Entreprises

Les Sud-Coréens convoitent l’électrique

Par Nadia DREF | Edition N°:5136 Le 27/10/2017 | Partager
Un consortium constitué de 11 entreprises en prospection
Des marchés à prendre au Maroc estimés à 239 milliards de DH d’ici 2030
Signature d’un accord-cadre entre la Fenelec et Komea

Deux cent trente neuf milliards de DH ! C’est le total des investissements prévus dans le secteur électrique entre 2016 et 2030. Ce qui constitue d’importants marchés à prendre autant pour les investisseurs nationaux qu’étrangers. C’est ce qui explique l’intérêt grandissant de groupes internationaux pour le secteur énergétique marocain.

C’est le cas, d’ailleurs, des investisseurs sud-coréens qui sont en prospection actuellement au Maroc. Un consortium constitué de onze entreprises a tenu, le 26 octobre à Casablanca, des rencontres B to B avec les opérateurs nationaux (ONEE, Masen et la Fenelec). Le chef de file est Korea Electric Power Compagny (Kepco) qui est l’opérateur d’électricité public sud-coréen déjà en lice pour un marché lancé par l’ONEE.

«Nous avons mis à la disposition de ces opérateurs les informations sur les opportunités d’investissement dans l’énergie électrique qu’elle soit renouvelable ou conventionnelle ainsi que les incitations prévues», fait valoir Abdellatif Bardach, directeur central production à la branche électricité de l'ONEE. Maintenance, réalisation d’ouvrages, transport, production… tous les domaines de coopération ont été passés au crible dans le cadre des échanges techniques.

De leur côté, les mastodontes sud-coréens, venus en force avec leurs fournisseurs, ont exprimé leur souhait de renforcer leur présence au Maroc et apporter leur expertise. Joint-venture, offres de services, ventes de matériels électriques et d’équipements high-tech, installation de solutions, assistance technique…

«Nous restons ouverts à toute proposition. Nous apportons notre savoir-faire technologique et notre expertise pour investir au Maroc et au-delà, explorer de nouvelles voies de coopération commune en Afrique», confie à L’Economiste Sechang Chang, président de la Korea Electrical Manufactures Associations (Komea). «Pour nous, le marché énergétique marocain est le plus important en Afrique. Il a un fort potentiel que ce soit dans l’électrique, l’éolien ou encore le solaire». Les responsables marocains ont également affiché leur intérêt pour le fort potentiel technique et technologique développé par ce pays connu pour ses avancées notables en matière de R&D et d’innovation.

«Le modèle sud-coréen est intéressant à plus d’un titre. Ce sont des investisseurs qui se réunissent en consortium pour attaquer les autres marchés. De plus, l’industrie électrique est classée 6e au niveau mondial», souligne Driss Zouani, vice-président de la Fenelec. «Les industriels marocains pourront intégrer ces écosystèmes pour attaquer ensemble le marché africain et bénéficier du transfert technologique», ajoute-t-il.

Pour encourager les échanges d’expériences et d’expertise entre les opérateurs marocains et sud-coréens, un accord-cadre a été signé, en marge de cette rencontre d’affaires, entre la Fédération nationale de l'électricité et de l'électronique (Fenelec) et Komea. Les deux parties s'engagent aussi à appuyer les sociétés coréennes et marocaines pour réussir davantage leur intégration dans les marchés des deux pays.

Pour rappel, aucune entreprise marocaine n’opère sur le marché sud-coréen, à ce jour. Abdellatif Bardach, directeur central production à la branche électricité de l'ONEE, temporise en assurant que les entreprises du secteur électrique marocain jouissent d'une grande notoriété et sont capables de relever le défi de l’internationalisation.

Du côté sud-coréen, la société Daewoo E & C a déjà décroché deux marchés. Elle construit actuellement la centrale électrique au charbon d’une capacité de 1.320 mégawatts à Safi. Le site devrait être opérationnel début 2018. Elle a également fait partie du consortium avec Mitsui & Co (Japon) qui avait pris en charge la construction de la centrale de Jorf Lasfar qui opère déjà.

Croissance soutenue de la demande

La demande nationale a atteint 35.405 GWh en 2016, en évolution annuelle moyenne de 6% depuis 1999. La consommation par habitant s’est également appréciée de 5% annuellement depuis l’année 2000. Elle a atteint 1.027 kWh par personne en 2016. L’électrification rurale (PERG), quant à elle, a progressé à hauteur de 99,42%. Ceci est la traduction d’une croissance économique et sociale accélérée, grâce au lancement et à la réalisation de grands projets structurants, de chantiers d’infrastructures et des programmes de développement humain et durable, apprend-on auprès de l’ONEE.
La puissance installée à fin 2016 s’élève à 8.255 MW dont 13% composés de l’éolien et le solaire. Il y a lieu également de noter l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans la satisfaction de la demande. Elles ont accaparé 34% des volumes à fin août 2017. Autres constats: augmentation de la part du charbon, diminution de la consommation du fioul, quasi-stagnation de la part du gaz naturel ainsi que la réduction des importations suite à l’amélioration de la marge de réserve et la contribution des énergies renouvelables. Autre avancée notable, l’ouverture partielle à la concurrence du marché d’électricité de sources renouvelables au Maroc.

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc