Economie

Textile: Le PJD ne veut pas froisser Erdogan!

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5190 Le 18/01/2018 | Partager
Le groupe parlementaire du parti critique la dernière mesure de sauvegarde
Lorsque la coalition gouvernementale se saborde!
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Les déclarations de Driss El Azami, chef du groupe parlementaire du PJD, lors de la dernière séance des questions orales à la Chambre des représentants, risquent de soulever des tensions au sein de la majorité. D’autant qu’il s’agit de critiques sévères, formulées contre une décision prise par le gouvernement, qu’il a taxée de sélective (Ph. Bziouat)

Nouvelle affaire qui traduit les tiraillements au sein des partis de la majorité. Le PJD semble reproduire des pratiques critiquées lors du mandat précédent, en optant pour un discours d’opposition, au moment où il dirige le gouvernement. L’augmentation des droits de douane sur les produits de textile en provenance de la Turquie (cf. http://leconomiste.com/archive) s’est transformée en véritable intrigue politique.

En témoigne la levée de boucliers contre cette décision commune, des ministères du Commerce et de l’Industrie et celui des Finances, publiée au Bulletin officiel du 8 janvier dernier. Ce dossier confirme la démarcation du groupe parlementaire du PJD par rapport au gouvernement conduit par ce même parti.

Ce qui rappelle des déclarations du chef du groupe parlementaire, Driss El Azami, également président du Conseil national, qui avait précisé que les députés du parti ne vont pas s’aligner systématiquement sur les décisions de l’exécutif. Une situation qui risque d’embarrasser davantage Saâdeddine El Othmani, chef de gouvernement.

D’autant plus que la décision d’augmenter les droits à l’importation des produits de textile turcs a fait l’objet de critiques sévères de la part d’El Azami, lors de la dernière séance des questions orales à la Chambre des représentants. Cette question a été soulevée par des élus de l’USFP, également membres de la coalition gouvernementale.

Ils ont mis l’accent sur l’impact négatif de ces importations sur les entreprises marocaines, notamment les produits en provenance de la Turquie et de la Chine. Interpellée, Rkia Derham, secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, a expliqué que cette mesure de protection a été instaurée suite à la  demande des professionnels. L’objectif, selon la secrétaire d’Etat, est de protéger les opérateurs marocains face à cette «concurrence féroce».

L’idée est aussi de favoriser le renforcement de la compétitivité du tissu industriel national, explique Rkia Derham. Le chef du groupe du PJD considère, lui, que «la protection de l’industrie locale est importante». Mais cela ne doit pas se faire selon une approche sélective, insiste-t-il. El Azami n’a pas hésité à crier au complot. «Avec cette décision, nous envoyons un signal qui peut être interprété comme si ce partenaire était particulièrement visé», relève-t-il.

Il faut dire que plusieurs membres du PJD craignent l’impact de cette décision sur leurs relations avec l’AKP, parti islamiste du président turc Recep Tayyip Erdogan, dont ils sont traditionnellement proches. Une situation qui reflète également les tiraillements internes au sein de la formation du chef de gouvernement. Cela, en dépit des déclarations rassurantes de ses dirigeants, après le tumultueux congrès, qui a connu l’élection d’El Othmani à la tête du PJD, en remplacement de Benkirane.

 

 

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