Analyse

Transformation digitale: Les priorités de la nouvelle entité

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5178 Le 28/12/2017 | Partager
Cette structure doit donner l’exemple en matière de digitalisation des procédures
Son rôle est décisif pour la création d’un véritable écosystème technologique
Elle devra favoriser le transfert d’expertise et le renforcement de la compétitivité des startups
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Les habitudes des consommateurs semblent conforter la dynamique de transformation digitale en cours. Les statistiques de l’ANRT confirment un délaissement des outils classiques, comme le fixe, au profit des nouveaux canaux mobiles et connectés. L’Agence de développement numérique, de même que l’ANRT et le Comité de gestion du service universel des télécommunications, ont été interpellés pour favoriser la résorption du gap digital, notamment dans le milieu des PME et de certaines couches de la société

«L’Agence de développement digital se chargera de l’implémentation de la stratégie de l’Etat dans le domaine de l’économie numérique, l’encouragement de la diffusion des outils numériques et la promotion de leur utilisation auprès de la population». La mission de cette nouvelle structure est clairement fixée par le décret d’application de la loi portant sa création.

L’objectif principal est de favoriser une meilleure pénétration des TIC et d’accompagner les opérateurs privés dans la mise en place d’un véritable écosystème technologique. Son rôle sera aussi décisif dans la transformation digitale de l’administration publique.

D’autant qu’elle compte parmi ses membres des profils déjà impliqués dans la digitalisation de certains services publics comme eMoqataa.ma. Concrètement, cette Agence, dotée du statut d’institution publique, devra donner l’exemple en termes de numérisation des procédures. Ceci est décisif vu les objectifs du Plan Maroc Numeric, qui ambitionne de digitaliser la moitié des démarches administratives. 

Globalement, elle est attendue sur plusieurs dossiers. L’objectif ultime, selon le Chef du gouvernement, est de «permettre au Royaume de disposer des dernières générations d’infrastructures de communication, d’élargir l’accès à Internet au profit de la population dans les 10 ans à venir». La mise en marche de cette Agence a coïncidé avec la tenue des conseils d’administration d’autres instances, directement concernées par cette dynamique. Il s’agit notamment de l’ANRT et du Comité de gestion du service universel des télécommunications. Leur rôle est décisif dans la réussite de cette transformation numérique.

Concrètement, cette Agence est dotée d’un cahier des charges précis, dans le cadre de la stratégie globale de transformation digitale. Elle devra assurer «la mise en œuvre, pour le compte de l’Etat, en coordination avec les autres instances, de la stratégie de développement des investissements dans le secteur de l’économie numérique».

Elle jouera également un rôle de conseil auprès du gouvernement, notamment en proposant des orientations générales pour ce secteur. Cela devra se traduire par la présentation d’avis permettant l’amélioration du climat des affaires et les conditions de développement de l’économie numérique. L’exécutif pourra également la saisir concernant toute question liée à l’impact économique et social des technologies numériques.

Le coup d'envoi de cette Agence a été très attendu par les opérateurs privés. Surtout que cela devra favoriser un transfert d’expertise, à même de renforcer la compétitivité des startups, qui constituent l’essentiel du tissu économique de ce secteur. A l’international, les grands groupes leaders dans le domaine de la technologie digitale sont, à l’origine, des startups. D’où l’importance d’accompagner ces entreprises, particulièrement lors des premières phases de développement.

Autre mission de cette structure: résorber le gap numérique. Un objectif considéré comme une priorité pour le gouvernement. Lors du dernier conseil d’administration de l’ANRT, représentée au sein de la nouvelle Agence digitale, Saâdeddine El Othmani a mis l’accent sur l’importance de «fournir les moyens qui favorisent la réduction de la fracture numérique et la démocratisation de l’accès aux moyens de communication et aux services publics électroniques». Actuellement, 99% de la population est couverte par le réseau mobile 2G. Ce taux est moins important pour les réseaux 3G et 4G, avec respectivement 85% et 72%.

Gouvernance

La nouvelle Agence de développement numérique est dirigée par un conseil d’administration, composé de représentants des secteurs public et privé. Du côté public, il s’agit notamment de l’ANRT, de l’ANPME et de l’Agence de promotion des investissements et des exportations. Le privé sera représenté notamment par le président de la Fédération des chambres de commerce et d’industrie, par le patronat… A cela s’ajoutent quatre experts qui accompagnent la directrice générale.

 

 

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