Régions

L’Oriental en panne de PME

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5130 Le 19/10/2017 | Partager
A peine 34% de taux de couverture, 70% des entreprises emploient moins de 3 salariés
Pénalités de majoration CNSS, astreintes, inspections inopinées... des PME ferment
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Le BTP, la vente et la réparation des voitures ainsi que les industries de transformation représentent 57,4% des salariés déclarés

Depuis sa nomination à la tête de la wilaya de l’Oriental, Mouâad Jamaï multiplie les rencontres pour aplanir les obstacles qui entravent la croissance de la région. Une série de rencontres sont tenues avec les directeurs généraux des impôts, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et les différents opérateurs économiques.

«Le but est d’accompagner les entreprises locales qui traversent une période difficile pour leur redonner confiance et placer les jalons d’un réel décollage économique» précise Saïd Ahmidouch, directeur général de la CNSS. Le point essentiel de ce type de rencontres est de réussir l’extension de la couverture sociale au maximum pour bénéficier des prestations prévues par la législation. Y sont également présentées les différentes facilités octroyées aux entrepreneurs pour booster leurs activités et maîtriser les mécanismes de création d’emploi.

Plusieurs entreprises n’exploitent pas à bon escient les outils d’accompagnement mis à disposition par la CNSS comme elles ne bénéficient pas des différents dispositifs d’appui à l’emploi, (Tahfiz, contrat d’insertion améliorée et contrat de travail au cours ou à l’issue du stage). Les industriels déplorent le nombre élevé d’expertises judiciaires effectuées au niveau de la région. Ils se plaignent des pénalités de majoration et d’astreinte qui s’ajoutent à la crise qui secoue leurs activités. Des sanctions qui dépassent par trois fois le principal à verser.

Des contraintes, estiment les PME, qui poussent au chômage technique voire à la fermeture. Et c’est cette situation que le wali de la région cherche à éviter pour renforcer la confiance entre les départements chargés de l’application des lois du travail et les opérateurs économiques. «Certes des efforts sont à réaliser en bonne intelligence avec les entreprises locales sans pour autant enfreindre la loi», explique à L’Economiste Mouâad Jamaï, alarmé par le taux d’emploi des entreprises locales. 69,8 % d’entre elles font travailler moins de 3 salariés alors que celles qui embauchent entre 50 et 200 ne représentent que 1,3%. Des indicateurs alarmants pour une région qui cherche à être compétitive et qui bénéficie, en matière de couverture sociale, de la solidarité nationale qui fonctionne en sa faveur. Pour 100 DH de cotisation, la région profite de 135 DH grâce aux contributions des salariés des autres régions.

D’autres doléances ont été exprimées. Elles se rapportent au grand nombre d’inspections inopinées, à l’absence des formations continues des salariés pour éviter les accidents de travail et maîtriser les procédures de sécurité sur les chantiers, a souligné Mimoune Loq, directeur d’une entreprise BTP à Nador. Même son de cloche chez Hassan Tahiri, directeur de la Colaimo (coopérative laitière de l’Oriental), concernant l’assurance maladie obligatoire et l’indemnité journalière de remboursement sur maladie, qui ne sont pas claires pour lui.

Réclamations en cascade qui ont poussé Abdelhafid Jaroudi, président de la chambre du commerce, industrie et services de l’Oriental, à plaider pour une souplesse dans le traitement des dossiers pour ne pas basculer en récession économique.
De notre correspondant, Ali KHARROUBI

 

 

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