Politique

Bilan des 4 premiers mois: Le gouvernement défend son chef

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5105 Le 13/09/2017 | Partager
Donner l’image d’une majorité soudée
«Il est rapide dans la prise de décision», selon Akhannouch
Les défaillances de l’ère Benkirane implicitement pointées

«120 jours, 120 mesures», tel est le titre générique du bilan du travail du gouvernement au cours des quatre derniers mois, présenté lundi dernier en présence des patrons des partis de la majorité, à l’exception de Abdelilah Benkirane. Comme à l’accoutumée, le secrétaire général du PJD a décidé de zapper cette rencontre.

Il a délégué son adjoint Souleymane El Amrani, à qui le chef de gouvernement n’a pas donné la parole contrairement aux autres alliés de la majorité. Après cette cérémonie officielle, la réunion avec les groupes parlementaires a été à huis clos.

Le message essentiel de cette réunion au sommet est d’ordre politique. Contrairement à ce qui est dit ici et là, les chefs de la coalition ont tenu à manifester leur «homogénéité, leur solidarité et leur soutien sans faille au chef de gouvernement». Une manière de démentir les pronostics sur l’écroulement de cette majorité. De cet évènement, Saâdeddine El Othmani sort renforcé politiquement comme le véritable patron de la majorité.

A la tribune, Aziz Akhannouch est allé jusqu’à livrer un témoignage sur le travail du gouvernement. Le débat y est sérieux, pointu, dans le cadre du respect, et pour que le chef de gouvernement puisse réussir sa mission. L’exemple de la problématique de la réforme de l’administration a été donné  pour montrer la disponibilité de différents ministres à travailler sur des sujets horizontaux, dira le président du RNI. 

Pour lui, «le chef de gouvernement est rapide dans la prise de décision. Cela est très important». Les réunions de la majorité se déroulent dans un contexte positif, depuis le début de cette période. «Avec la montée en puissance de cette expérience, les choses vont s’améliorer», a-t-il rappelé en substance.

Mohand Laenser est allé dans le même sens. Tout en précisant qu’il n’est pas possible d’évaluer le travail de 120 jours, reste que le bilan est honorable mais tout en émettant quelques remarques. Le secrétaire général du MP a relevé «la différence entre ces 4 premiers mois de cette législature et celle dirigée par Abdelilah Benkirane en 2012 où beaucoup d’énergie a été dépensé dans le règlement des conflits au sein de la majorité.

Cela est positif surtout quand l’écoute et le respect mutuel dominent. Autre point à l’actif d’El Othmani, selon Mohand Laenser, les réalisations ne sont plus à l’actif d’un tel parti ou d’un autre. Ce sont tous les alliés qui en tirent profit. Avec cette précision, le président de la région de Fès-Meknès fait référence au PJD lors de l’expérience de Benkirane chef de gouvernement qui s’octroyait les succès et mettait les échecs au passif de ses alliés. Profitant de la présence des groupes parlementaires, il a appelé à la duplication de la méthode de travail du gouvernement au sein de l’enceinte législative. Ce qui devra accélérer le rythme de travail.

Conventions d’investissement

Mohamed Sajid (UC) comme Driss Lachgar (USFP) abondent dans le même sens. Pour le premier, le message de cette cérémonie porte sur l’homogénéité de la majorité, pilotée par un chef de gouvernement qui met l’intérêt général au-dessus de toute considération politicienne, ou son parti. Le second se dit solidaire avec toutes les mesures prises par le gouvernement dans tous les domaines, de la rentrée scolaire, aux colonies de vacances, le transit des MRE, en passant par la gestion des élections partielles sans le moindre dépassement enregistré.

Dans ce récital de louanges au chef de gouvernement, l’objectif inavoué est de pointer les défaillances de Abdelilah Benkirane à la tête de l’exécutif et au moment de la formation de ce gouvernement. Une manière de dire que personne ne le regrette. Et peut-être pour le décourager à rempiler à la tête du PJD, via un amendement des statuts du parti qui interdisent trois mandats successifs au secrétaire général. Le congrès du parti est dans trois mois.

Dans ce bilan, le chef de gouvernement a introduit des dispositions contenues dans la loi de finances pour 2017, adoptée par ce gouvernement mais préparée par le précédent. A cela s’ajoute l’adoption de 51 projets de conventions d’investissement pour un montant global de 67 milliards de DH par  la Commission nationale des investissements le 4 mai dernier, particulièrement dans les domaines de l’industrie, l’énergie et le tourisme.

Le document  a également intégré le lancement des travaux de construction de l’usine de Peugeot PSA dans la région de Kénitra. Sur le plan des projets de loi, la liste comprend celui relatif à la réorganisation du CNDH, à l’institution du médiateur, à la Banque centrale et à la loi de règlement pour la loi de finances de 2015.

Autant de textes préparés par le gouvernement sortant. Le seul projet initié par ce gouvernement, à la suite d’une recommandation royale, concerne le transfert du parquet général du ministère de la Justice au procureur général du Roi de la Cour de cassation, adopté par le Parlement en août dernier.

65 décrets à l’actif de l’exécutif

Outre 18 exposés faits par des ministres sur les politiques sectorielles, le conseil de gouvernement a adopté 65 décrets. Certains ont trait à la réforme de l’administration, particulièrement après le rappel à l’ordre royal lors du discours du Trône. Sur l’emploi, le document cite le lancement progressif des concours pour le pourvoi de près de 23.000 postes budgétaires prévus dans le cadre de la loi de finances pour 2017, en plus du recrutement de 24.000 enseignants via des contrats  dans le domaine de l’éducation et de la formation. Comme le gouvernement compte donner le coup d’envoi au dialogue social.

 

 

 

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