Economie

Réforme de l’enseignement: El Othmani botte en touche

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5204 Le 07/02/2018 | Partager
Le chef du gouvernement s’est contenté d’énumérer les mesures prévues par la Vision du Conseil supérieur
Généralisation de l’accès et lutte contre la déperdition scolaire, les priorités
Des programmes pour favoriser la compatibilité avec les besoins du marché du travail
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Malmené par les députés sur les enjeux de la réforme du système éducatif, Saâdeddine El Othmani a botté en touche. Il a estimé que l’examen du projet de loi cadre, «qui sera bientôt soumis au Parlement», sera l’occasion «de renforcer la mobilisation autour de cette réforme» (Ph.Bziouat)

C’est l’un des facteurs décisifs dans le processus de refonte du modèle de développement. La préparation des compétences à même de s’inscrire dans la dynamique productive est l’un des défis auxquels ambitionne de répondre la nouvelle Vision du Conseil supérieur de l’éducation et de la formation. Interpellé par les députés sur cette réforme, le chef du gouvernement n’a pas fait de grandes annonces.

Saâdeddine El Othmani s’est contenté de mettre en avant les objectifs et les axes prioritaires de cette stratégie, déclinée en loi-cadre. Face aux interrogations des membres de la Chambre des représentants, il a botté en touche, considérant que «l’examen de ce texte, qui sera bientôt soumis au Parlement, sera l’occasion de renforcer la mobilisation autour de cette réforme».

Accompagné du nouveau ministre de l’Education nationale, Saïd Amzazi, lors de la séance mensuelle des questions de politiques publiques, le chef du gouvernement a pointé «l’échec des tentatives précédentes de réforme». Celles-ci n’ont pas réussi à atteindre les objectifs de «qualité et de performance», selon lui.

Le constat est sans appel. Ce secteur budgétivore, 59,2 milliards de DH prévus par la loi de Finances 2018, est encore loin du rendement escompté, surtout en comparaison avec d’autres pays à revenu similaire. La déperdition scolaire reste l’un des principaux symptômes de l’échec du système éducatif. «Sur 100 élèves inscrits, 34 arrivent au bac dont seuls 13 obtiennent le diplôme», a rappelé le chef du gouvernement.

Aujourd’hui, la mise en œuvre de cette réforme permettra, selon lui, de passer à «60% des inscrits qui arrivent au bac et 40% qui décrochent le diplôme». C’est dans cette logique que la nouvelle vision met l’accent sur le caractère stratégique de «la généralisation de l’accès à l’enseignement et la lutte contre la déperdition», a insisté El Othmani.

Il a mis en avant les mesures prévues pour renforcer «l’offre scolaire», notamment à travers l’augmentation de la capacité d’accueil. Aujourd’hui, le Maroc compte 10.911 établissements. «150 autres écoles devront être réalisées durant l’année scolaire 2018/2019», a-t-il annoncé.

Au niveau de l’appui aux familles pour favoriser la scolarisation des enfants, El Othmani s’est contenté de la poursuite des programmes en vigueur, dont celui de 1 million de cartables, Tayssir… Pour ce projet de soutien financier, le nombre des bénéficiaires devra s’élever à 563.086 familles, contre 448.000 actuellement.

Par ailleurs, le chef du gouvernement a aussi été interpellé sur la compatibilité de l’offre scolaire avec le besoin du marché du travail. Pour lui, c’est une question qui fait partie du processus de réforme en cours. Il a rappelé le projet «formation pour une meilleure employabilité, lancé en partenariat avec le Millénium challenge account (MCA), dans le cadre du compact II». Il est entré en vigueur en juin 2017, comme l’a indiqué El Othmani, avec un budget de 220 millions de dollars.

L’impératif de compatibilité avec les besoins des entreprises est également pris en compte dans le cadre de la réforme de la formation professionnelle. «La stratégie nationale de formation professionnelle 2021 a prévu l’implication des professionnels dans la définition de nouvelles filières et l’élaboration de leurs contenus pédagogiques», a expliqué le chef du gouvernement.

Cela devra être couplé à la mise en place de référentiels des métiers et compétences, qui «seront actualisés régulièrement», selon lui. El Othmani a promis que ces référentiels seront généralisés à tous les départements au cours de cette année. Il a aussi annoncé le lancement prochain du processus d’élaboration d’un projet de loi sur la formation professionnelle, «définissant les rôles et les responsabilités de chacun des intervenants». A cela s’ajoute «l’adoption d’un nouveau système de financement, basé sur des contrats-programmes».

Doper les effectifs de l’enseignement supérieur

Au moment où les critiques portent essentiellement sur la faible qualité du système éducatif, Saâdeddine El Othmani a promis de doper les effectifs dans les établissements de l’enseignement supérieur. Cela devra concerner les établissements universitaires à accès sélectif, dont les effectifs devront connaître une hausse de 20% cette année, avant d’atteindre 30% l’année prochaine.
Les filières universitaires à diplôme professionnel connaîtront aussi une augmentation progressive du nombre des étudiants de 10%, à partir de cette année. Ces mesures devront s’accompagner de l’amélioration de la capacité et des conditions d’accueil. Le gouvernement a prévu 77 millions de DH pour la mise à niveau des installations au sein des universités et des cités universitaires au cours de cette année.

Repères

  • 99,1%: taux de scolarisation dans le primaire
  • 66,6%: taux de scolarisation dans le secondaire
  • 45,3%: taux d’accès au présco-laire
  • 10.911 établissements scolaires au Maroc, dont 5.946 en milieu rural
  • 4,26 millions de bénéficiaires de l’opération 1 million de cartables
  • 448.000 familles bénéficiaires du programme Tayssir

 

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