Economie

Benatiq veut chouchouter les MRE

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5116 Le 29/09/2017 | Partager
Un plan en préparation pour améliorer les services et les équipements
30 minutes de temps d’attente moyen à l’entrée
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Pour Abdelkrim Benatiq, «le défi actuellement est d’améliorer les services et les équipements mis à la disposition des MRE» (Ph Bziouat)

- L’Economiste: L’opération Marhaba, destinée à l’accueil des MRE, vient de s’achever. Quel en est le bilan?
- Abdelkrim Benatiq:
Au fil des années, elle a pris de l’importance, sous la présidence effective de SM le Roi et la coordination efficace de la Fondation Mohammed V pour la solidarité dont les efforts et le rôle central en matière d’accueil, d’assistance et de proximité sont à saluer. Cette opération constitue aujourd’hui un modèle au niveau international par les moyens mobilisés et les dispositions d’envergure prises.
Durant cette période, soit entre le 5 juin et le 15 septembre, 2.789.981 personnes ont regagné le Maroc, soit une augmentation de 5,89% par rapport à la même période de l’année précédente. Ces performances ont été atteintes grâce aux efforts de toutes les parties qui se sont mobilisées pour assurer la proximité, la sûreté, la sécurité, la fluidité et l’assistance sous différentes formes aux passagers.

- Avez-vous évalué le système actuel de l’opération de transit?  
- Elle se réalise à plusieurs niveaux et connaît une coordination soutenue durant toute l’année, notamment avant et après l’achèvement des vacances. Au niveau national, une commission, présidée par le ministère de l’Intérieur, établit un bilan pour identifier les points forts et faibles. Aussi, à la fin de chaque opération, une autre évaluation se fait avec la partie espagnole, d’une manière régulière. Dans ce sens, une réunion pour l’évaluation du transit de cette année est prévue en octobre-novembre prochains. La troisième évaluation est réalisée selon une approche thématique, dans le cadre de la commission mixte maroco-espagnole, notamment en matière de transport maritime et terrestre, de sécurité, de douanes, des affaires consulaires, etc. Une appréciation à chaud de l’opération de cette année, indique, d’une manière générale, que les conditions de transit se sont nettement améliorées.
Les services offerts au niveau des différents points d’entrées ont connu une amélioration considérable et le temps d’attente moyen en entrée a été réduit à moins de 30 minutes.
- Malgré cette amélioration, quels sont les recadrages à effectuer?
Ils seront cernés, avec précision, lors des réunions d’évaluation prévues en interne et avec la partie espagnole. Mais, nous avons d’ores et déjà des pistes d’amélioration, pour les prochaines opérations, notamment en termes de transport, d’accompagnement administratif, juridique et social. D’autres actions seront apportées en matière d’animation culturelle, de communication et de promotion des investissements. En somme, le défi majeur est d’améliorer les services et les équipements mis à la disposition des Marocains du monde, avec des gages de qualité répondant à leurs attentes.

- Où en êtes-vous dans le chantier d’installation des maisons du Maroc ou centres culturels dans différentes capitales mondiales?
 - Le renforcement des liens des Marocains du monde avec leur pays d’origine, le Maroc, est le socle de notre stratégie. C’est dans ce sens que le ministère s’est doté d’une politique culturelle envers les MRE alliant programmes au Maroc et dans les pays d’accueil.
Les centres culturels marocains à l’étranger, Dar Al Maghrib, constituent une composante importante de cette politique. Outre l’action de proximité qu’ils sont censés jouer auprès de nos ressortissants, particulièrement les nouvelles générations, ils contribueront à mieux promouvoir la culture marocaine dans les sociétés des pays d’accueil. Nous comptons à ce jour deux centres Dar Al Maghrib, à Montréal et à Amsterdam. Le premier est opérationnel depuis plus d’une année.
Le second, dont les travaux d’aménagement sont achevés, sera lancé prochainement. Cela, sans oublier le nouveau centre Dar Al Maghrib qui verra le jour dans quelques temps à Paris.

- Comment évolue le niveau des transferts des MRE pendant cette période marquée par la crise qui a touché massivement les étrangers?
- Les transferts d’argent des Marocains résidant à l’étranger vers leur pays d’origine ont enregistré une progression remarquable au cours des dernières années, avec une accélération considérable durant la dernière décennie. Ainsi, entre janvier et août 2017, ce montant était de 44,1 milliards de DH, enregistrant une hausse de 2,7% par rapport à la même période de l’année précédente.
En 2016, ils avaient totalisé 62,2 milliards de DH. Reste que cette manne constitue une source de capitaux peu volatils et moins influençable par l’environnement international que les autres flux, assurant un apport appréciable pour les équilibres macro-économiques du pays. Ces transferts représentent également un enjeu crucial pour la performance et le développement de plusieurs secteurs de l’économie nationale. Leur contribution à la balance des paiements reste fondamentale et dépasse celle de nombreux secteurs exportateurs phares.

- Les Marocains d’Afrique sont marginalisés par les politiques des MRE. Comment comptez-vous inverser la tendance?
- Nul besoin de rappeler que la stratégie du Maroc en faveur des Marocains résidant à l’étranger est globale et intégrée et concerne tous les ressortissants marocains partout dans le monde entier. A l’instar du reste de nos compatriotes, ceux vivant dans le continent africain bénéficient de l’ensemble des programmes mis en œuvre et exécutés par le ministère aussi bien au Maroc que dans les pays d’accueil.
Mieux encore, ils bénéficient en priorité des programmes sociaux afférents au soutien scolaire, à la formation professionnelle, à l’octroi des bourses universitaires, aux colonies de vacances où des programmes spéciaux ont été organisés en leur faveur. Certes, dans le contexte actuel marquant la réintégration du Maroc dans sa famille de l’Union africaine et la prochaine adhésion à l’espace de la Cedeao, l’accompagnement et le soutien des citoyens marocains résidant en Afrique sont appelés à être renforcés davantage pour mieux répondre à leurs attentes et besoins.

Engouement croissant pour l’avion

Durant la période de transit, entre le 5 juin et le 15 septembre, 2.789.981 personnes ont regagné le Maroc, soit une augmentation de 5,89% par rapport à la même période de l’année précédente. Le nombre des MRE ayant quitté le territoire marocain durant la même période a, quant à lui, atteint 2.479.946 personnes. En outre, les services de douanes ont enregistré l’entrée de 378.889 véhicules (-1,33%) et la sortie de 329.953 (+3,34%). Idem pour le nombre de MRE ayant transité par les différents ports du Maroc qui a également connu une augmentation de 13,38% par rapport à la même période de l’année dernière. A ce niveau, «outre une flotte maritime importante, constituée de 27 navires, un bateau de réserve a été mobilisé dans le cadre d’un partenariat multi-acteurs, pour intervenir lors des périodes de pic», soutient le ministre en charge des MRE et des affaires de la migration. Reste que l’engouement pour l’avion augmente d’année en année pour atteindre plus de 41% de l’ensemble des transports utilisés.

Propos recueillis par
Mohamed CHAOUI

 

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