Economie

Les banques réaniment le marché obligataire

Par Franck FAGNON | Edition N°:5047 Le 16/06/2017 | Partager
AWB, BCP et BMCE Bank of Africa viennent mobiliser 4,5 milliards de DH
Cela portera à 6,8 milliards de DH les levées depuis janvier
Les entreprises non financières toujours peu présentes
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Les banques stimulent l’activité sur le marché obligataire en cette fin de semestre. Les émetteurs non financiers sont toujours peu actifs sur ce compartiment

Les groupes bancaires viennent de rompre l’atonie qui règne sur le marché obligataire depuis le début de l’année. Attijariwafa bank (1,5 milliard), BCP (2 milliards) et BMCE Bank of Africa (1 milliard) viennent y mobiliser ensemble 4,5 milliards de DH. Les deux premières vont émettre des obligations subordonnées et BMCE Bank of Africa des obligations subordonnées perpétuelles. L’émission de cette dernière se caractérise par l’absence de maturité.

Cependant, la banque pourrait envisager un remboursement anticipé à partir de la 5e année. Ces levées de fonds vont essentiellement servir à renforcer les fonds propres réglementaires. Les obligations subordonnées sont acceptées en fonds propres de catégorie 2 alors que les titres perpétuels sont classés parmi les fonds propres additionnels de catégorie 1.

Le produit de ces opérations ira aussi financer les activités des groupes au Maroc et à l’étranger. Après avoir saturé les marchés francophones de l’UEMOA, la volonté aujourd’hui est de consolider les positions sur les marchés de présence. En ligne de mire, il y a aussi les marchés anglophones d’Afrique de l’Ouest (Ghana, Nigéria principalement) et les pays d’Afrique de l’Est.

Les groupes marocains ne cachent plus leur intérêt pour ces économies. BMCE Bank of Africa intervient déjà sur quelques marchés d’Afrique de l’Est. La baisse des prix des matières premières et les difficultés budgétaires d’un certain nombre d’Etats ont amené les banques à faire preuve davantage de prudence dans leur expansion. Néanmoins, ce sont des territoires prometteurs sous fond de rattrapage économique et de progression de la bancarisation. Au Maroc et encore plus sur les marchés subsahariens, l’un des challenges est de développer davantage la banque de détail, notamment le marché des TPME.

En dehors des institutions financières, les autres entreprises sont quasi absentes du marché obligataire. Seuls Immolog (350 millions de DH) et Ciment de l’Atlas (2 milliards de DH) sont intervenus sur la place en janvier. Pour le cimentier, il s’agit d’une opération de reprofilage d’un emprunt de 2012 et dont une partie arrive à échéance en juillet prochain.

L’effondrement des levées de fonds sur le marché obligataire s’explique en partie par l’absence des groupes immobiliers qui sont en pleine restructuration financière. Pour le reste, la morosité de la conjoncture et le manque de visibilité des opérateurs expliqueraient le faible recours à cette source de financement. Même si le marché obligataire n’est pas la source la plus pertinente pour juger de l’appétit des opérateurs puisque les émetteurs sur ce compartiment sont limités.

Du côté du financement bancaire, la situation n’est guère plus réjouissante. L’encours des crédits d’investissement aux entreprises non financières privées affichait une hausse annuelle de 0,7% à fin avril contre 3,8% à la même période en 2016.

 

 

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