Economie

Produits halieutiques: Le Maroc à la peine sur les marchés du Golfe

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5032 Le 26/05/2017 | Partager
Sa part stagne à 0,3% depuis dix ans
Que rapportent les participations aux salons agroalimentaires?
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Le marché des pays du Golfe offre d’importantes opportunités pour les produits halieutiques marocains. Mais faute d’offre exportable adaptée, la part du Maroc est restée négligeable sur les 15 dernières années

0,3%, c’est la part de marché que détient l’export de produits halieutiques sur le marché des pays du Golfe. Un marché estimé à 2 milliards de dollars en 2014. La Direction des études du ministère des Finances en dresse une tendance soutenue sur les 15 dernières années. «Les importations de ces pays se sont rapidement taillées une place non négligeable dans le commerce mondial des produits halieutiques», est-il constaté.

Avec à la clé, un taux de croissance annuel moyen de 15% entre 2009 et 2014. Cette dynamique est tirée en grande partie par la hausse des achats des Emirats arabes unis (EAU) et de l’Arabie saoudite. Deux pays qui présentent d’importantes opportunités pour le Maroc qui en est lié par des accords de libre-échange. A noter, également, que les Emirats, notamment Dubaï, constituent une plateforme de dispatching vers les autres pays de la région.

L’approvisionnement du marché du Conseil des pays du Golfe est diversifié. Il est desservi par  plus de 50 pays d’Asie, d’Europe et d’Amérique latine. Les principaux fournisseurs, sur la période 2010-2014, étaient  la Thaïlande qui arrive en  première position (14% de part de marché), suivie de l’Inde (13%) et du Vietnam (12%). Cependant, le Maroc, qui a exporté à travers le monde 13 milliards de DH sur la même période, n’a été que le 34e fournisseur.

Pourtant, le Maroc y déploie un effort non négligeable de promotion. En 2016, il avait participé pour la 5e fois au Salon Gulfood, l’un des évènements leaders du secteur de l’alimentation. Pourquoi les produits halieutiques marocains n’arrivent pas à développer leur part de marché? Pour les professionnels, c’est une affaire d’offre exportable adaptée. Ces marchés ont la préférence pour le poisson frais. De plus la concurrence s’appuie, pour l’essentiel, sur les produits issus de l’aquaculture plus compétitifs. Une offre qui fait également défaut au Maroc.

L’analyse de la structure des exportations marocaines des produits de la mer, toutes destinations confondues (en valeur) sur la période 2011-2015, révèle une prédominance des crustacées, mollusques et coquillages (41% de l’export) et de conserves de poissons (37%). Quant aux poissons frais, ils ne représentent  qu’une part moyenne de 14%. De même, la composition des différentes catégories de produits exportés montre que les ventes  marocaines de crustacées et mollusques sont constituées essentiellement de poulpe, calmar et seiche, qui totalisent  74% de cette catégorie.

Quant aux conserves de poissons, la sardine représente 63% des exportations de ces préparations. Le reste est constitué de maquereaux (22%) et d’anchois (11%). Sur la même période, les exportations de poissons frais ont enregistré un niveau moins important que les autres catégories (2,1 milliards de DH) et ont été composées en majorité de pélagiques et d’autres poissons plats et de fond.

En revanche, les importations des produits halieutiques des pays du CCG se caractérisent par la prédominance des poissons frais, réfrigérés ou congelés avec une part de 50%. La deuxième moitié a été répartie entre les préparations et conserves de poissons (24%) et les crustacées, mollusques et coquillages (24%).

Sur la période 2010-2014, les Emirats et l’Arabie saoudite ont été les deux principaux importateurs de poissons frais de la région (plus de 80% du total importé estimé à 789 millions de dollars) et se sont approvisionnés essentiellement auprès du Vietnam, Oman ainsi que du Yémen. Le Maroc, quant à lui, est resté absent sur ce marché. En ce qui concerne les conserves, l’Arabie saoudite s’en est érigée en premier importateur avec 195 millions de dollars suivie des Emirats (94 millions de dollars). Leurs achats ont été composés, majoritairement de conserves de thon. Ce qui explique la présence marginale du Maroc.

Cadre juridique

Le Maroc et les pays du Golfe, dont notamment les EAU et l’Arabie saoudite, entretiennent depuis toujours des relations économiques et diplomatiques soutenues. A noter que ces relations économiques ont connu un saut qualitatif au cours des dix dernières années faisant de Rabat  une destination attractive des investissements du Golfe touchant un ensemble de secteurs d’activité à l’instar de l’immobilier, du tourisme, de l’agriculture…
Les relations commerciales entre le Maroc et les pays du CCG sont régies par des conventions bilatérales et des accords commerciaux conclus avec les principaux partenaires de la région (Arabie saoudite depuis 1966, EAU en 2001 et Koweït en 2010) ainsi que par des accords multilatéraux (Ligue arabe: convention de facilitation et de développement des échanges commerciaux interarabes signée en 1981).

 

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