Entreprises

Recyclage des lampes: Logipro lance une unité pilote

Par Amin RBOUB | Edition N°:5135 Le 26/10/2017 | Partager
Une 1re usine modèle avec des procédés sophistiqués
Tri, broyage... et export pour traitement en France
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Tout commence par le tri manuel des lampes chez les industriels. Le traitement se fait par famille de produits. Ensuite, les tubes sont découpés avant de séparer la poudre mercurisée et les métaux (ferreux et non ferreux)

Une première au Maroc! Une unité pilote de collecte et de recyclage des lampes est en cours de construction. Elle sera opérationnelle vers janvier/février 2018 dans le parc industriel Sapino à Casablanca . C’est l’entreprise Logipro Environnement qui est derrière cette initiative. Elle introduit pour la première fois au Maroc des solutions pour le traitement des tubes fluorescents (néons), des lampes, ampoules...

Une opération montée en partenariat avec  le groupe Artemise, leader français du recyclage des sources lumineuses mercurielles. «Une lampe en fin de cycle de vie est considérée comme un déchet extrêmement dangereux. En fait, le mercure contenu dans les lampes présente de nombreux risques pour les consommateurs», tient à préciser Jean-Marie Bailly, président de l’entreprise française Artemise et partenaire de Logipro.

Selon Bailly, la dangerosité du mercure des lampes est prouvée. Il peut modifier un foetus, voire provoquer des déformations chez les bébés. Selon l’OMS, le mercure est une substance toxique très nocive pour les êtres. Il peut être cancérogène!  Pratiquement tout individu présente au moins des traces de méthylmercure. Il faut préciser que le mercure se transforme en méthyle qui, lui, est classé cancérogène.  A titre d’exemple, une seule lampe pollue jusqu’à 20.000 litres d’eau.

C’est la raison pour laquelle la norme DEEE (régissant les déchets des équipements électriques et électroniques) en France précise que «chaque producteur reste propriétaire des lampes tout au long de leur durée de vie». En France, les lampes ne doivent pas être jetées avec les déchets ménagers. C’est dans ce contexte précis qu’intervient la création d’une filière de collecte et de recyclage des lampes au Maroc.

Un projet qui bénéficie du soutien du Secrétariat d’Etat au Développement durable. En France, la consommation des lampes est estimée à 122 millions d’unités par an. Au Maroc, l’on parle de 40 millions d’unités vendues chaque année. Artemise a traité et recyclé l’équivalent de 2.300 tonnes en 2016. Cette année, elle compte passer à 2.500 tonnes.  Au Maroc, «l’objectif est d’arriver à traiter un millier de tonnes de déchets par an», annonce Nasreddine Yahyaoui, directeur de Logipro.

Concrètement, le process de gestion des déchets lumineux démarre chez l’industriel/producteur. Cela passe par des unités d’identification et de tri manuel à la source avec des agents qualifiés et des bacs dédiés. S’ensuivent les phases de collecte et de transport avant d’arriver à la plateforme de traitement (par famille de produits), recyclage et valorisation. Dans la phase de tri, les tubes et ampoules sont acheminés vers un tapis séparateur. L’enjeu est de séparer tous les composants:  verre, poudre fluorescente mercurisée et autres métaux ferreux et non ferreux (voir infographie).

Il faut être très vigilant dans le traitement, car la poudre des lampes est très volatile, inodore et incolore,  et contient du mercure qui se transforme en métal gazeux. «Toutes nos machines de traitement sont équipées de systèmes d’inspiration et de filtres captant les vapeurs de mercure. Un contrôleur permanent mesure le taux de mercure en rejet», insiste Bailly.

Une fois le verre broyé, l’on procède à la séparation fine des métaux ferreux, de l’aluminium, du laiton...  la poudre extraite des déchets lumineux est ensuite démercurisée via des distillateurs. Après, le mercure est refroidi. In fine, les produits traités et les substances extraites sont destinés à l’industrie pharmaceutique, voire réinjectés dans la conception d’industriels spécialisés dans les lampes et luminaires. Il va sans dire que l’unité de traitement de Logipro sera une usine modèle qui repose sur des procédés sophistiqués. Selon Yahyaoui,  l’initiateur du projet, l’objectif est de trier et broyer les déchets au Maroc pour pouvoir les exporter en France pour traitement.

L’investissement de cette 1re unité marocaine est de 2,2 millions d’euros (plus de 24 millions de DH). Les bâtiments sont déjà construits sur une superficie de 1.100 m2 (en deux niveaux). Tous les équipements et installations seront fournis par le partenaire français Artemise.

«C’est un transfert de technologie et de savoir- faire, en plus du conseil et de l’accompagnement de notre partenaire français, sur lesquels nous comptons capitaliser non seulement pour monter une filière marocaine, mais aussi pour dupliquer le modèle dans des pays africains», confie le patron de Logipro. L’usine pilote compte démarrer avec une vingtaine de salariés qualifiés, répartis entre la collecte, le transport et le tri. L’entreprise va installer des bacs et des caisses chez les industriels, qui ont de vrais besoins de traiter leurs déchets, jusque-là stockés dans des entrepôts. Il va falloir compter 6 à 7 ans pour rentabiliser l’investissement.

Déjà un prix!

Avant même le démarrage de leur unité de traitement des lampes au Maroc, les deux partenaires (Logipro et Artemise) ont raflé un prix lors de la cérémonie, organisée en marge du Salon Pollutec. Un trophée décerné par la secrétaire d’Etat au Développement durable. Le prix vient consacrer l’originalité d’un concept inédit et le transfert d’un savoir-faire technologique entre la France et le Maroc.

 

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