d’une même équipe de commerciaux et d’une même flotte de véhicules. C’est un seul groupe industriel intégré auquel on peut ajouter des usines ou des marques géré par une seule et même équipe. Nous avons mis en place un comité de direction qui regroupe tout le top management team group et nous passons en revue tous les mois toutes les activités. Nous pilotons les comptes financiers du groupe. Et d’ailleurs, nous possédons 100% de toutes nos filiales. Aujourd’hui, plus nous grandissons plus nous construisons des usines ou des marques. Nous avons ainsi construit deux usines sur les 9 dont nous disposons et nous avons l’intention d’en créer 4 autres avec les fonds que nous allons lever en Bourse.

- Où et pour quelle activité?
- Les futures usines seront destinées à nos trois gammes de métier, exception faite de l’activité des jus qui n’a pas besoin d’une nouvelle unité de production pour croître plus vite. Nous avons ainsi besoin d’une usine pour les bouteilles de boissons alimentaires, d’une autre dans les produits d’hygiène et d’une troisième pour la valorisation des co-produits dans les produits de la mer. La quatrième unité serait une usine de détergents en Afrique de l’Ouest (ndlr: Côte d’Ivoire).
- Justement, que représente l’Afrique subsaharienne dans votre business?
- Nous exportons aujourd’hui toutes les gammes de produits en Afrique. Il y a des pays où nous réalisons 30% de chiffre d’affaires et d’autres où nous exportons 10 à 15%, c’est assez variable. Ceci dit, nous n’avons pas tous nos produits dans les mêmes endroits. Les détergents et les jus de fruits sont expédiés en Afrique de l’Ouest alors que la sardine part en Afrique centrale. Nos produits sont également présents dans l’océan Indien francophone (ndlr: Madagascar et La Réunion).

- Comment expliquez-vous le retard de cette introduction en Bourse?
- La structure de notre actionnariat est innovante. C’est du jamais vu à la Bourse de Casablanca. C’est une première société en commandite qui va y être introduite. Cette structure se défend car elle a une logique de croissance très rapide puisqu’elle n’est pas bloquée par l’actionnaire qui veut garder 51% du capital. Dans cette forme juridique, l’actionnaire qui gère est dans les statuts. D’ailleurs, je la recommande car elle représente une preuve d’ambition.
Il nous a fallu 2 ans pour changer les statuts et les améliorer après un benchmark des autres sociétés en commandite sur les marchés anglo-saxons et en France. Entre-temps, nous avons amélioré Mutandis, nous avons augmenté le capital en faisant rentrer un fonds de Private Equity (ndlr: Amethis).

Une valeur défensive

Mutandis est une valeur très prévisible et régulière. C’est la raison pour laquelle elle est qualifiée de valeur défensive par les analystes du marché. Le groupe dispose de beaucoup de fonds propres (ndlr: 800 millions de DH) et d’un actionnariat institutionnalisé et solide. Ce qui rassure les investisseurs. Pour la 6e année consécutive, la société enregistre une hausse de sa rentabilité. Cela se traduit sur le dividende distribué: 7,5 DH par an sur 2016, 2017 et 2018. «Aujourd’hui, nous promettons aux nouveaux arrivants la jouissance des actions au 1er janvier 2018 même si elles sont émises en décembre», relève Adil Douiri. De ce fait, ils percevront 7,5 DH de dividende dès mai 2019.

Propos recueillis par Moulay Ahmed BELGHITI

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