Entreprises

Traduction assermentée: Les professionnels peinent à s’imposer

Par Jihad RIZK | Edition N°:5052 Le 23/06/2017 | Partager
Comment reconnaître les vrais des fausses copies
Les 287 praticiens n’ont pas tous une assurance

Traductions officielles, agréées... Les tours de passe-passe sont nombreux pour détourner la loi qui régit les traducteurs assermentés près des juridictions. Quitte à flirter avec le faux et usage de faux (voir page 8). «En principe, les vraies traductions portent le cachet de leur auteur. Les papiers à en-tête de couleur verte sont les mêmes pour toute la profession et identifiables par l’estampille de l’Association des traducteurs agréés près des juridictions (Ataj).

Chaque imprimé porte le code spécifique d’un traducteur assermenté», précise son président El Houssine Birouaine. L’identité, la qualité et la langue ou les langues de traduction de chaque praticien sont mentionnées sur ce modèle-type. Un paquet de 1.000 exemplaires coûte 1.200 DH.

La vente et la commande des papiers à en-tête sont opérées par l’association professionnelle selon les besoins de chacun de ses adhérents. Le volume des commandes annuelles ne nous a pas été communiqué sous prétexte de confidentialité. 

«Notre mission est reconnue par les instances judiciaires et consulaires parce qu’elle se base sur trois critères: qualité (statutaire), confiance et responsabilité juridique (civile et pénale)», insiste le président des traducteurs assermentés. Comme l’exige la loi, cette responsabilité civile professionnelle (perte ou détérioration de document par exemple) est couverte par une police d’assurance. Une convention a été signée en juin 2007 avec la Mamda et englobe également la couverture médicale.

La RC va graduellement de 50.000 à 100.000 DH puis de 150.000 à 200.000 DH. S’il le souhaite, un cabinet peut souscrire «à une assurance risque plus élevée». Selon nos investigations, les 287 praticiens n’ont pas tous une assurance contre les fautes professionnelles. 

Consulats, administrations, opérateurs privés peuvent prétendre au moins traiter avec une profession réglementée. Avec aussi, en cas d’incident, une autorité de tutelle (ministère de la Justice et parquet) et un interlocuteur officiel de la profession.
L’association des traducteurs assermentés déclare être consciente des problèmes posées par les intermédiaires et les traductions piratées: «Nous travaillons en coordination avec le ministère de la Justice et le parquet auxquels nous avons écrit à plusieurs reprises», assure son porte-parole.

Ataj est la seule habilitée à représenter et à défendre les intérêts de la profession. Elle siège dans la commission disciplinaire que préside le ministère de la Justice. Elle doit, surtout, veiller au respect de la loi régissant les traducteurs agréés par l’Etat et signaler les manquements aux autorités de tutelle. «Il y a eu des campagnes de contrôle épisodiques. Mais qui n’ont pas vraiment assaini le milieu», selon des sources du marché.

Repères

  • 287 traducteurs assermentés
  • 21% exercent à Casablanca et Rabat
  • 90% des praticiens ont des diplômes
  • 1991: Première promotion des traducteurs
  • 2001: Entrée en vigueur de la loi 50-00  
  • 2002: Création de l’association professionnelle (Ataj)
  • 2016: Concours d’accès (62 candidats retenus sur 350)

Sources: Ministère de la Justice - Ataj - Bulletin officiel

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc