International

La contagion indépendantiste se propage

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5133 Le 24/10/2017 | Partager
Après la Catalogne, Vénétie et Lombardie votent pour plus d’autonomie
L’Espagne annonce des mesures radicales
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Le bras de fer continue entre Madrid et la Catalogne. La majorité séparatiste du Parlement régional catalan a annoncé la tenue d’une séance parlementaire jeudi 26 octobre. Ceci à la veille de la mise sous tutelle de la région qui doit être votée vendredi par le Sénat espagnol. En cas de mise en œuvre des mesures drastiques de la part de Madrid, les séparatistes ont menacé de faire voter une déclaration unilatérale d’indépendance au Parlement catalan.

Mais la vice-présidente du gouvernement espagnol Soraya Saenz de Santamaria, citée par l’agence AFP, a prévenu que «le président séparatiste de la Catalogne Carles Puigdemont n’aura plus aucun pouvoir, une fois que le Sénat aura autorisé la suspension d’autonomie de sa région».

Le week-end dernier, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a annoncé qu’il allait demander au Sénat la mise en œuvre de l’article 155 de la Constitution. Lequel va l’autoriser à prendre le contrôle de l’exécutif catalan, de la police régionale et mettre sous tutelle le Parlement catalan, avec en ligne de mire l’organisation d’élections régionales début 2018.

Les conservateurs espagnols soulignent que ces mesures doivent «restaurer» la démocratie en Catalogne, où la population est divisée sur l’indépendance, presque à parts égales, et organiser des élections dans un délai de six mois. Une situation d’autant plus dure qu’elle risque de provoquer une fuite des investissements et des entreprises de Catalogne, où 1.200 sociétés ont déjà transféré leur siège social ailleurs. En attendant, la contagion séparatiste s’étend en Europe.

Deux riches régions italiennes, la Vénétie et la Lombardie, ont organisé le 22 octobre un référendum visant à réclamer davantage d’autonomie. Les électeurs ont voté «Oui» à une écrasante majorité, avec une participation suffisamment importante pour leur donner un pouvoir de négociation face à Rome. Ce scrutin était purement consultatif et prévu par la Constitution italienne. Ses organisateurs ont répété dimanche soir que leur démarche restait pleinement dans le cadre de l’unité italienne.

Les deux régions, qui contribuent à hauteur de 30% du PIB italien, se sont tournées vers Rome pour tenter d’avoir davantage la main sur leurs finances. Elles veulent désormais négocier la nature et l’ampleur de leur autonomie, qui doit ensuite être validée par le Parlement. En Vénétie, le conseil régional devait se réunir hier pour examiner le projet de loi à présenter au gouvernement. «Nous allons demander 23 compétences, le fédéralisme fiscal et les 9/10es des taxes», a prévenu le président de la région, Luca Zaia.

Parallèlement à des compétences renforcées en matière d’infrastructures, de santé ou d’éducation, les deux régions entendent en effet réclamer la restitution de la moitié de leur solde fiscal. Leurs habitants versent actuellement 70 milliards d’euros de plus par an en taxes et impôts qu’ils n’en reçoivent au titre des dépenses publiques. D’après certains analystes, «ce besoin d’autonomie s’appuie sur certains aspects ayant conduit au Brexit ou à la crise catalane, à savoir une certaine défiance vis-à-vis des Etats centraux et de l’UE».

 

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